Aller au contenu

blanc

blanc

adjectif · /blɑ̃/

Usage : très fréquent (275 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui est de la couleur la plus claire qui existe, celle de la neige ou du lait.

    Elle portait une robe blanche.

    « Ah ! grâce aux passions que mon cœur se retranche, Puisse toute ma vie être une page blanche ! »Lamartine (1790-1869)

    « .... Quand, selon ta prière, Elle aurait obtenu D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière »Malherbe (1555-1628)

  2. Se dit d'une chose d'une teinte plus claire que la moyenne des choses de même catégorie, sans atteindre la blancheur pure.

    Le boucher conseille la viande blanche pour ce plat.

    « Dans ce beau bois.... nous avons des nuits blanches comme à Sceaux »Voltaire (1694-1778)

  3. Qui ne porte aucune inscription, aucune marque écrite ou imprimée.

    Elle a rendu une copie blanche à l'examen.

    Synonyme : vierge.

    « Aussi blanche est la page où je notai mes jours ; Qu'aurais-je-écrit ?.... »Lamartine (1790-1869)

  4. Se dit d'une action restée sans effet réel ou accomplie à titre d'essai.

    Les élèves ont passé un examen blanc avant le baccalauréat.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : angoisse de la page blanche · année blanche · blanc comme neige · bonnet blanc et blanc bonnet · carte blanche · col blanc · cousu de fil blanc · donner carte blanche · éléphant blanc · être connu comme le loup blanc · faire chou blanc · fumée blanche · hisser le drapeau blanc · les blouses blanches · mariage blanc · marquer d'une pierre blanche · montrer patte blanche · nuit blanche · page blanche · passer une nuit blanche · rendre copie blanche

Grammaire et formes (4)
  • blanches : pluriel féminin · /blɑ̃ʃə/
  • blancs : pluriel masculin · /blɑ̃/
  • blanche : singulier féminin · /blɑ̃ʃə/
  • blanc : singulier masculin · /blɑ̃/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 1 · 12 sens

adj.

  1. Qui est de la couleur du lait, de la neige, des pétales de la marguerite. Blanc comme la neige. Cheveux blancs. Dents blanches. Barbe blanche. Vêtement blanc. Robe blanche. Gelée blanche. Eau blanche, eau dans laquelle on a mis du son pour faire boire les chevaux. Terme de pharmacie. Eau blanche, eau dans laquelle on a mis de l'acétate de plomb ou extrait de Saturne.

    Suivre de loin de blanches voiles, Voir au ciel briller les étoiles Et sous l'herbe les vers luisantsVictor Hugo (1802-1885)

    .... Quand, selon ta prière, Elle aurait obtenu D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrièreMalherbe (1555-1628)

  2. Par analogie, il se dit de toutes choses dont la couleur se rapproche du blanc. Du vin blanc. Pain blanc. De la bière blanche. Un teint blanc. Viande blanche, le veau, la volaille, le lapin, par opposition à la viande noire ou gibier. Sauce blanche, sauce faite avec de la farine et du beurre qu'on n'a pas fait roussir.

  3. Propre, net. Mains blanches. Chemise blanche. Fig. Mettre quelqu'un en beaux draps blancs, le mettre dans l'embarras : dit par ironie ; car mettre dans des draps blancs, c'est bien mettre. En termes de marine, cordage blanc, cordage qui n'a pas été goudronné. Fer-blanc, tôle recouverte d'étain. Argent blanc, monnaie blanche, toute sorte de monnaie d'argent. Arme blanche, toute arme offensive autre que les armes à feu.

  4. Qui n'est pas assez noir, assez foncé. L'encre devient blanche.

  5. Sur quoi l'on n'a pas écrit. Papier blanc. Fig. Fig. Donner carte blanche à quelqu'un, lui laisser toute liberté. Carte blanche, papier non écrit où l'on met ce que l'on veut. Terme de jeu. Cartes blanches, cartes parmi lesquelles il n'y a pas de figures. J'avais cartes blanches. Armes blanches. C'étaient jadis les armes d'un jeune chevalier dont l'écu n'était chargé d'aucune armoirie. Blanc seing, voy. BLANC-SEING. Blanc signé, voy. BLANCSIGNÉ.

