besogné · besogne

besogné

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

part. passé.

  1. Uniquement employé dans des locutions de ce genre : c'est à lui mal besogné, il a mal fait.

    Ce ne serait à vous bien besogné — La Fontaine (1621-1695)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée BESOGNÉ.

besogne

nom, féminin, /bəzɔɲə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (13 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Ce qui est de besoin, affaire, apprêt.

    Le galant [le renard] pour toute besogne Avait un brouet clair ; il vivait chichement — La Fontaine (1621-1695)

  2. Ce qu'il est nécessaire de faire, travail, ouvrage. Celui qui ne serait propre à aucune autre besogne. Achever sa besogne. Se partager la besogne. S'endormir sur la besogne, ne pas avancer dans un travail. Familièrement. Aimer besogne faite, ne pas aimer le travail. N'avoir pas besogne faite, avoir beaucoup d'embarras. Abattre de la besogne, faire beaucoup de travail. Aller vite en besogne, être expéditif ; agir avec précipitation ; dissiper promptement ses ressources. Faire plus de bruit que de besogne, parler beaucoup et ne pas agir ; se donner beaucoup de mouvement et ne pas faire grand'chose. Donner, tailler de la besogne à quelqu'un, lui préparer sa tâche, et fig. lui donner de la peine, lui susciter des embarras. Faire de la bonne besogne, de la belle besogne, travailler d'une façon utile ; et ironiquement, vous avez fait là de la belle besogne, vous avez fait une maladresse, une sottise, etc. Dépêcher besogne, dégrossir une besogne. Selon l'argent la besogne, c'est-à-dire ce n'est qu'en payant bien qu'on obtient un ouvrage, un travail bien fait.

    Elle fait la grosse besogne — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Qui vit céans, ma foy, n'a pas besogne faite — Mathurin Régnier (1573-1613)

Étymologie : Autre forme de besoin ; bourguig. besongne ; provenç. besonha ; ital. bisogna. Chifflet, Gramm. p. 200, remarque, au XVIIe s. qu'on écrit besoigne, et qu'on prononce besogne.

Historique : XIIe s. Et Gilemers l'Escot dit outrage et folie, Quant de ceste besoigne devant tous vous desfie [Trois messagers] qui fassent vo [votre] besoigne bien et hardiement Seigneur, fait-il à els, tut senz [sans] en plait entrer, Ne me deit pas mis sires acuinte demander ; Car tut cest grant aveir que ci vus oi numer, En ses busoignes l'oi fait metre e aluer XIIIe s. D'aprocher [avancer] la besoigne plus ne detrierai Bien [je] ferai la besoigne, de ce n'esteut douter Et eslurent li prison deux d'eaus [deux d'entre eux] pour porter ceste besoigne Du païs gaires ne t'esloigne ; Et se tu as si grant b…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Travail qu’exige de chacun sa profession, action par laquelle on fait une oeuvre. Avoir de la besogne. Mettre la main à la besogne. Aller à sa besogne. être à sa besogne. Une longue, une rude besogne. Faire sa besogne. Quitter sa besogne. S’attacher, être assidu à sa besogne.

  2. Il désigne aussi l’Effet du travail, l’ouvrage même qui résulte du travail. Bonne besogne. Besogne délicate. Besogne grossière. Besogne commencée. Besogne achevée. Besogne bien faite. Montrer de la besogne faite. Il fait plus de besogne que quatre.

  3. Besogne de commande, Travail commandé, qui doit être exécuté au gré de celui qui le fait faire.

  4. Prov., Selon l’argent, la besogne, Les ouvriers travaillent selon qu’ils sont payés.

  5. Aimer besogne faite, N’aimer pas à travailler.

  6. Fig., S’endormir sur la besogne, Travailler nonchalamment.

  7. être âpre à la besogne, Mettre à son travail beaucoup d’activité. être mou à la besogne, La faire avec nonchalance. Abattre de la besogne, Faire beaucoup d’ouvrage.

  8. Ne songer qu’à sa besogne, qu’à faire sa besogne; être tout à sa besogne, Ne s’occuper que des affaires de son état, de sa profession; être uniquement appliqué à ce qu’on fait, au travail dont on est chargé.

  9. Aller vite en besogne, être expéditif, ou Agir précipitamment.

  10. Faire plus de bruit que de besogne, Se donner beaucoup de mouvement et faire peu d’ouvrage, ou Parler plus qu’on n’agit.

  11. Faire de la bonne besogne, de bonne besogne, Travailler utilement. On dit, dans le sens contraire, Faire de la mauvaise besogne, de mauvaise besogne.

  12. Ironiq., Vous avez fait là une belle besogne, de belle besogne, se dit à une Personne qui a gâté l’affaire dont elle s’est mêlée.

  13. Fig., Donner bien de la besogne à quelqu’un, lui tailler de la besogne, Lui donner de la peine, de l’exercice, lui susciter des embarras.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • besognes — pluriel — /bəzɔɲə/
  • besogne — singulier — /bəzɔɲə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée besogne#9096.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.