boucher
adjectif
Grammaire et formes (4)
- bouchères — pluriel féminin
- bouchers — pluriel masculin
- bouchère — singulier féminin
- boucher — singulier masculin
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée boucher#101669.
adjectif
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée boucher#101669.
nom, masculin, /buʃe/
Usage : d'usage courant (9.90 occurrences par million — Lexique 3.83).
Voir aussi : forme féminine bouchère
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)
s. m.
Celui qui tue les bestiaux, les débite, et en vend la chair crue. Garçon boucher, celui qui aide le boucher dans son travail. Fig. C'est un boucher, se dit d'un homme cruel, ou d'un chirurgien inhabile et maladroit, et encore d'un général prodigue de sang. C'est un rire de boucher, il ne passe pas le nœud de la gorge, se dit de quelqu'un qui témoigne à l'extérieur qu'il est content, quoiqu'en effet il ne le soit pas trop. Locution qui vient de ce que les bouchers tiennent leurs couteaux à leur bouche, ce qui leur fait montrer les dents et faire une contorsion de lèvres imitant le ris.
Étymologie : Provenç. bochier ; catal. botxi ; ital. beccaio, beccaro. Une analogie apparente semble d'abord indiquer bouche comme primitif de boucher ; mais l'italien beccaio s'y oppose. Remarquant que becco en italien signifie bouc, et que la forme française et la forme provençale peuvent être sans peine rattachées à bouc, on acceptera cette étymologie qui, indiquée avant Raynouard, a été établie par lui. Le boucher est proprement le tueur de boucs (la partie pour le tout). Ainsi, pour le mot boucherie, à côté de bocaria, le provençal avait brecaria, qui, venant de berbix, signifie proprement la tuerie d
Historique : XIIIe s. Et un cotel qui souef tranche Con ce fust cotel à bochier Li bochier d'Orliens prennent sor chascune beste six deniers, et metent en une boete, à defendre cels de lor borc contre autres genz Parce que noz veismes qu'il estoit tués d'un seul coup de mail ou de machue, noz preismes un boucier, li quix avoit soupé la nuit devant aveques li Quant les bouchiers et les autres homes de l'ost et les femmes qui vendoient les danrées oïrent ce, il leverent le cri en l'ost XIVe s. Olivier de Clisson par la bataille va ; Il tenoit un martel qu'à ses deux mains porta ; Tout ainsi qu'un bouchier, a…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
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verbe, /buʃe/
Usage : fréquent (19 occurrences par million — Lexique 3.83).
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (6 sens)
v. a.
Fermer une ouverture, un passage. Des chariots bouchaient le passage. Le conduit était bouché par une pierre. On boucha les fenêtres. Boucher les jours, les vues d'une maison, en murer les fenêtres. Boucher la vue, l'intercepter, l'empêcher. Ces arbres nous bouchent la vue.
Fermer avec un bouchon, avec un tampon. Boucher une fente. En bouchant le trou avec le pouce. Le procédé pour boucher les bouteilles de vin de Champagne. Le Nil bouche avec son limon les interstices de la terre. Se boucher le nez, se garantir contre une odeur forte ou délétère. Se boucher les yeux, les oreilles, ne vouloir point voir, entendre. Fig. et familièrement. Boucher un trou, payer une dette.
Et se bouchant l'oreille au récit de ses vers — Mathurin Régnier (1573-1613)
La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles Et nous laisse crier — Malherbe (1555-1628)
Terme de doreur. Boucher d'or moulu, réparer les ouvrages d'or qui ont quelque petit défaut après avoir été brunis.
Se boucher, v. réfl. Se fermer. La voie par où les eaux s'écoulaient s'est tout à fait bouchée.
Étymologie : Ménage tire ce mot de βύζειν, boucher, mais on n'a aucun intermédiaire qui justifie l'introduction directe de ce mot grec dans le langage vulgaire. Diez, se reportant à bouchon, dit que ce mot est l'équivalent du provençal bocon, et de l'italien boccone, qui signifient bouchée (ancien français boucon) ; de là boucher, avec le sens de ce qui remplit la bouche, et, en particulier, la bouche de la bouteille. C'est avec raison que Diez rapproche boucher de bouchon ; mais est-ce bien à bocon, boccone qu'il faut rapporter bouchon ? L'orthographe boscher, boucier, bouscher n'y conduit guère ; le sens
Historique : XIIIe s. Et puis reclost l'en la porte et la boucha l'en bien, aussi comme l'en naye [noie, jette à l'eau] un tonnel Assez près de Damiete trouvames un flum qui issoit de la grant riviere ; et fut acordé que l'ost sejourna un jour pour boucher ledit braz Dont je vis un Coremyn [Chorasmien] qui fu des gens l'empereour de Perse, qui nous gardoit en la prison, que, quant il ouvroit son sac, nous nous bouchions, que nous ne povions durer pour la puneisie [puanteur] qui issoit du sac XIVe s. Il saigna tant de sanc, bouchier ne pout sa plaie XVe s. Sa cheminée il [l'avare] boschoit, Craignant perdre…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
v. tr.
Fermer une ouverture ou ce qui présente une ouverture. Boucher un trou. Boucher un tonneau. Boucher une bouteille. Boucher une porte. Boucher une fenêtre. Se boucher le nez. Se boucher les oreilles. Se boucher les yeux. L’ouverture s’est tout à fait bouchée.
Boucher les vues d’une maison, Murer celles de ses fenêtres qui voient de trop près sur une propriété voisine, contrairement à la coutume, à la loi. On l’a obligé à boucher ses vues.
Boucher la vue d’un objet, Empêcher de l’apercevoir. Ce bâtiment, ce bois, ce mur bouche la vue du jardin.
Fig., Se boucher les yeux, Ne vouloir point voir; et Se boucher les oreilles, Ne vouloir point écouter.
Fig. et fam., Boucher un trou, Payer quelque dette et dédommager de quelque perte avec une somme d’argent.
Le participe passé s’emploie comme adjectif. Fig. et fam., Avoir l’esprit bouché, être bouché, Avoir peu d’intelligence, ne pouvoir comprendre les choses les plus simples. Il a aujourd’hui l’esprit si bouché qu’on ne peut rien lui faire comprendre. Il faut que ce garçon- là soit bien bouché pour n’avoir pas compris une chose si simple!
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée boucher#10340.
Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.