    Aussi blanche est la page où je notai mes jours ; Qu'aurais-je-écrit ?....Lamartine (1790-1869)

    Ah ! grâce aux passions que mon cœur se retranche, Puisse toute ma vie être une page blanche !Lamartine (1790-1869)

  6. Vers blancs, vers qui ne riment pas. Poëme en vers blancs. Les vers blancs sont inusités dans la poésie française.

  7. Au jeu de quilles, faire chou blanc, ne rien abattre ; et, au figuré, ne pas réussir.

  8. Nuit blanche, nuit passée sans sommeil. J'ai passé trois nuits blanches. Peut-être cette locution provient-elle du jeu où l'on fait chou blanc, où l'on amène blanc : nuit blanche, nuit où l'on n'a pas réussi à gagner du sommeil.

    Dans ce beau bois.... nous avons des nuits blanches comme à SceauxVoltaire (1694-1778)

  9. Fig. Innocent. Sortir d'une affaire blanc comme neige, s'en tirer d'une manière tout à fait honorable. Très familièrement. Il n'est pas blanc, il sera puni, blâmé. Fig. Se faire blanc de son épée, proprement, se justifier par son épée, comme on faisait dans les combats judiciaires, et, par suite, se prévaloir d'un crédit, d'un pouvoir qu'on n'a pas.

    Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noirLa Fontaine (1621-1695)

    Mais n'est hérétique qui ne veut ; il n'y a qu'à partager le différend et donner une distinction ; quelle qu'elle soit, intelligible ou non, elle rendra un homme blanc comme de la neigeMontesquieu (1689-1755)

  10. Terme d'eaux et forêts. Coupe à blanc être, coupe de bois où l'on ne réserve ni taillis ni baliveaux. On dit dans le même sens : coupe à blanc estoc, et coupe blanche.

  11. Substantivement, un blanc, une blanche, homme, femme appartenant à la race blanche. Un blanc et un nègre ; une blanche et une négresse.

    Il y a sept lunes que les blancs de la Virginie se sont emparés de nos terresChateaubriand (1768-1848)

  12. Terme des troubles révolutionnaires de France. Un blanc, un homme du parti du drapeau blanc, de l'ancienne monarchie, de la dynastie des Bourbons. Dans l'antiquité, faction des blancs, une des deux factions secondaires du cirque à Rome et à Constantinople. Dans le moyen âge, les Gibelins de Florence.

Historique : et ÉTYM. Voy. le suivant.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 60 sens

adj.

  1. Qui est de la couleur du lait, de la neige, etc. Marbre blanc. Satin blanc. Plume blanche. Papier blanc. Couleur blanche. Ruban blanc. écharpe blanche. Cheveux blancs. Barbe blanche.

  2. Il se dit aussi de Plusieurs choses qui ne sont pas tout à fait blanches, pour les distinguer de celles de même espèce qui ne le sont pas tant, ou qui sont d’une autre couleur. Vin blanc. Poivre blanc. Sel blanc. Verre blanc. Bière blanche. Raisin blanc. Figues blanches. Mûrier blanc. Bois blanc. Métal blanc. Poisson blanc. Chair blanche. Avoir le teint blanc, la gorge blanche, les mains blanches, la peau blanche. La race blanche.

  3. Drapeau blanc, Drapeau qu’un des partis belligérants arbore lorsqu’il demande à capituler. Il se disait aussi de l’Ancien drapeau national de la France.

  4. Gelée blanche, Gelée qui, le matin, se forme de la rosée ou du brouillard congelé.

  5. Eau blanche, Eau dans laquelle on a jeté du son pour la faire boire aux chevaux. Il se dit, en termes de Médecine, d’une Liqueur formée d’un mélange d’eau et d’extrait de Saturne. Faire des lotions avec de l’eau blanche.

  6. Ver blanc, Larve du hanneton. Terme populaire.

  7. Papier blanc se dit d’un Papier sur lequel il n’y a rien d’écrit ou d’imprimé. Un feuillet de papier blanc. On dit de même Une page blanche. Un cahier blanc.

