bénédiction

bénédiction

nom, féminin, /benediksjɔ̃/ ou /bɛnɛdiksjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (8 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de consacrer, de bénir avec les cérémonies de l'église. La bénédiction d'une église.

  2. Action d'un prêtre qui bénit les assistants en faisant le signe de la croix.

    Fêtes sacrées, mariage fortuné, voile nuptial, bénédiction, sacrifice, puis-je mêler aujourd'hui vos cérémonies et vos pompes avec ces pompes funèbres, et le comble des grandeurs avec leurs ruines ? — Bossuet (1627-1704)

    Lui donne toutefois la bénédiction — Boileau (1636-1711)

  3. Action par laquelle les pères et les mères bénissent leurs enfants.

    Elle me donna sa bénédiction — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Grâce et faveur particulière du Ciel. Fig. Maison, pays de bénédiction, maison, pays où tout afflue, abonde. C'est une bénédiction, se dit quand tout abonde, réussit, comme par une faveur particulière du Ciel. Les vignes, cette année, sont chargées de grappes, c'est une bénédiction. Par extension et dans le langage familier, c'est une bénédiction, ou, que c'est une bénédiction, se dit de tout ce qui surpasse l'attente. Enfin, cette locution se dit aussi par antiphrase. Le temps était affreux, il pleuvait, que c'était une bénédiction. Dans ces exemples, le que ne fait pas partie de la locution ; c'est une ellipse pour à tel point que.

    Les bénédictions qu'il versa sur les Français — Bossuet (1627-1704)

    Et ces bien heureuses prémices ont attiré une telle bénédiction sur la maison Palatine, que nous la voyons enfin catholique dans son chef — Bossuet (1627-1704)

  5. Sentiments et expressions de gratitude. Sa charité lui attirait les bénédictions des pauvres. Être en bénédiction, être béni, aimé, respecté.

    Dont la mémoire sera en bénédiction dans l'Église — Bossuet (1627-1704)

    Ce monde où sa mémoire est en bénédiction — Fléchier (1632-1710)

Étymologie : Provenç. benedictio, benediccio ; espagn. bendicion ; portug. bençao ; ital. benedizione, de benedictionem, de benedicere (voy. BÉNIR).

Historique : XIe s. [Il] Leve sa main, fait sa beneïçun XIIe s. En paradis aurez benecion Tout en plorant [il] leur fit beneïçon XIIIe s. Sire rois, grant beneïçon Vos doint li fils sainte Marie Biau chier filz, je te donne toutes les beneïssons que bon pere peut donner à fil XVe s. Et volt le roy qu'en chants melodieux et orgues fussent à Dieu chantées laudes et beneyssons XVIe s. Parquoi Dieu fait que toute nation, Sans fin te loue en benediction Et n'est demouré des hommes que le renom de leurs faitz de bien en benediction et de mal en malediction

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action de bénir, de consacrer au culte, au service divin avec certaines cérémonies. La bénédiction d’une église, d’une chapelle, des fonts baptismaux, d’un cimetière, etc. La bénédiction du pain, de l’eau, d’un cierge, etc.

  2. Il désigne aussi l’Action d’un prélat ou d’un prêtre qui bénit une personne ou une chose en faisant sur elles le signe de la croix. Donner la bénédiction. Recevoir la bénédiction. Bénédiction nuptiale. Bénédiction des drapeaux.

  3. Il se dit également de l’Action par laquelle les pères et mères bénissent leurs enfants. Bénédiction paternelle, maternelle. Je te donne ma bénédiction. Ses enfants lui demandèrent sa bénédiction.

  4. Il signifie aussi Grâce et faveur particulière du Ciel. Dieu l’a comblé de bénédictions. Les bénédictions célestes. Dieu a répandu, a versé ses bénédictions sur cette famille. Dieu y a mis, y a donné sa bénédiction. Attirer, s’attirer les bénédictions du ciel.

  5. Fig., Une maison de bénédiction, une Maison qui semble l’objet d’une particulière protection divine; et familièrement, une Maison où tout abonde. On dit aussi, dans un sens analogue, C’est un pays de bénédiction.

  6. Fam., C’est une bénédiction, se dit en parlant d’une Grande abondance qui semble résulter d’une faveur divine particulière. Il y a cette année une énorme quantité de fruits, c’est une bénédiction. Il se dit populairement, et par une sorte d’ironie, pour marquer l’Excès d’une chose fâcheuse, désagréable; alors il est ordinairement précédé de que signifiant tellement que. Il pleut, il neige, que c’est une bénédiction. Il a été battu, que c’est une bénédiction.

  7. Il se dit encore, surtout au pluriel, des Voeux qu’on fait pour la prospérité de quelqu’un, des souhaits qu’on forme en sa faveur. Si vous faites cette bonne oeuvre, vous mériterez toutes les bénédictions. Il a fait beaucoup de bien dans cette province et les habitants le comblent de bénédictions. Les bénédictions du pauvre.

  8. Sa mémoire est en bénédiction, On se souvient de lui et on loue ses actes de bienfaisance, ses vertus, etc.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • bénédictions — pluriel — /benediksjɔ̃/ ou /bɛnɛdiksjɔ̃/
  • bénédiction — singulier — /benediksjɔ̃/ ou /bɛnɛdiksjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bénédiction#11966.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.