bandeau
nom, masculin, /bɑ̃do/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m.
Bande qui sert à ceindre le front et la tête. Le bandeau d'une prêtresse. Bandeau royal, diadème dont les anciens rois ceignaient leur front. Anciennement, coiffure des veuves.
Et je serais moins roi qu'un objet de pitié Si ce bandeau royal m'ôtait votre amitié — Pierre Corneille (1606-1684)
Et toi, fatal tissu, malheureux diadème, Bandeau que mille fois j'ai trempé de mes pleurs — Jean Racine (1639-1699)
Morceau d'étoffe en plusieurs doubles qu'on met sur les yeux de quelqu'un pour l'empêcher de voir. La justice est représentée avec un bandeau sur les yeux. Fig. Il a un bandeau sur les yeux, se dit d'un homme qui s'aveugle sur quelque chose.
La discorde.... Avait sur tous les yeux mis son bandeau fatal — Jean Racine (1639-1699)
Il faut lui ôter son bandeau [à l'amour] — Pascal (1623-1662)
Terme d'architecture. Plate-bande unie, autour d'une baie de porte ou de fenêtre. Planche menue et étroite du pourtour des lambris. Dans la marbrerie, petit renfoncement que l'on taille entre deux moulures. Bandes circulaires et saillantes qui sont sur le corps d'une colonne de poêle.
Bande d'étoffe couronnant les draperies au-dessus d'une croisée.
Terme de pêche. Portion de la manche de certains filets.
Bandeau ou molle bande, pièce de ferrure dans des voitures d'artillerie.
Étymologie : Bande 1. Dans l'ancien français le nominatif singulier est li bandels ou bandaus, le régime singulier le bandel ; nominatif pluriel li bandel, régime les bandels ou bandaus.
Historique : XIIe s. [Il] A laschement son chief bandé, Li bendiax est cheüs aval Quant son bandel [il] a ratorné.... XIVe s. Il ammenoit Wistace, à cui pas ne fu bel, Qui bien eüst besoing ou corps de maint bendel ; Car de son sanc avoit sané [saigné] plus d'un platel XVe s. Etouppes, bandeaux contrepointes pour dormir sus XVIe s. Un bandeau de parchemin Un chapeau à larges rebras, bandé d'un bandeau royal
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Bande qui sert à ceindre le front et la tête. Bandeau de linge. Bandeau de crêpe. Bandeau de religieuse. Bandeau de veuve.
Le bandeau royal, Le diadème dont anciennement les rois se ceignaient la tête. Ceindre le bandeau royal.
Il se dit aussi d’une Bande, ou d’un morceau d’étoffe en plusieurs doubles, qu’on met sur les yeux de quelqu’un pour l’empêcher de voir. Mettre un bandeau à quelqu’un, sur les yeux de quelqu’un. Un épais bandeau. Les peintres et les poètes représentent l’Amour avec un bandeau sur les yeux.
Il s’emploie figurément pour désigner l’Espèce d’aveuglement moral qui naît d’une passion, d’une prévention, ou d’ignorance. Avoir un bandeau sur les yeux. Arracher le bandeau, faire tomber le bandeau de dessus les yeux de quelqu’un.
En termes d’Architecture, il se dit d’une Plate-bande unie, en saillie sur le nu du mur autour d’une baie de porte ou de fenêtre, destinée à tenir lieu de chambranle.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- bandeaux — pluriel — /bɑ̃do/
- bandeau — singulier — /bɑ̃do/
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