  8. Livre blanc, Livre dont tous les feuillets sont blancs.

  9. Bal blanc, Bal où ne sont invitées que des jeunes filles.

  10. Armes blanches, Armes offensives, comme épées, sabres, baïonnettes, etc., par opposition aux armes à feu. Se battre à l’arme blanche. Combat à l’arme blanche. On appelait autrefois aussi Armes blanches des Armes défensives qui n’étaient ni gravées, ni dorées, ni bronzées.

  11. Voix blanche, Voix claire mais qui manque de timbre.

  12. Sur Argent blanc, Bâton blanc, Bulletin blanc, Houille blanche, Magie blanche, Nuit blanche, Sauce blanche, Viande blanche. Voyez

  13. ARGENT , BÂTON , BULLETIN , etc.

  14. BLANC, en termes de Jeu, désigne un Coup qui ne produit rien. Ainsi, Amener blanc, à certains jeux de Dés, se dit lorsque tous les dés présentent la face qui n’est marquée d’aucun point.

  15. Coup blanc se dit quelquefois pour Coup nul. On dit dans le même sens Chou blanc. Faire chou blanc, au jeu de Quilles, Ne rien abattre; figurément, et dans un sens général, Manquer son but, ne pas réussir.

  16. On dit de même Mariage blanc, Mariage qui n’a pas été consommé. Opération blanche, Opération qui n’a pas donné de résultat.

  17. Fig., Vers blancs, en termes de Versification, Vers non rimés. " Le Paradis perdu " de Milton est en vers blancs.

  18. En termes d’Administration forestière, Couper une forêt, faire une coupe à blanc estoc ou à blanc être, ou simplement à blanc, En couper tout le bois, sans y laisser de baliveaux. On dit dans le même sens Coupe blanche. On dit aussi Couper un arbre à blanc estoc, Le couper au pied sur la souche.

  19. Prov. et fig., Se faire tout blanc de son épée, se faire blanc de son épée, Locution empruntée aux duels judiciaires du moyen âge et qui signifiait Répondre à une accusation, se justifier d’une accusation par l’épée, par la force. Elle signifie, par extension, Se prévaloir de sa force, se vanter de faire quelque chose en se supposant un pouvoir ou un crédit qu’on n’a pas. On dit dans ce sens Faire blanc de son épée.

  20. Prov., Rouge soir et blanc matin, ou Rouge au soir et blanc au matin, c’est la journée du pèlerin, Quand le ciel est rouge le soir et blanc le matin, c’est ordinairement un indice qu’il fera beau temps.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée blanc#9689.

blanc

nom, masculin · /blɑ̃/

Usage : fréquent (60 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Couleur perçue comme la plus claire, résultant de la réflexion de la lumière sans absorption sélective des longueurs d'onde : un blanc éclatant.

    Le blanc de la neige éblouissait les skieurs.

    « Voilà l'homme en effet, il va du blanc au noir »Boileau (1636-1711)

    « Point d'autre rouge sur son visage que celui que causait la pudeur, ni de blanc que celui que donne l'abstinence »Bossuet (1627-1704)

  2. Partie translucide de l'œuf qui entoure le jaune : séparer le blanc du jaune.

    Elle monte les blancs en neige avec un fouet.

    « Si Sa Majesté avait la bonté de nous laisser manger le blanc des yeux »Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Linge de maison, par opposition aux autres textiles d'un foyer : le rayon du blanc dans un grand magasin.

    Les soldes de blanc commencent dès le mois de janvier.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Voir aussi : forme féminine blanche

Expressions : chauffer à blanc · de but en blanc · noir sur blanc · saigner à blanc · signer un chèque en blanc · tirer à blanc

Grammaire et formes (2)
  • blancs : pluriel · /blɑ̃/
  • blanc : singulier · /blɑ̃/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 16 sens

s. m.

