bonté
nom, féminin, /bɔ̃te/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Qualité de ce qui est bon. Bonté des terres. Bonté d'un pays. Bonté d'une marchandise. Bonté d'un vin. Bonté de l'air. Bonté d'un fruit.
Justice. Bonté d'une cause. Comptant sur la bonté de sa cause.
Douceur, indulgence, bienveillance. La bonté de Dieu. Plein de bonté. Homme d'une extrême bonté. Il a tant de bonté que.... Votre bonté pour moi. Traiter quelqu'un avec bonté. Je ne pouvais être reçu avec plus de bonté. Par la bonté du ciel. Bonté divine ! Bonté du ciel ! Bonté de Dieu ! sorte d'exclamation qui exprime la surprise.
Vous, Seigneur, dont la bonté infinie n'a rien donné aux hommes de plus efficace pour effacer leurs péchés que la grâce de les reconnaître — Bossuet (1627-1704)
Nous demandons, de grâce, encore un moment ; le roi a de la bonté ; et il sait bien que la chose a été précipitée — Molière (1622-1673)
Au plur. Actes de bienveillance.
Que la reine a pour moi des bontés que j'admire ! — Pierre Corneille (1606-1684)
Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés ? — Jean Racine (1639-1699)
La bonté, des bontés, termes de politesse. Je suis confus de vos bontés. Ayez la bonté de m'apprendre ce dont il s'agit. Ironiquement. Quand je parle, ayez la bonté de vous taire. Ayez la bonté de sortir d'ici.
Nous allons le remercier des extrêmes bontés qu'il nous fait paraître — Molière (1622-1673)
Si vous aviez la bonté de me dire la même chose, vous m'obligeriez — Pascal (1623-1662)
En parlant d'une femme. Elle a de la bonté, des bontés pour lui, elle témoigne qu'elle a pour lui un sentiment tendre.
Elle a quelque bonté pour moi — Molière (1622-1673)
Après tant de bontés dont il perd la mémoire — Jean Racine (1639-1699)
Trop grande facilité. Tu as trop de bonté pour lui. C'est pousser la bonté trop loin.
Dans la phrénologie, d'après Gall, sentiment naturel de l'homme et des animaux auquel on attribue un organe placé au milieu de la partie supérieure du cerveau.
Étymologie : Provenç. bontat ; espagn. bondad ; portug. bondade ; ital. bontà ; de bonitatem, de bonus (voy. BON).
Historique : XIe s. Que plus n'i a d'honneur et de bontet XIIe s. Espeire el Seignur, e fai buntet [Il] Reclama Deu et les soies bontez Et je ne's [ne les] eslis mie pour le leur nuisement ; Pour leur bonté [valeur] [je] le di ; ne nul mal n'i entent XIIIe s. Avec beauté vous est bonté donnée ; Si [je] me doi moult louer et cher tenir, Quand j'ai beauté et bonté enamée Si qu'à Dieu et au siecle la bonté de vous pere [paraisse] Car nus n'est de si haut lignage, Ne nus ne trueve l'en si sage, Ne qui tant ait autres bontés [qualités] Qui par amors ne soit dontés Car bonté faite par priere Est trop malement ch…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Qualité de ce qui est bon, ce qui fait qu’une chose est bonne dans son genre. La bonté d’un terroir. La bonté de l’air. La bonté d’un aliment, d’une boisson. La bonté d’une étoffe. La bonté d’une action.
Il se dit aussi de cette Qualité morale qui porte à être doux, facile, indulgent, à faire du bien. Le propre de la bonté est de se faire aimer. Bonté naturelle. Bonté rare. La bonté du coeur. Sa bonté est connue de tout le monde. Abuser de la bonté de quelqu’un. Il a eu la bonté de l’assister dans le besoin. C’est un homme plein de bonté. La bonté de son caractère. Il a un grand fonds de bonté. Des actes de bonté.
Il se dit en parlant de Dieu. La bonté est un des attributs divins. La bonté infinie de Dieu. La bonté divine. Dieu est la souveraine bonté, la suprême bonté. Familièrement et par exclamation, Bonté de Dieu! Bonté divine!
Il sert quelquefois à exprimer Ce qui n’est que de simple bienveillance, ou même de pure politesse. La bonté que vous avez eue de m’écrire. Vous avez trop de bonté. Vous avez bien de la bonté. Je lui suis extrêmement obligé de sa bonté, de ses bontés, de toutes ses bontés, des bontés qu’il me témoigne. Je suis confus de vos bontés. Ironiquement, Ayez la bonté de sortir d’ici. Quand je parle, ayez la bonté de vous taire.
Il se prend aussi pour Simplicité et trop grande facilité. La bonté du père a causé la perte du fils. Il se laisse tous les jours tromper par sa bonté, par son trop de bonté. Sa bonté l’a ruiné, l’a perdu. Il a une sotte bonté. Hé quoi! vous avez eu la bonté de le croire!
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- bontés — pluriel — /bɔ̃te/
- bonté — singulier — /bɔ̃te/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bonté#10139.