bien
adjectif
Grammaire et formes (1)
- bien — forme de base
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bien#124220.
adjectif
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bien#124220.
adverbe, /bjɛ̃/
Frise des témoins : Littré 1873 (16 sens)
adv.
De la bonne manière. Très bien, bien, à merveille ! Très bien, pour encourager. Voyageur bien vêtu. Il a bien employé son temps. Vous ferez bien de venir. En cela, je crois avoir bien vu. Vivre bien. Cet habit lui va bien. Champ bien cultivé. Bien écrire. Statue fort bien faite. Homme bien né. Cet acteur dit fort bien. Il ne discerne pas bien la vérité. Bien agir avec quelqu'un. Se bien conduire. Une chose bien ou mal faite. C'est bien fait, c'est-à-dire il a eu ce qu'il méritait. On l'a puni, c'est bien fait. Aller bien, se bien porter. Le malade ne va pas bien. Aller bien, prospérer, réussir. Le commencement va bien pour vous. Les affaires vont fort bien. Tout va-t-il bien ? Tourner bien, réussir. Suivant que cela tourne bien ou mal. Venir bien, en parlant des plantes, croître et se développer. La vigne viendra bien à cette exposition.
Surtout il est instruit en l'art de bien régner — Pierre Corneille (1606-1684)
S'il est si bien instruit en l'art de commander — Pierre Corneille (1606-1684)
Beaucoup, fort, très , entièrement, tout à fait. Une lettre bien longue. Encore bien jeune. Cela est bien désirable pour nous. Chemin bien meilleur. Je suis bien malheureux. Il a parlé bien sévèrement. Ceux qui m'aiment bien. Connaître bien quelqu'un. Ce qu'il veut, il le veut bien. J'ai bien peur que.... Ils payeraient bien pour obtenir cela. Bien vendre, vendre à prix élevé. C'est bien lui, c'est lui en effet, véritablement. Vous voilà bien, le voilà bien, on vous reconnaît, on le reconnaît à cela. Il a donné son argent à ce pauvre ; le voilà bien ; c'est un si bon cœur. Il a cru ce que lui disait un charlatan ; le voilà bien ; il est si crédule.
Parmi les choses que j'ai à vous dire, vous saurez bien démêler ce qui vous est propre — Bossuet (1627-1704)
Rappelez bien plutôt ce cœur qui tant de fois M'a fait de mon devoir reconnaître la voix — Jean Racine (1639-1699)
Environ, à peu près. On marcha bien quinze jours. Ces places étaient bien au nombre de trente. Étant bien âgé de vingt ans.
À la vérité, en effet, formule de concession ; quelquefois dans un sens ironique, et quelquefois rédondant. Ce sont bien là de bons philosophes, mais.... J'avais bien entendu dire.... J'ai bien dit que.... Je voudrais bien être clément, mais.... Je voudrais bien que.... Je sais fort bien que.... Je ne sais pas bien si.... Je vois bien que.... Je comprends bien cela. Le ciel a bien ce souci ! Le peuple s'inquiète bien de cela ! C'était bien à moi de venir les trouver ! C'était bien la peine de.... Je le veux bien. Dites bien à votre roi.... As-tu bien pu craindre que... ? Quand bien même il l'avouerait.
Le dieu qu'il [Moïse] vous a montré a bien une autre puissance — Bossuet (1627-1704)
Ne voyais-tu pas bien, quand je l'allais trouver Que j'allais avec lui me perdre ou me sauver ? — Jean Racine (1639-1699)
Cas où bien peut précéder son verbe. Comme bien vous savez. Bien lui a pris de s'être retiré en toute hâte, heureusement pour lui il a eu l'idée de se retirer. Cette tournure a cela de particulier qu'elle est obligatoire et qu'on ne peut dire : il lui prit bien de son indifférence.
Bien lui prit de son indifférence — Antoine Hamilton (1646-1720)
Bien, dans le style élevé, se met parfois en tête de la phrase, et alors le sujet se place après le verbe. Cette tournure a un peu vieilli ; cependant elle est encore usitée, et, quand on l'emploie bien, elle fait bon effet.
