Littré (1873)
s. f.
Tout ce qui sert à séparer deux champs l'un de l'autre. Colonne qui marquait le bout de la carrière dans les cirques anciens. Borne milliaire, borne qui servait à indiquer, sur les chemins romains, chaque distance de mille pas. Par extension, sur nos routes, les bornes qui marquent les distances en kilomètres ou même en moins de mètres. Au plur. Tout ce qui sépare un État d'un autre. Fixer les bornes d'un empire.
Le grand législateur des Juifs maudit celui qui change les bornes de l'héritage de son prochain — Fénelon (1651-1715)
Près de la borne où chaque État commence, Aucun épi n'est pur de sang humain — Béranger (1780-1857)
Extrémité, fin de l'étendue, de la durée. Régions qui n'auraient pas de bornes. Les bornes de la vie. Le ciel qui est sans bornes. Une durée qui n'avait point de bornes.
Empire qui n'aura point d'autres bornes que celles du monde — Bossuet (1627-1704)
Quand la gloire t'appelle aux bornes de l'Asie.... — Voltaire (1694-1778)
Fig. Il donnait la satiété pour borne à ses désirs. Quelles doivent être les bornes de l'affection ? Les bornes que je me suis fixées à moi-même. Lorsque les passions ont passé toute borne. Douleur sans borne. La nature elle-même y mettra des bornes. Enfermer quelque chose dans des bornes étroites. Rester dans de justes bornes. Il a peine à ne point passer les bornes du devoir. Sortir des bornes, faire ce qu'il ne convient pas de faire.
Encore faut-il donner des bornes à cette lettre — Mme de Sévigné (1626-1696)
Jésus-Christ n'a pas donné d'autres bornes à sa durée — Bossuet (1627-1704)
Pierres plantées près des murs, à l'encoignure des édifices, à côté des portes, pour les préserver du choc des voitures ; ainsi nommées pour leur ressemblance avec les bornes des chemins, et appelées jadis boute-roue. Fig. Il est là planté comme une borne, il ne bouge non plus qu'une borne, il reste debout sans remuer. Borne-fontaine, petite fontaine en forme de borne.
Carreau de vitre en forme de losange.
Étymologie : Bourguig. boone ; Berry, bune, bone ; bas-lat. bódina, bódena, avec l'accent sur bo, comme l'indique l'ancien français bodne ; angl. bound. On trouve dans le celtique bun, fond, bas ; kymri, bon, base ; mais les anciennes formes bodina, bodne, ne permettent pas de recevoir cette étymologie ; et il faut recourir, comme Diez, au radical bod, qui subsiste dans le provençal boz-ola, borne, contracté en bola, boula ; bas-latin. bodula ; ce radical bod est, d'après Diez, le même que celui de boudin, bouder. La forme régulière est bodne, prononcé et écrit bone ou bonne ; bonde est le même avec le dép
Historique : XIIe s. La ù les bodnes furent mises XIIIe s. Et quant les bones [à la terre] i metoient, Mainte fois s'entrecombatoient, Et se tolurent ce qu'il porent ; Li plus fort les greignors pars orent Envie fet homme tuer, Et si fet bonnes remuer, Envie fet rooingner terre, Envie met ou siecle guerre XVIe s. Je y ay esté jusques on trou de Gilbathar, et remply les bondes de Hercules, et ay abattu des plus meures La borne, qui la veult garder, est un bien qui bride la puissance ; et qui ne la veult garder, est une preuve et tesmoignage qui argue l'injustice La nature a mis une borne aux richesses
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).