ban

ban

nom, masculin, /bɑ̃/

Définitions

  1. Publication officielle, généralement à l'église, annonçant un mariage futur afin de permettre d'éventuelles oppositions.

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  2. Exclusion, rejet prononcé contre une personne ou un groupe considéré comme indésirable.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (12 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Proclamation, publication. Battre un ban, battre la caisse pour annoncer qu'il va être fait une publication. Ban de vendange, proclamation que les vendanges sont ouvertes.

    Avant le combat, la justice faisait publier trois bans — Montesquieu (1689-1755)

    L'aumônier d'un roi de France [saint Louis] prit possession de la patrie d'Annibal en ces mots : " Je vous dis le ban de N. S. J. C. et de Louis, roi de France, son sergent, " — Chateaubriand (1768-1848)

  2. Ban de mariage, ou simplement ban, publication de mariage qui se fait solennellement à l'église paroissiale par trois dimanches consécutifs.

    M. de Rennes donna deux bans — Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Terme de féodalité. Convocation des vassaux directs du roi pour le service militaire. Le corps même de la noblesse ainsi convoqué. Le ban et l'arrière-ban, service militaire des fiefs et des arrière fiefs. Dans le langage actuel, et en parlant de milice ou de garde nationale, ban est la partie la plus valide de la population, et arrière-ban la réserve composée des citoyens plus âgés, et qui ne doivent prendre les armes que dans les moments de péril. Fig. Convoquer le ban et l'arrière-ban, s'adresser à tous ceux dont on peut espérer du secours.

    Il ne levait de ban Que pour tirer quatre fois l'an Au blanc — BERANG.

  4. Four à ban, moulin à ban, ou four banal, moulin banal, four, moulin, etc. dont les gens qui étaient dans une seigneurie étaient obligés de se servir, en payant une redevance au seigneur.

  5. Sentence qui exclut, et, en particulier, bannissement. Garder son ban, ne pas revenir aux lieux d'où l'on a été exilé. Rompre son ban, revenir au lieu où l'on n'a pas la permission de résider. Mettre un prince, une ville au ban de l'empire, se disait, dans la Constitution de l'empire germanique, pour les déclarer déchus de leurs priviléges.

    Le ban qui a mis l'exilé hors de son pays, semble l'avoir mis hors du monde — Chateaubriand (1768-1848)

    La loi le condamne à mort [l'exilé], pour avoir rompu son ban — Chateaubriand (1768-1848)

  6. Amende.

    Le comte et les envoyés du roi pouvaient faire payer aux vassaux le ban, c'est-à-dire une amende — Montesquieu (1689-1755)

  7. Chef d'un banat, titre de certaines provinces, telles que la Croatie.

    Ragotzi épousa Hélène, fille de Pierre, vice-roi ou ban de Croatie — Saint-Simon (1675-1755)

Étymologie : Provenç. ban ; espagn. et ital. bando ; bas-lat. bannum, de l'allemand. Le haut allemand bannan se présente aussitôt ; mais Diez remarque que bannan aurait donné, dans les langues romanes, banner, bannare, et non bannir, bandire, qu'il rattache au gothique bandvjan, banvjan, désigner, signifier ; mais il est obligé de supposer que le v du gothique manquait dans le dialecte allemand qui a fourni bannir. Notons que le gaélique a aussi bann, de sorte que le radical pourrait avoir subi une influence autre que celle de la forme germanique. Notons aussi que, à côté de bannire, à beaucoup près le plu

Historique : XIIe s. Parmi cele ost faites un ban crier Charles li rois fit faire et son ban et son cri À dan Randulf del Broc l'aveit ainz comandé, E encontre cels furent par ban tut assemblé Dunc comanda li reis, e fist par ban crier Qu'um laissast quitement lui e les suens aler Tut lur aveir aureit tresqu'à un sul denier Li reis ; car pur ço out cest ban fait nuncier, Que li clerc saint Thomas n'osouent repairier XIIIe s. Et me sires Loeys feist crier son ban que nus n'i fourfesit riens, sous la hart Et la mesenge li escrie : Renart, cist bans est tost brisiez De la pais que me disiez Vos feïstes le ban…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Proclamation pour ordonner ou défendre quelque chose. Le général fit publier un ban pour défendre aux soldats de s’éloigner du camp. Il a vieilli.

  2. Battre un ban, le ban, Battre la caisse d’une certaine manière pour annoncer qu’il va être fait quelque proclamation ou quelque annonce.

  3. Ban de vendange, Publication du jour où la vendange devait s’ouvrir. On disait de même Ban de fauchaison, ban de moisson.

  4. Ban de mariage. Proclamation à l’église et publication par voie d’affiches à la porte de la mairie d’une promesse de mariage entre deux personnes. Le premier, le second ban. Publier des bans. La publication des bans. Dispenser des bans. Payer les bans.

  5. Il signifiait aussi Convocation que le suzerain faisait de la noblesse pour le servir à la guerre, soit en personne, soit par un certain nombre de gens armés, dans la proportion du revenu et de la qualité de chaque fief.

  6. Il s’est dit aussi, et plus ordinairement, du Corps même de la noblesse qui pouvait être ainsi convoqué. Dans cette acception, on ne l’emploie guère sans le rapprocher de l’expression Arrière-ban. Pour se tirer d’affaire il dut convoquer le ban et l’arrière-ban de ses amis. Le ban se rapportait aux fiefs et l’arrière- ban aux arrière-fiefs.

  7. Le ban et l’arrière-ban s’est dit quelquefois de la Division en deux classes de la population virile d’un pays : l’une, composée des habitants les plus valides, prend les armes en certaines occasions; et l’autre, formée des plus âgés, ne se lève que dans les grands périls de l’état, pour seconder la première.

  8. Fig. et fam., Convoquer le ban et l’arrière- ban, S’adresser à tous ceux dont on peut espérer du secours, quelque appui, pour le succès d’une affaire. Pour se tirer d’affaire, il dut convoquer le ban et l’arrière-ban de ses amis. Il signifie aussi Faire une convocation générale de certaines personnes. Il a réuni le ban et l’arrière-ban de ses relations.

  9. Four à ban, moulin à ban, etc. Four, moulin, etc. à l’usage duquel un seigneur avait droit d’assujettir par proclamation ceux qui étaient dans l’étendue de sa seigneurie. On dit plus communément Four banal, moulin banal, etc.

  10. Il signifiait aussi Exil imposé à quelqu’un par proclamation. Il a gardé ce sens dans être en rupture de ban qui se dit d’un Individu placé sous la surveillance de la haute police et qui, étant dans l’obligation de rester dans la circonscription territoriale qui lui a été assignée comme résidence, revient dans les lieux où tout séjour lui a été interdit.

  11. Mettre un prince au ban de l’Empire, dans l’ancienne Constitution germanique, Le déclarer déchu de ses dignités, droits et privilèges, et le proscrire. En 1706, l’électeur de Bavière fut mis au ban de l’Empire par la diète de Ratisbonne. On disait dans un sens analogue Mettre une ville au ban de l’Empire, au ban impérial.

  12. Fig., Mettre quelqu’un au ban de l’opinion publique, Le déclarer, le proclamer indigne de toute considération.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (3)
  • bani — pluriel
  • bans — pluriel — /bɑ̃/
  • ban — singulier — /bɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ban#8254.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.