Bien sais-je que.... Bien semble être la mer une barre assez forte.... — Malherbe (1555-1628)
Bien est-elle un soleil, et ses yeux adorables.... — Malherbe (1555-1628)
Dans le bien, conformément au bien. Ici bien a un emploi mixte, moitié substantif, moitié adverbe, emploi résultant de son origine commune avec bien substantif. Cela est bien. Croyez-vous que cela soit bien, ou croyez-vous cela bien ? Ah ! cela n'est pas bien ! On trouve ceci bien et cela mal. C'est bien, c'est fort bien, exprime l'adhésion, le consentement. C'est bien, je n'en veux pas savoir davantage. C'est bien, on fera ce que vous désirez. On s'en sert aussi ironiquement et par reproche : c'est bien, ne vous gênez pas. C'est bien à vous de parler ainsi, à parler ainsi, il vous convient bien de.... Se dit par ironie et par reproche. Impersonnellement, il est bien de ou que, il est juste, il est bienséant. Il est bien de garder le silence. Il n'est pas bien que cette jeune fille sorte seule. Tout est bien, les choses du monde sont ordonnées parfaitement. Cette personne est bien, elle est distinguée, d'une figure agréable. Il est bien, il est en bonne santé. Depuis son séjour à la campagne, il est bien, il est très bien. Il est bien dans ses affaires, ou, simplement, il est bien, il a de la fortune. Ironiquement. Nous voilà bien, le voilà bien, c'est-à-dire nous sommes, il est dans une situation embarrassante, fâcheuse. Se trouver bien, être dans un bon état. Il s'est trouvé très bien chez moi. Se trouver bien, être dans un bon état de santé. Se trouver bien de.... avoir à se louer, gagner à.... Être bien, vivre bien avec quelqu'un, en bonne intelligence, en faveur. Être bien avec soi-même, avoir la conscience tranquille. Être bien ensemble, se dit, en un sens particulier, de deux personnes de sexe différent qui ont un commerce de galanterie. Substantivement.
Ô malheureux mortels ! ô terre déplorable ! Philosophes trompés qui criez : tout est bien ! — Voltaire (1694-1778)
Le vautour acharné sur sa timide proie De ses membres sanglants se repaît avec joie ; Tout semble bien pour lui.... — Voltaire (1694-1778)
Bien de avec l'article le, la, les, beaucoup de. Bien des gens. Avec bien du travail. Avec bien de l'esprit. Achever quelque chose avec bien de la peine. Bien, en ce sens, suivi de la préposition de et d'un adjectif, avec un substantif exprimé ou sous-entendu, rejette l'article défini. Bien d'autres périls l'ont assailli. Vous verrez dans ce voyage bien de riches campagnes. Bien d'autres vous diront....
On mande à votre mari qu'il ait bien du soin de moi et qu'il m'enveloppe dans de la soie et du coton — Voiture (1597-1648)
On hasarde de perdre en voulant trop gagner, Bien des gens y sont pris.... — La Fontaine (1621-1695)
Bien et beau, loc. adv. Proprement, dans l'état où la chose se trouve, et, par une extension facile à comprendre, aussitôt, sur-le-champ.
Un dogue de qui l'ordinaire Était un pain entier ; il fallait bien et beau Donner cet animal au seigneur du village — La Fontaine (1621-1695)
Le lacs était tout prêt ; il n'y manquait qu'un homme ; Celui-ci se l'attache et se pend bien et beau — La Fontaine (1621-1695)
Hé bien, loc. interjective, qui exprime l'exhortation ou l'interrogation. Hé bien, que vous en semble ? Hé bien, qu'y a-t-il ? que dites-vous ? Hé bien, travaillez donc ! Eh bien, s'emploie dans les mêmes circonstances. Eh bien, qu'en ditesvous ? Eh bien, que faites-vous ?
Bien que, loc. conj. gouvernant toujours le subjonctif. Quoique. On peut sous-entendre le verbe. Bien que renversé à terre, il se défendait encore.
Bien qu'à ses déplaisirs mon âme compatisse — Pierre Corneille (1606-1684)
Bien que l'occasion moins haute ou moins brillante.... — Pierre Corneille (1606-1684)
Bien plus, loc. adv. En outre.
Bien plus ce même jour je te donne Émilie — Pierre Corneille (1606-1684)
Bien plus, on ne vous souffre ici que ce seul jour — Pierre Corneille (1606-1684)
Si bien que, loc. conjonct. gouvernant l'indicatif lorsque l'action est présente ou passée. De sorte que, au point que. Si bien que gouverne le subjonctif lorsque l'action est future. Faites si bien que vous réussissiez. Si bien que, avec quelque force que ; on met le subjonctif.
