bannière
nom, féminin, /banjɛʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Enseigne, étendard. La bannière de France, drapeau de nos anciens rois lorsqu'ils allaient à la guerre, et qui était parsemé de fleurs de lis.
Contre le croissant déployant leur bannière — Voltaire (1694-1778)
Fig. À bannière levée, avec une hostilité ouverte. Se ranger sous la bannière de quelqu'un, se ranger de son parti, agir dans le même esprit.
La Discorde.... En tout lieu.... déploya ses bannières — Boileau (1636-1711)
Mme de Soubise fortifiait ainsi son crédit auprès de Mme de Maintenon, qu'autrement elle eût eue contre elle à bannière levée — Saint-Simon (1675-1755)
Terme de marine. Pavillon qui indique la nation à laquelle appartient un bâtiment. On dit aujourd'hui pavillon. Bannière de partance, pavillon que l'on met à la poupe du vaisseau, pour faire signal à l'équipage qui est à terre de venir s'embarquer. Bannière de conseil, bannière blanche que l'amiral fait arborer en poupe, quand il veut prendre avis de capitaines.
L'article 4e du traité de 1666 portant que les Français qui seront pris sous quelque bannière que ce soit, seront mis en liberté, je veux que vous insistiez contre la prétention que les corsaires [d'Alger] ont de faire esclaves ceux de mes sujets qu'ils trouveront sur les vaisseaux étrangers,
Étendard que l'on porte aux processions, et qui sert à distinguer une paroisse ou une confrérie. Fig. Aller au-devant de quelqu'un avec la croix et la bannière, avec un grand appareil. Il faut la croix et la bannière pour etc. il faut faire les plus grandes cérémonies pour...
Illustre porte-croix, par qui notre bannière N'a jamais en marchant fait un pas en arrière — Boileau (1636-1711)
Les processions se battaient les unes contre les autres pour l'honneur de leurs bannières — Voltaire (1694-1778)
Dans les temps féodaux, compagnie de vassaux que le seigneur faisait assembler pour servir le roi à la guerre. Chef de bannière, capitaine de quartier dans une ville.
Terme de marine. Voile en bannière, voile dont les écoutes larguées ou cassées permettent que le vent l'enlève.
Terme de blason. Armes en bannière, armes carrées, plus honorables qu'armes en écusson ou pointe. Cent ans bannière, cent ans civière ; c'est-à-dire la même famille qui portait il y a cent ans la bannière porte maintenant la civière, et réciproquement.
Étymologie : Bourguig. banneire ; wallon banîre ; provenç. bandiera, baneira ; espagn. bandera ; portug. bandeira ; ital. bandiera ; du bas-lat. bandum, drapeau (voy. BANDE 1 et 2). L'allemand moderne Panier, bannière, a été pris du français, plusieurs mots français s'étant introduits en allemand dans le moyen âge par les versions de poëmes de chevalerie.
Historique : XIIe s. Ot Baligans sa banere fermée Jusqu'à Paris irons baniere desploïe XIIIe s. Et quant il seroient tout apresté de combattre, si lairoient lor bannieres cheoir et se tenroient coi Si trovons en nostre acordance, Que Faus-semblant et Astenance Avec tous ceus de lor baniere Assaudront la porte derriere Nous avions bien perdu trente cinq chevaliers touz baniere portans, de la cour de Champaingne En ses banieres portoit les armes l'empereur qui l'avoit fait chevalier Hugue de Trichastel, seigneur de Conflans, qui estoit avec moi à baniere Un mien escuier qui s'en estoit fui à tout [avec] ma b…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Enseigne, étendard. Il signifiait particulièrement autrefois l’Enseigne que le seigneur de fief avait droit de porter à la guerre et sous laquelle se rangeaient les vassaux qu’il y conduisait.
Fig. et fam., Se ranger sous la bannière de quelqu’un, Se ranger de son parti.
Il se disait encore du Pavillon qui indiquait à quelle nation appartenait le bâtiment qui l’arborait. Trafiquer sous la bannière de France. Arborer la bannière. On dit maintenant PAVILLON.
Il se dit aussi d’une Sorte d’étendard que l’on porte aux processions et qui sert à distinguer une paroisse ou une confrérie. La croix et la bannière. La bannière d’une paroisse. La bannière d’une confrérie. Par extension, Il se dit de l’étendard d’une société, d’une corporation.
Fig. et fam., Aller au-devant de quelqu’un avec la croix et la bannière, Aller le recevoir avec appareil. Il a fallu pour le décider la croix et la bannière, Il a fallu le beaucoup prier pour lui faire accepter une invitation, on a eu beaucoup de peine à le déterminer à prendre un parti ou à faire une démarche.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- bannières — pluriel — /banjɛʁə/
- bannière — singulier — /banjɛʁə/
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