  1. La couleur blanche. Distinguer le blanc du noir. Tirer sur le blanc, être blanchâtre. Ce papier est d'un beau blanc. Blanc sale, blanc dont l'éclat est terne. Saigner quelqu'un jusqu'au blanc, le saigner jusqu'à ce que le sang devienne moins rouge ; et, figurément, lui enlever ses dernières ressources. On dit quelquefois, dans le parler négligé, saigner à blanc. Mettre à blanc, dévaliser, ruiner. Fig. et familièrement. Aller, passer du blanc au noir, passer d'une opinion à l'opinion contraire, d'une extrémité à l'autre. Si vous lui dites blanc, il répond noir ; il se plaît à contredire. Voir tout en blanc, voir les choses sous un aspect favorable. Mettre du noir sur du blanc, écrire, faire des livres, avec un sens de raillerie. Le voilà fier depuis qu'il met du blanc sur du noir.

    Sache que dernièrement allant à la picorée, je me ruai dans la case d'un pauvre manant et non content de l'avoir mis à blanc....

    Voilà l'homme en effet, il va du blanc au noirBoileau (1636-1711)

  2. Substance qui sert à peindre. Blanc de céruse, blanc de plomb, nom vulgaire du carbonate de plomb. Blanc de fard ou, simplement, blanc, sorte de fard qui teint la peau en blanc. Blanc de fard est l'ancien nom du sous-azotate de bismuth. Blanc de chaux, eau dans laquelle on a délayé de la chaux, et avec laquelle on blanchit les murailles. Craie. Faire une croix à une porte avec du blanc. Fig. Marquer de blanc une journée, la compter parmi les jours heureux ; locution tirée de l'habitude des Romains de marquer les jours heureux avec de la craie. Au billard, morceau de craie avec lequel on frotte le bout de la queue pour rendre les coups plus sûrs. Mettez du blanc à votre queue. Passez-moi le blanc. À blanc, locut. adv. De manière à devenir blanc. Chauffer à blanc, chauffer jusqu'à ce que la chaleur soit assez forte pour faire passer le métal du rouge au blanc. Il a gelé à blanc, il y a eu une gelée blanche. Poudré à blanc, poudré de façon que la couleur des cheveux ne se voie plus. Mets au blanc, mets accommodé à la sauce blanche.

    Mais elle met du blanc, et veut paraître belleMolière (1622-1673)

    Point d'autre rouge sur son visage que celui que causait la pudeur, ni de blanc que celui que donne l'abstinenceBossuet (1627-1704)

  3. Vêtements blancs. Vouer un enfant au blanc, faire vœu, en l'honneur de la Vierge, de le vêtir de blanc jusqu'à un certain âge.

    Ils étaient tous vêtus de blancFénelon (1651-1715)

  4. Le blanc de l'œil, le blanc des yeux, la partie blanche de l'œil qui est formée par la portion de la sclérotique revêtue de la conjonctive. Regarder quelqu'un dans le blanc des yeux, le regarder fixement. Fig. Ils se sont mangé le blanc des yeux, ils se sont violemment querellés. Celui qui n'a pas de blanc dans l'œil, le diable, qui, suivant la croyance populaire, avait l'œil tout noir.

    Le duc de Chevreuse rougit jusqu'au blanc des yeux, il s'embarrassa, il balbutiaSaint-Simon (1675-1755)

    Si Sa Majesté avait la bonté de nous laisser manger le blanc des yeuxMme de Sévigné (1626-1696)

  5. Un blanc d'œuf, la partie glaireuse, albumineuse de l'œuf.

  6. Un blanc de poulet, la chair qui tient à l'estomac, dit ici pour poitrine.

  7. Terme d'imprimerie. Toute distance plus grande que l'interlignage ordinaire. Espace libre laissé dans une pièce d'écriture. Écrire dans les blancs. En blanc, état d'un papier où les choses essentielles ne sont pas encore écrites. Procuration, billet en blanc, procuration, billet où on laisse du blanc pour écrire le nom du mandataire, du créancier. Endossement en blanc, endossement où l'on met une simple signature avec l'espace nécessaire pour écrire l'ordre ou le reçu.

    La patente de premier ministre que le roi [Louis XIII] écrivit de sa main, laissant en blanc les appointements de la placeVoltaire (1694-1778)

    Je laissais aux endroits qu'ils [les bibliothécaires] n'avaient pu lire des espaces en blancPaul-Louis Courier (1772-1825)

  8. Terme de jeu. Coup nul. Amener blanc.

  9. Espace blanc dans une cible, but. Ceux qui tirent au blanc. Fig. Terme d'artillerie. Tirer de but en blanc, tirer à la distance où, la pièce étant horizontale, le boulet, qui s'élève d'abord, vient couper la ligne horizontale qui va de la pièce au blanc. Fig. De but en blanc, inconsidérément, brusquement.