Si bien qu'enfin, outré de tant d'indignités Je m'allais emporter dans les extrémités — Pierre Corneille (1606-1684)
Si bien qu'Antiochus, percé de mille coups, Lui voulut dérober les restes de sa vie.... — Pierre Corneille (1606-1684)
Aussi bien, en tout état de cause....
Et finir lui-même sa misère, Puisqu'aussi bien sans lui la faim le viendrait faire — La Fontaine (1621-1695)
Aussi bien, que ferais-je en ce commun naufrage ? — Jean Racine (1639-1699)
Aussi bien que, autant que, comme. L'or aussi bien que le cuivre. Faire périr les bons aussi bien que les méchants. Le vin aussi bien que le blé est cher cette année. Avec aussi bien que, le verbe, quoique se rapportant à un seul nom singulier, peut s'accorder avec les deux et se mettre au pluriel : le vin aussi bien que le blé sont chers cette année.
Un peu bien, ironiquement, beaucoup trop. Cette locution a vieilli.
Vous montrez cependant un peu bien du mépris — Pierre Corneille (1606-1684)
J'y trouverai comme elle un joug un peu bien rude — Pierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Bressan, bin ; Berry, bin ; picard, ben, prononcé bin ; bourguig. bé, ben ; normand, bé ; provenç. et catal. ben, be ; anc. espagn. ben ; espagn. mod. bien ; portug. bem ; ital. bene, be ; du lat. bene. Marg. Buffet (Observ. p. 54, 1668) dit que bien que pour quoique est une vieille façon de parler qu'on doit éviter, spécialement en écrivant. Cependant bien que était dès lors employé par les meilleurs auteurs, et il est resté en bon usage. D'après l'historique ci-dessus, cette locution ne paraît s'être établie qu'à partir du XVIe siècle.
Historique : XIe s. Bien [il] en pourrat louer ses soudoiers Là où cist furent, des autres i ot bien Li archevesque est bien bon chevalier XIIe s. Ben a set ans Poez bien retorner Bien le savez Bien est de France [il est réellement de France] Bien l'avez fait, mout [je] vous en doi amer Bien [il] semble prince de bataille aduré Mais d'une chose soiez vous ben certis [certains] Et sont o lui bien cent mil conquirant Baron, dist Charles, ben devons Deu servir Par foi, bele Aude, bien est que je'l vous die Dex, je croi bien que fustes fils Marie Vous poez bien savoir par ma chanson Bien [je] cuidai vivre sans…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bien#9268.
nom, masculin, /bjɛ̃/
Ce qui est moralement bon, par opposition au mal.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Ce qui procure un avantage, une utilité ou un agrément.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Ce que l'on possède, propriété ou patrimoine.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Intérêt collectif, avantage de tous.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (19 sens)
s. m.
Ce qui est juste, honnête. Le bien et le beau. Le bien et la justice régnaient alors. Faire le bien. Se porter au bien. Il pratiqua le bien toute sa vie. Puissance pour le bien comme pour le mal. Homme de bien, gens de bien, homme. gens d'une probité éprouvée, d'une véritable vertu. Femme de bien, femme dont la fidélité conjugale est irréprochable. Terme de métaphysique. Le souverain bien, le bien absolu, celui qui est infini en prix et en durée, et aussi Dieu.
Des superbes mortels le plus affreux lien, N'en doutons pas, Arnauld, c'est la honte du bien — Boileau (1636-1711)
Cette sagesse timide qui ne veut pas assurer que le bien soit bien — Guez de Balzac (1597-1654)
Ce qui est dans la règle ou dans la convenance. Il y a du bien, il y a du mal dans cet ouvrage. L'ignorant ne trouve rien de bien que ce qu'il fait lui-même.
Ce qui est utile, avantageux, agréable. Avoir le bien, locution de politesse, en place de laquelle on dit plutôt aujourd'hui avoir l'avantage. Le bien public, l'utilité générale. Les biens du corps, la santé, la force. Les biens de l'âme, les vertus. Les biens de l'esprit, les talents. Les biens temporels, les biens de ce monde, se dit par opposition aux biens éternels, c'est-à-dire ceux dont on jouit pour toujours dans une autre vie. Les biens de la terre, les productions du sol. Ce temps est contraire aux biens de la terre. Sentir son bien, avoir des sentiments dignes de sa naissance. Locution qui a vieilli. Faire du bien à quelqu'un, le secourir, lui rendre service. Faire du bien à quelque chose, en procurer le développement, la prospérité. La paix fera du bien au commerce. Faire du bien, ayant pour sujet un nom de chose, être utile. Ce voyage lui a fait beaucoup de bien, a été utile à sa santé. Cette action lui a fait du bien, lui a donné de la considération, du crédit. Dire du bien de quelqu'un, d'un ouvrage, en parler avec éloge. Vouloir du bien à quelqu'un, vouloir le bien de quelqu'un, être bien disposé en sa faveur. On dit qu'une dame veut du bien à quelqu'un, quand elle a pour lui un sentiment tendre.
