barbare
adjectif, /baʁbaʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873)
adj.
Étranger, par rapport aux Grecs et aux Romains. Substantivement. Les barbares de la Germanie. Il se réfugia dans le pays des barbares. Par extension, non civilisé, mal civilisé. Familièrement. C'est un barbare, pour désigner un homme sans goût et incapable d'apprécier les beautés de l'art.
Songez qu'une barbare en son sein l'a formé [Hippolyte] — Jean Racine (1639-1699)
Fléaux du nouveau monde, injustes, vains, avares, Nous seuls de ces climats nous sommes les barbares — Voltaire (1694-1778)
Sauvage, grossier. Peuples sauvages et barbares. Siècle barbare. Des oreilles barbares. Barbare s'est dit du genre gothique, de l'art du moyen âge.
Tertullien est le Bossuet africain et barbare — Chateaubriand (1768-1848)
D'un seul nom quelquefois le son dur et bizarre Rend un poëme entier ou burlesque ou barbare — Boileau (1636-1711)
Contraire aux règles de la langue. Parler d'une manière barbare.
Qui est sans humanité, cruel. Un homme barbare. Substantivement, homme cruel, inhumain. C'est un barbare qui se plaît à faire souffrir les animaux.
Au combat qui pour toi se prépare, C'est peu d'être constant, il faut être barbare — Jean Racine (1639-1699)
Barbare destinée — Jean Racine (1639-1699)
Étymologie : Barbarus ; en grec βάρϐαρος, proprement étranger. Dans l'ancien français, on employait barbari comme en provençal : la gent barbarie, Ronc. p. 111 ; et, au XVIe siècle, barbaresque, au lieu de barbare : l'horreur barbaresque qu'il y a à une telle action
Historique : XIVe s. Barbares, tous ceulz qui sont de estrange langue XVIe s. Ceste ordonnance [assiette d'un camp], dit-il, encore qu'elle soit d'hommes barbares, n'est point barbare pourtant Antigonus chassa son filz à coups de baston, en l'appelant cruel meurtrier et barbare inhumain Ou qu'il usera d'un mot barbare en sa narration
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui est cruel, inhumain. âme barbare. Coeur barbare. N’attendez d’eux aucune miséricorde, aucune grâce; ce sont des gens barbares. Un vainqueur barbare. Des soldats barbares. Une action barbare. Un spectacle barbare. Une coutume barbare. Des superstitions barbares.
Il signifie, au figuré, Qui est sauvage, grossier, ignorant, qui manque de civilisation. Les Grecs appelaient barbares tous ceux qui ne parlaient pas leur langue, tous les étrangers; les Romains nommèrent aussi barbares tous les autres peuples, excepté les Grecs. Les nations, les rois barbares. Des moeurs rudes et barbares.
En parlant des mots et des tours du langage, il signifie Qui est contraire à l’usage ou à l’analogie. Cette manière de parler est barbare. Ces termes sont barbares. On dit dans le même sens Un style barbare.
Langue barbare, Langue imparfaite, rude et qui choque l’oreille. Ces peuplades parlent une langue barbare. On dit dans un sens analogue Une musique barbare.
Il est aussi nom, dans la signification de Cruel, inhumain. Ces gens-là sont sans pitié; ce sont des barbares.
Il s’emploie également comme nom lorsqu’on parle de Peuples ou d’Hommes privés de civilisation. Les barbares du Nord. L’invasion, l’irruption des barbares. Les barbares qui vinrent fondre sur l’Empire romain. C’est un vrai barbare.
Fig., C’est un barbare, se dit d’un Homme incapable d’apprécier les beautés de la nature ou de l’art.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- barbares — pluriel — /baʁbaʁə/
- barbare — singulier — /baʁbaʁə/
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