boucherie
nom, féminin, /buʃəʁi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
L'endroit où l'on tue les bestiaux ; lieu où l'on débite et où l'on vend la chair crue des bestiaux. Viande de boucherie, la grosse viande, bœuf, veau et mouton.
Vous avez [à Paris] des boucheries dans de petites rues sans issue, qui répandent en été une odeur cadavéreuse, capable d'empoisonner tout un quartier — Voltaire (1694-1778)
Quand au mouton bêlant la sombre boucherie Ouvre ses cavernes de mort — André Chénier (1762-1794)
Le corps des bouchers.
Toute la boucherie de la place aux Veaux fut sur le point de prendre les armes — Cardinal de Retz (1613-1679)
Fig. Tuerie, massacre. Ce ne fut pas un combat, ce fut une boucherie. Mener, envoyer des soldats à la boucherie, les exposer à une mort presque certaine. Il n'a pas plus de crédit qu'un chien à la boucherie, se dit de quelqu'un qui est sans crédit, qui ne peut rien.
La boucherie qu'on fit de plus de 600 citoyens — Voltaire (1694-1778)
Pendant que M. de Contades mène à la boucherie tous les descendants de nos anciens chevaliers et leur fait attaquer quatre-vingts pièces de canon, comme don Quichotte attaquait des moulins à vent — Voltaire (1694-1778)
Étymologie : Boucher 2 ; provenç. bocaria. Il serait possible que boucherie, au sens de prison, dans l'historique, vînt de boucher, verbe.
Historique : XIIIe s. Et qui est assené sur rentes de besanz, si come est fonde ou cheene ou loge ou boucherie XIVe s. Dessus la boucherie, là où sont li bouchier, Tous les jours qu'on vent char, i font aler Gautier Depuis fut transporté en une autre prison, appelée la boucherie [à Paris], qui est prison très orrible et où plusieurs se sont desesperez et occis Et mené non pas seulement en servage, mais en une chartre et en une boucherie [prison] XVe s. L'un estoit des plus grands navieurs, et l'autre estoit boucher, le plus grand de la boucherie et qui le plus y avoit de voix
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Endroit où l’on abat les bêtes dont la chair doit être vendue. Envoyer un boeuf à la boucherie. On dit plutôt aujourd’hui ABATTOIR.
Il désigne plus ordinairement le Commerce que font les bouchers. La boucherie a haussé ses prix. La boucherie est soumise à certains règlements.
Il signifie au figuré Tuerie, massacre, carnage. Ce ne fut pas un combat, ce fut une boucherie. Il se fit une grande boucherie dans ce combat. Ces malheureux ne pouvaient se défendre, on en fit une horrible boucherie. Mener, envoyer des soldats à la boucherie, Les exposer à une mort presque certaine.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- boucheries — pluriel — /buʃəʁi/
- boucherie — singulier — /buʃəʁi/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée boucherie#10341.