Pays fertile et abondant en toutes sortes de biens — Vaugelas (1585-1650)
Un homme auquel vous avez fait tant de biens et à qui vous en avez enseigné encore davantage — Voiture (1597-1648)
À bien, loc. adv. D'une façon qui réussit. Mener une entreprise à bien, faire qu'elle réussisse. Aller à bien, venir à bien, se terminer à bien, réussir. Mettre à bien, s'est dit quelquefois ironiquement pour séduire, en parlant d'une femme.
Puisse cette action se terminer à bien — Molière (1622-1673)
La chose allait à bien par son soin diligent — La Fontaine (1621-1695)
En bien, locut. adverb. Avec honnêteté. En bien, d'une façon favorable. Prendre en bien, interpréter favorablement. Changement en bien. Ne citer ni en bien ni en mal. Ce mot peut être pris en bien comme en mal. En tout bien, tout honneur, c'est-à-dire à bonne fin, à bonne intention. Pour le bien, locution familière signifiant à bonnes intentions. Il a fait cela pour le bien.
On ne trompe point en bien, et la fourberie ajoute la malice au mensonge — La Bruyère (1645-1696)
Toute feinte est sujet de scrupule à des saints ; Ce qu'ils font pour un bien leur semble être une offense — La Fontaine (1621-1695)
Bienfait.
Pour tant de biens il commande qu'on l'aime — Jean Racine (1639-1699)
Le bien qu'on croit caché sort de la nuit obscure, Et le ciel tôt ou tard le paye avec usure — Ducis (1733-1816)
Ce qui appartient en propre à quelqu'un, tout ce qu'on possède. Bien patrimonial. Les biens meubles et immeubles. Par extension. Bien de campagne, ou, absolument, bien, propriété rurale. Familièrement. Avoir du bien au soleil, avoir des terres, des biens-fonds, des maisons. En termes de mer, le navire a péri corps et biens, c'est-à-dire la cargaison et les hommes ont péri.
On convie, on invite, on offre sa maison, sa table, son bien et ses services : rien ne coûte qu'à tenir parole — La Bruyère (1645-1696)
Le prodigue de l'Évangile, qui veut avoir son partage, qui veut jouir de soi-même et des biens que son père lui a donnés — Bossuet (1627-1704)
Étymologie : Provenç. ben, be ; espagn. bien ; portug. bem ; ital. bene. Bien ne peut pas venir de bonum ; à la vérité, dans le dialecte normand, bonus avait donné buen, comme homo, huem, et comes, cuens ; mais il n'y a aucun exemple que cet u y ait été changé en i. Il vient donc de bene, adverbe, mais adverbe transformé par les langues romanes en un substantif et même, comme dans un exemple du XIIe siècle (bien plaisir), en un adjectif.
Historique : XIe s. Serez ses hom [son homme] par honur et par ben Ne ben ne mal [il] ne respont [à] son neveu Deus, se lui plaist, à bien nous le mercie Ensemble [nous] aurons et le ben et le mal XIIe s. Par amistié et par bien, [je] vous commande Puisqu'en vous sont tout mal estaint Et tout bien à droit alumé Les biens d'amour que j'ai atendus tant Douce dame, d'orgueil vous defendez, Ne trahissez vos biens [qualités] ne vos beautez Quant plus me truis [je me trouve] pensis et esgaré, Plus [je] me confort as biens dont ele est pleine Un petiz biens vaut mieux, si Diex me voie, Qu'on fait courtoisement Qu…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
n. m.
