borné · borne

borné

adjectif, /bɔʁne/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens)

Littré (1873)

part. passé et adj.

  1. Qui a reçu des bornes. La France bornée au midi par les Pyrénées.

  2. Restreint, resserré, au propre et au figuré. Borné par le temps. Borné par mon sujet. Borné dans sa durée. Vue bornée par un bois. L'instruction très bornée des paysans.

    Appellerai-je homme d'esprit celui qui, borné ou renfermé dans quelque art ou même dans une certaine science.... — La Bruyère (1645-1696)

    Et nous vous ferons voir tous nos désirs bornés à vous donner en nous des sujets couronnés — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Peu considérable. La nature nous a donné des besoins bornés. Une fortune bornée.

  4. Petit, restreint, en parlant de l'intelligence, de la capacité. Intelligence bornée. Homme d'un esprit borné. Sans capacité, sans intelligence, en parlant des personnes. C'est un homme borné.

    Ses lumières sont fort petites et son esprit le plus borné du monde — Molière (1622-1673)

    Le cardinal Fleury, haïssant tout système parce que son esprit était heureusement borné — Voltaire (1694-1778)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • bornées — pluriel féminin — /bɔʁne/
  • bornés — pluriel masculin — /bɔʁne/
  • bornée — singulier féminin — /bɔʁne/
  • borné — singulier masculin — /bɔʁne/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée borné#10205.

borne

nom, féminin, /bɔʁnə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Tout ce qui sert à séparer deux champs l'un de l'autre. Colonne qui marquait le bout de la carrière dans les cirques anciens. Borne milliaire, borne qui servait à indiquer, sur les chemins romains, chaque distance de mille pas. Par extension, sur nos routes, les bornes qui marquent les distances en kilomètres ou même en moins de mètres. Au plur. Tout ce qui sépare un État d'un autre. Fixer les bornes d'un empire.

    Le grand législateur des Juifs maudit celui qui change les bornes de l'héritage de son prochain — Fénelon (1651-1715)

    Près de la borne où chaque État commence, Aucun épi n'est pur de sang humain — Béranger (1780-1857)

  2. Extrémité, fin de l'étendue, de la durée. Régions qui n'auraient pas de bornes. Les bornes de la vie. Le ciel qui est sans bornes. Une durée qui n'avait point de bornes.

    Empire qui n'aura point d'autres bornes que celles du monde — Bossuet (1627-1704)

    Quand la gloire t'appelle aux bornes de l'Asie.... — Voltaire (1694-1778)

  3. Fig. Il donnait la satiété pour borne à ses désirs. Quelles doivent être les bornes de l'affection ? Les bornes que je me suis fixées à moi-même. Lorsque les passions ont passé toute borne. Douleur sans borne. La nature elle-même y mettra des bornes. Enfermer quelque chose dans des bornes étroites. Rester dans de justes bornes. Il a peine à ne point passer les bornes du devoir. Sortir des bornes, faire ce qu'il ne convient pas de faire.

    Encore faut-il donner des bornes à cette lettre — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Jésus-Christ n'a pas donné d'autres bornes à sa durée — Bossuet (1627-1704)

  4. Pierres plantées près des murs, à l'encoignure des édifices, à côté des portes, pour les préserver du choc des voitures ; ainsi nommées pour leur ressemblance avec les bornes des chemins, et appelées jadis boute-roue. Fig. Il est là planté comme une borne, il ne bouge non plus qu'une borne, il reste debout sans remuer. Borne-fontaine, petite fontaine en forme de borne.

  5. Carreau de vitre en forme de losange.

Étymologie : Bourguig. boone ; Berry, bune, bone ; bas-lat. bódina, bódena, avec l'accent sur bo, comme l'indique l'ancien français bodne ; angl. bound. On trouve dans le celtique bun, fond, bas ; kymri, bon, base ; mais les anciennes formes bodina, bodne, ne permettent pas de recevoir cette étymologie ; et il faut recourir, comme Diez, au radical bod, qui subsiste dans le provençal boz-ola, borne, contracté en bola, boula ; bas-latin. bodula ; ce radical bod est, d'après Diez, le même que celui de boudin, bouder. La forme régulière est bodne, prononcé et écrit bone ou bonne ; bonde est le même avec le dép

Historique : XIIe s. La ù les bodnes furent mises XIIIe s. Et quant les bones [à la terre] i metoient, Mainte fois s'entrecombatoient, Et se tolurent ce qu'il porent ; Li plus fort les greignors pars orent Envie fet homme tuer, Et si fet bonnes remuer, Envie fet rooingner terre, Envie met ou siecle guerre XVIe s. Je y ay esté jusques on trou de Gilbathar, et remply les bondes de Hercules, et ay abattu des plus meures La borne, qui la veult garder, est un bien qui bride la puissance ; et qui ne la veult garder, est une preuve et tesmoignage qui argue l'injustice La nature a mis une borne aux richesses

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Pierre, arbre ou autre marque qui sert à séparer un champ d’avec un autre. Planter une borne. Asseoir des bornes. Arracher des bornes.

  2. Par extension, il désigne les Pierres qui marquent les distances sur les routes. Nous atteindrons bientôt la dernière borne. On dit surtout dans ce sens Bornes kilométriques.

  3. Il se dit aussi de l’Espèce de colonne qui marquait l’extrémité de la carrière dans les cirques des anciens. Tourner autour de la borne. Doubler la borne.

  4. Il se dit encore des Pierres plantées debout qu’on met à côté des portes, le long des murailles, ou à l’encoignure des édifices, pour empêcher qu’ils ne soient endommagés par les voitures ou dont on borde un chemin, une place publique, un port, etc. Mettre une borne contre un mur. Mettre des bornes à une porte. Cette place publique est entourée de bornes. Monter sur une borne. Des bornes de granit. Une rangée de bornes liées par des barres de fer, par des chaînes. On se sert quelquefois de vieux canons en guise de bornes.

  5. Borne-fontaine, Sorte de petite fontaine en forme de borne disposée sur la voie publique.

  6. Fam., Il est planté là comme une borne, se dit d’un Homme qui se tient debout et sans remuer.

  7. Au pluriel, il se dit de Tout ce qui sert à séparer un état, une province d’une autre. Reculer les bornes d’un état. étendre les bornes de son Empire.

  8. Il se dit figurément pour Limites, au sens moral. Passer les bornes de la raison, de la modestie. Aller, passer au delà des bornes de la bienséance. Demeurer, se tenir, se renfermer dans les bornes les plus étroites du devoir. Franchir les bornes du respect. Se prescrire des bornes. Son ambition n’a point de bornes, est sans bornes, ne connaît point de bornes. Les bornes de l’esprit humain.

  9. Absolument, Passer les bornes, Aller trop loin, dépasser toute mesure. Cela passe toutes les bornes.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • bornes — pluriel — /bɔʁnə/
  • borne — singulier — /bɔʁnə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée borne#10202.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.