bassesse
nom, féminin · /basɛsə/
Usage : d'usage courant (2.69 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Manque de dignité morale, mesquinerie ou absence d'élévation dans les sentiments ou la conduite.
Il a refusé toute bassesse pour obtenir cette promotion.
Synonyme : indignité.
« Le vers se sent toujours des bassesses du cœur »Boileau (1636-1711)
« Ce n'est pas là ce que l'apôtre appelle la douceur du zèle et de la charité : c'est plutôt une bassesse de courage que rien ne réveille et n'élève »Massillon (1663-1742)
Action vile et indigne, commise par lâcheté ou par intérêt.
Il a commis bien des bassesses pour plaire à son patron.
« Et j'irais l'abuser d'une fausse promesse ! Je me parjurerais ! et par cette bassesse.... »Jean Racine (1639-1699)
« Il n'y avait point de bassesses que les rois ne fissent pour obtenir le titre d'allié des Romains »Montesquieu (1689-1755)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- bassesses : pluriel · /basɛsə/
- bassesse : singulier · /basɛsə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
s. f.
État de ce qui est peu élevé, au propre. Peu usité en ce sens.
Il y a un certain degré de hauteur et un certain degré de bassesse que le mercure n'outre-passe presque jamais [dans un baromètre]Pascal (1623-1662)
Fig. Manque d'élévation dans les sentiments. Pour que nous n'agissions pas avec bassesse. Il y a de la bassesse à faire le bien pour en tirer bénéfice.
Un cœur noble ne peut soupçonner en autrui La bassesse et la maliceJean Racine (1639-1699)
Tant de férocité, de bassesse et de rage, Tout est mon crime enfin, mais tout est votre ouvrageBRIFAUT
Action basse. Commettre une bassesse. C'est une bassesse de.... Ce qui me paraît la dernière des bassesses.
Celles de ma naissance ont horreur des bassessesPierre Corneille (1606-1684)
Le maître qui prit soin d'instruire ma jeunesse Ne m'a jamais appris à faire une bassessePierre Corneille (1606-1684)
Abaissement, infériorité. En bonne part.
Ce n'est pas là ce que l'apôtre appelle la douceur du zèle et de la charité : c'est plutôt une bassesse de courage que rien ne réveille et n'élèveMassillon (1663-1742)
Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu'il est fait par un homme qui s'est mis à genoux auparavant et après, pour prier cet être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi tout le vôtre, pour votre propre bien et pour sa gloire, et qu'ainsi la force s'accorde avec cette bassessePascal (1623-1662)
Rang peu élevé, obscurité de la naissance ou de la condition. Reprocher à quelqu'un la bassesse de sa naissance.
Ils ne cessaient de ravaler ce prince à cause de sa bassesse et de sa pauvretéVaugelas (1585-1650)
Elle [Marie] se souvient que, tandis que le Seigneur néglige toutes les autres filles de Juda, il daigne jeter les yeux sur la bassesse de sa servante, la choisir et la combler de dons et de grâcesMassillon (1663-1742)
Qualité du style bas, trivialité. Bassesse de style, de langage.
Quoi que vous écriviez, évitez la bassesseBoileau (1636-1711)
Seuls dans leurs doctes vers ils pourront vous apprendre Par quel art sans bassesse un auteur peut descendre, Chanter Flore, les champs, Pomone, les vergers....Boileau (1636-1711)
Étymologie : Bas. Basseur est, dans l'ancienne langue, beaucoup plus usité, surtout au XVIe siècle.
Historique : XIIIe s. Ma substance est es basseces de terre
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens
n. f.
Vice qui porte à des sentiments, à des actions, à des procédés indignes d’un honnête homme ou d’un homme de coeur. Bassesse d’âme. Bassesse de coeur. Bassesse de sentiments. Il s’est conduit avec bassesse. Louer avec bassesse. Il y a de la bassesse dans toutes ses actions.
Il se dit, par extension, des Sentiments, des actions mêmes qui marquent la bassesse d’âme. Ce serait une bassesse que de consentir à cela. Il a fait une bassesse, cent bassesses.
Il se dit encore d’une Trivialité ignoble, choquante. La bassesse d’une pensée, d’une expression. Celle bassesse de termes, de style contraste avec la dignité du sujet.
Il se dit aussi en parlant d’une Basse naissance, d’une condition très obscure. La bassesse de son extraction, de son origine. La bassesse de sa condition.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée bassesse#8659.