Ce qui est utile, avantageux, agréable au sens physique et au sens moral. Bien solide. Bien imaginaire. Bien durable. Quel bien nous en est-il revenu? Cela fit plus de mal que de bien, ne fait ni bien ni mal. C’est un grand bien que telle chose soit arrivée. Ce que j’en fais, c’est pour votre bien. Il ne régna que pour le bien de ses peuples. Il n’y a pas de bien sans quelque mélange de mal. C’est un petit mal pour un grand bien. Ce philosophe prétend que les biens et les maux se compensent. La santé est le bien le plus précieux, est le plus précieux des biens. Ce sont là les vrais biens.
Les biens du corps, La santé, la force. Les biens de l’esprit, Les talents. Les biens de l’âme, Les vertus.
Les biens terrestres, les biens passagers, les biens temporels, Les biens de ce monde; par opposition aux Biens éternels, La béatitude éternelle.
Les biens de la terre, Les récoltes, dans la langue de l’église. Implorer la bénédiction de Dieu pour les biens de la terre.
Le bien public, le bien général, L’avantage, le bien-être, l’intérêt de tous. Travailler au bien public. On a souvent abusé de cette maxime, que le bien particulier doit céder au bien général.
Prov., Nul bien sans peine, Tout ce qui est avantageux coûte à acquérir.
Vouloir du bien à quelqu’un, Avoir le désir de l’obliger. On dit quelquefois familièrement, en plaisantant, Cette femme vous veut du bien, Elle paraît être pour vous dans des dispositions favorables.
Faire du bien à quelqu’un, procurer du bien à quelqu’un, Le secourir dans le besoin, dans l’infortune; ou Contribuer à son bien-être, à son bonheur, lui procurer quelque avantage. Il aime à faire du bien à tout le monde. On dit dans le même sens, Rendre le bien pour le mal.
Faire du bien, faire grand bien, se dit des Choses qui procurent quelque avantage ou quelque soulagement. Cette pluie fera du bien, fera grand bien aux prairies, aux blés, à la vigne.
Donner à quelqu’un des avis, des conseils pour son bien, Les lui donner pour son avantage, selon ses intérêts. écoutez les conseils de ce vieillard; ce qu’il vous dit, c’est pour votre bien.
Dire du bien de quelqu’un, parler en bien de quelqu’un, Parler avantageusement de quelqu’un, louer son caractère, ses qualités, ses talents, etc. On dit beaucoup de bien de cet ouvrage, de ce poème, etc., On le vante beaucoup. Il ne m’a parlé de vous ni en bien, ni en mal, Il ne m’a rien dit de vous, ou m’en a parlé en termes qui n’indiquent ni la louange, ni le blâme. On m’a dit de lui tout le bien du monde, On m’a fait son éloge sous tous les rapports.
Prendre, interpréter quelque chose en bien, L’interpréter d’une manière favorable.
Mener une affaire, une entreprise à bien, Faire qu’elle réussisse, qu’elle ait une heureuse issue. Cet ouvrage arrive à bien, vient à bien, Il s’améliore, il se perfectionne.
Prov., Le mieux est l’ennemi du bien, On peut gâter ce qui est bien, en voulant le perfectionner.
BIEN signifie aussi Ce qui est juste, honnête, louable. La science du bien et du mal. Cet homme fait le bien sans ostentation. Il entreprit de le ramener au bien. Le souverain bien. Le vrai bien. Le bien suprême. C’est un pas vers le bien. C’est un homme de bien, une femme de bien. Ce sont des gens de bien. Il a fait en cela une action d’homme de bien.
Fam., En tout bien et en tout honneur, en tout bien et tout honneur, à bonne fin, sans mauvaise intention.
Il signifie encore Ce qu’on possède en argent, en fonds de terre, ou autrement. Bien patrimonial. Les biens paternels. Les biens maternels. Riche en biens de toute sorte. Augmenter son bien. Il ne faut pas toucher au bien d’autrui. être sans bien. Le bien mal acquis ne profite jamais. Dépenser son bien. Manger son bien. Partager son bien. Amasser du bien. Il le combla de biens. Le navire a péri corps et biens. Un mari et une femme séparés de corps et de biens. Séparation de biens. être en communauté de biens. Faire cession de ses biens. Il lui a légué tous ses biens. Les biens de la succession, qui composent la succession. Les biens meubles et immeubles. Les biens nationaux. Les biens communaux.
Il se dit quelquefois absolument d’un Bien de campagne, d’une propriété rurale. Il a un petit bien à quelques lieues de la ville. Il vit dans son bien, sur son bien.
Fam., Avoir du bien au soleil, Avoir des biens-fonds, des terres, des maisons.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bien#9267.
Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.