berger
nom, masculin, /bɛʁʒe/
Voir aussi : forme féminine bergère
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m. et f.
Gardien. gardienne des bêtes à laine.
Les rois et les bergers y sont d'un même rang — Pierre Corneille (1606-1684)
Mais bientôt le ciel en colère, Par la main d'une humble bergère Renversant leurs bataillons [des Anglais] — Boileau (1636-1711)
Fig. Dans la poésie pastorale, amant, amante. Un berger fidèle. Une bergère insensible. L'heure du berger, le moment favorable aux amants.
L'heure du berger sonne — La Fontaine (1621-1695)
Il assura qu'il avait trouvé l'heure du berger dans un certain cabinet — Antoine Hamilton (1646-1720)
L'étoile du berger, la planète Venus.
Étymologie : Bourguig. borgei, bogei, borgeire ; Berry, barger, bargère ; picard, berker ; norm. bergier (prêtres et bergiers sont des sorciers, dicton du pays de Bayeux) ; provenç. bergier, bergeira ; bas-lat. berbicarius, du bas-lat. berbix, brebis (voy. BREBIS). Dans le moyen âge, berger était souvent pris avec une acception injurieuse (homme stupide, grossier, sans valeur), comme on peut voir à l'historique.
Historique : XIIe s. Que vont querant cil fol bregier, Qu'il ne viennent à ma dame servir ? XIIIe s. Foulz est qui fait de leu bergier Que qu'il fesoient leur mellée, Lor bergiere s'en iert alée, Li bergiers les ot oubliez ; Iluec s'en erent outre alez Par vostre grant malaventure, Me tenissiés vous por bergier ? Or allés aillors herbergier, Qui m'apelés ci menteor Cuer ne puet qu'ung seul hoste dedens soi herbergier ; Por ce doit l'en tenir à fol et à bergier, Qui vuelt Dieu et pechié en son cueur enfergier ; Nus ne puet ces deus erbes planter en ung vergier XIVe s. Et li plusour ont dit : Dieux doint Ber…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n.
Celui, celle qui garde les moutons. La houlette du berger. Le chien du berger. Un chien de berger. On a vu des rois épouser des bergères.
Fig., Réponse du berger à la bergère, Réplique qui clôt la discussion.
Il s’est dit figurément, dans la Poésie pastorale, pour Amant, amante. Un berger fidèle. Une bergère inconstante. L’heure du berger, Le moment favorable aux amants.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- bergers — pluriel — /bɛʁʒe/
- berger — singulier — /bɛʁʒe/
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