    M. le Dauphin tirait au blancMme de Sévigné (1626-1696)

    Comme s'il eût tiré au blancMme de Sévigné (1626-1696)

  10. Anciennement, petite monnaie de cinq deniers. Six blancs valaient deux sous six deniers. Les grands blancs sous Louis XI et Charles VIII valaient treize deniers. Mettre quelqu'un au blanc, le ruiner, lui gagner tout son argent.

    Faire des tours de toute sorte, Passer en des cerceaux : et le tout pour six blancsLa Fontaine (1621-1695)

  11. Diverses acceptions d'arts et de métiers. Blanc de baleine, substance solide, blanche, onctueuse, qui ne provient pas de la baleine, ce que le nom semble indiquer, mais qu'on trouve dans diverses espèces de cachalots, notamment le physeter macrocephalus, d'où on la retire par expression. Blanc, l'argent que le batteur d'or mêle comme alliage à l'or ; le plâtre que l'on applique sur les pièces à dorer ; la terre dont le salpêtre a été extrait ; le dépôt au fond des tonneaux chez les amidonniers. Blanc d'albâtre, chaux réduite en poudre qu'on emploie dans la peinture en détrempe. Blanc d'argent, nom, dans le commerce, du plus beau blanc de plomb (sous-carbonate de plomb). Blanc de craie, craie délayée dans de l'eau gommeuse. Blanc en bourre, enduit composé d'argile, de chaux, de bourre. Blanc d'Espagne, blanc de Meudon, sous-carbonate de chaux pulvérisé, réduit en pâte au moyen de l'eau, et moulé sous forme de pains ovoïdes ou cylindriques. Blanc de zinc, oxyde de zinc.

  12. Blanc de champignon, nom que les jardiniers donnent à une matière blanche, d'aspect de moisissure délicate, qui se développe lorsqu'on abandonne plusieurs mois à l'air des tas de feuilles mortes, du fumier à demi putréfié et peu humide. Ces débris, ainsi préparés et mis en couches, procurent le développement de diverses espèces de champignons, de l'agaric comestible entre autres. Blanc, nom donné par les cultivateurs à deux sortes de maladies des végétaux : le blanc sec et le blanc mielleux, l'un et l'autre formés par la réunion de plantes parasites de la famille des champignons.

    Melons qui ont le blancLA QUINTINYE

  13. Terme de botanique. Blanc d'eau, nénuphar blanc. Blanc de Hollande, variété de peuplier blanc.

  14. Terme de pêche. Le blanc, hareng salé et prêt à être mis en caque. Blanc, non donné à de petits poissons que les pêcheurs emploient comme appâts.

  15. Terme de manége. Ce cheval boit dans le blanc, boit dans son blanc, ou, adverbialement, boit blanc ; il a le tour de la bouche blanc et le reste d'une autre couleur.

  16. Voir en blanc, se dit, en langage vulgaire, des femmes qui sont affectées de leucorrhée.

Étymologie : Provenç. blanc ; espagn. blanco ; portug. branco ; ital. bianco ; de l'anc. haut-allem. blanch, blanc. Pour l'explication de but en blanc voy. BUT.

Historique : XIe s. Diz blanches mules fist amener Marsile De Charlemagne qui ert chenuz et blancs Que tout [il] lui tranche le vermeil et le blanc [de son écu] XIIe s. Ses confenons fu blans à or listez Les chefs floris, mainte barbe i out blance Ses blanches mains, ses doigts lons et tretis Le nez moult très bien fait, les denz menuz et blanz Dous freres blancs [deux moines blancs] mena avec sei li buens ber Custume est anciene, si l'ai oï cunter, Que tuit li blanc abé de çà et de là mer, Chascun tierz an se solent à Cistaus asembler XIIIe s. Tant ert [elle était] blanche et vermeille qu'on s'i peüst mir…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée blanc#9688.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.