bienséance

bienséance

nom, féminin, /bjɛ̃sɛɑ̃sə/ ou /bjɛ̃seɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Ce qui sied bien.

    On peut rire des erreurs sans blesser la bienséance — Pascal (1623-1662)

    Nous sommes prêts d'offenser la bienséance — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Terme de littérature. Ce qui convient. Les bienséances oratoires.

    .... La scène demande une exacte raison ; L'étroite bienséance y veut être gardée — Boileau (1636-1711)

    Il semble que la bienséance y soit un peu forcée — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Être à la bienséance de quelqu'un, en parlant de choses, lui convenir. Par droit de bienséance, sans avoir d'autre droit que celui de sa propre convenance.

    Prends donc en récompense Tout ce qui peut chez nous être à ta bienséance — La Fontaine (1621-1695)

    Ce beau morceau qui était si fort à votre bienséance — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Bienséant.

Historique : XVIe s. La grace et bienseance des vestements Je veulx que la bienseance exterieure, et l'entregent, et la disposition de la personne, se façonne quand et quand l'ame Henri VIII sur cette bien-seance [conjoncture favorable] traita amitie avec lui [Charles Quint] Le conseil debattit longtemps si le roi devoit garder la bienseance à Meaux ou se sauver dans Paris

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Convenance de ce qui se dit ou se fait avec ce qui est dû aux personnes, à l’âge, au sexe, à la condition, et avec les usages reçus, les moeurs publiques, le temps, le lieu, etc. Cela choque la bienséance, blesse les bienséances. Il sait ce que demande, ce que prescrit, ce que veut la bienséance, ce que veulent les bienséances. Cela est contre la bienséance. Il l’a fait par bienséance. Connaître les bienséances. Observer les bienséances. Les règles, les lois de la bienséance. Se mettre au-dessus des bienséances.

  2. être à la bienséance de quelqu’un, se disait de Ce qu’il conviendrait à quelqu’un d’avoir. Cet emploi, ce poste est à votre bienséance. Cette terre est à votre bienséance, à cause du voisinage. On dit plutôt aujourd’hui être à la convenance de...

  3. Fam., Par droit de bienséance, Sans avoir aucun autre droit que celui de sa propre convenance, de sa propre commodité.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • bienséances — pluriel — /bjɛ̃seɑ̃sə/ ou /bjɛ̃sɛɑ̃sə/
  • bienséance — singulier — /bjɛ̃seɑ̃sə/ ou /bjɛ̃sɛɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bienséance#9280.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.