berceau

berceau

nom, masculin, /bɛʁso/

Définitions

  1. Petit lit destiné aux nouveau-nés, que l'on peut balancer.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Période ou lieu où une chose, une civilisation a pris naissance.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Voûte de verdure formée par des plantes grimpantes palissées.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Lit des enfants à la mamelle, fait d'ordinaire de telle façon qu'on peut lui communiquer un mouvement de balancement. Un enfant couché dans son berceau. Les berceaux dans les salles de cet hôpital sont trop rapprochés.

    Joas, enfant encore au berceau — Bossuet (1627-1704)

    Les enfants mêmes dans le berceau sont forts — Bossuet (1627-1704)

  2. Par extension, la première enfance. Étouffer le monstre au berceau, étouffer le mal dès sa naissance.

    Après avoir été attrapé, comme je l'ai été, en ce que j'ai dit de ceux qui ont mémoire de ce qu'ils ont fait au berceau — Voiture (1597-1648)

    Il fallait qu'ils fussent tous deux au berceau — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Fig. Lieu où l'on est né, où une chose a commencé ; naissance, commencement. La ville qui fut le berceau de l'éloquence. Les Romains ont rasé Albe qui était leur berceau. Art qui était encore au berceau. Les arts sont encore au berceau dans ce pays.

    De mon sort fixons l'incertitude, Dussé-je en mon berceau trouver la servitude ! — Marie-Joseph Chénier (1764-1811)

    Adieu, charmant pays de France, Que je dois tant chérir ! Berceau de mon heureuse enfance, Adieu ! te quitter c'est mourir — Béranger (1780-1857)

  4. Treillage en voûte garni de verdure. Faire monter la vigne en berceau. Dîner sous un berceau. Allée en berceau, allée couverte. Longue allée souvent couverte d'une voûte de charmille, pour s'exercer à tirer de l'arc, de l'arbalète, etc. Tirer au berceau.

    Inquiet de ce que me voulait Dumont avec tant de mystère, je gagnai doucement l'entrée des berceaux [de Marly] — Saint-Simon (1675-1755)

    Esprits aériens de la terre et des eaux Dont les soupirs parfument ces berceaux — Casimir Delavigne (1793-1843)

  5. Outil du graveur pour travailler en manière noire.

  6. En typographie, berceau de presse, partie antérieure de la presse, sur laquelle roule le marbre.

  7. En termes d'architecture, voûte en plein-cintre.

  8. Berceau de la Vierge, nom vulgaire de la clématite des bois. XIIIe s. XIVe s. XVe s.

    Ele lur roe [demande] isnelement Un berssoil quere bel e gent, Où bien puist se coucher sis fis, Qui encor iert assés petis

    Après [elle] le coucha el bercuel, o [avec] plors, o lermes, o duel

Étymologie : Berry, berciau, barciau ; provenç. bers, bres, bretz, bressol ; portug. berço ; bas-lat. berciolum, berceolum. Du Cange le tire du bas-latin bersa, claie d'osier, treillage, dont on environnait les forêts de chasse ; ce mot ayant été transporté au bers ou berceau, qui est fait d'osier. Diez n'admet pas cette étymologie ; il croit que bercer est le même que berser, vieux français, tirer de l'arc, chasser, percer d'une flèche. Trouvant dans un texte bas-latin d'Italie bercellus ou barbicellus, signifiant bélier à battre les murailles, il suppose un verbe italien berciare, frapper, heurter (im-be

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Sorte de petit lit où l’on couche les enfants à la mamelle et qui est ordinairement disposé pour qu’on puisse le balancer aisément. Berceau d’osier. Mettre un enfant dans son berceau.

  2. Fig., Dès le berceau, Dès la plus tendre enfance. Au sortir du berceau. Un enfant qui est encore au berceau. Un enfant au berceau, etc.

  3. Fig., Il faut étouffer le monstre au berceau, Il faut étouffer le mal dès sa naissance.

  4. Il se dit, figurément, des Lieux où certaines choses ont commencé. Florence fut le berceau de la peinture moderne. La Saxe fut le berceau du luthéranisme. La plupart des historiens regardent l’Inde comme le berceau de la civilisation.

  5. Il se dit aussi des Commencements de certaines choses. Cet établissement est encore au berceau, à son berceau. Les arts étaient encore au berceau.

  6. En termes de Jardinage, il se dit, par analogie, d’une Charmille taillée en voûte ou d’un Treillage de même forme sur lequel on fait monter de la vigne, du jasmin, etc. Prendre le frais sous un berceau. On dit aussi Berceau de verdure.

  7. Allée en berceau, Allée couverte. On dit de même Ces arbres font le berceau, forment le berceau, Ils réunissent leurs branches de manière à former une voûte de feuillage.

  8. Il signifie également, en termes d’Architecture, Voûte en plein cintre. Le berceau d’une cave.

  9. En termes de Mines, il désigne aussi une Sorte de lavoir à barrage pour certains minerais.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • berceaux — pluriel — /bɛʁso/
  • berceau — singulier — /bɛʁso/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée berceau#9007.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.