bagatelle

bagatelle

nom, féminin, /baɡatɛlə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Objet de peu de prix ou inutile. Je lui redevais une bagatelle. Mille francs, une bagatelle pour un homme aussi riche.

    Il ne lui manque aucune de ces curieuses bagatelles que l'on porte sur soi, autant pour la vanité que pour l'usage — La Bruyère (1645-1696)

    Tu n'as pas eu le courage de donner la moindre bagatelle à ta maîtresse — Antoine Hamilton (1646-1720)

  2. Chose frivole, sans importance. Il se fâcha pour une bagatelle. Dire des bagatelles. S'amuser à des bagatelles.

    À quelles bagatelles ai-je perdu tout mon temps ! Ce qu'elle vous veut dire est une bagatelle — Pierre Corneille (1606-1684)

    Voilà le fait ! c'est une bagatelle — Regnard (1655-1709)

  3. Absolument, la bagatelle, les frivolités agréables qui occupent le monde. S'amuser à la bagatelle, s'occuper de choses futiles et sans intérêt. Elliptiquement, et comme expression de dédain. Bagatelle que tout cela.

    Jusque-là qu'en votre entretien La bagatelle a part ; le monde n'en croit rien — La Fontaine (1621-1695)

    Ce n'est pas que souvent on ne connaisse la bagatelle et le néant de tout cela [le monde et ses engagements] — Bourdaloue (1632-1704)

  4. Composition légère. Lisez cette bagatelle ; elle est d'un homme d'esprit.

  5. Amourette, galanterie. On ne peut rien faire de ce jeune homme ; il n'aime que la bagatelle. Ne pas s'amuser à la bagatelle, pousser les choses plus loin que la simple galanterie. Ce sont les bagatelles de la porte, se dit de choses sans importance et auxquelles il ne faut pas s'arrêter.

    Je ne croirai jamais qu'elles s'offensent de ce qu'on quitte un peu la bagatelle — Antoine Hamilton (1646-1720)

    Maman dirait : craignez les bagatelles ! Le diable est fin, tremblez, Suzon — Béranger (1780-1857)

Étymologie : Ital. bagatella, tour de bateleur, bagatelle ; espagn. bagatela ; bas-latin bagattire, dire ou faire des bagatelles. Diez suppose qu'il vient, par quelque diminutif, du bas-lat. baga, bagues, bagage, de sorte que bagatelle signifierait une petite chose qu'on possède.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Chose de peu de prix et peu nécessaire. Il dépense tout son argent en bagatelles. Il m’a fait présent de quelques bagatelles.

  2. Il signifie, au figuré, et plus ordinairement, Chose frivole et de peu d’importance. Il ne s’amuse qu’à des bagatelles. Il ne dit, il ne conte que des bagatelles. La moindre bagatelle suffit pour le divertir.

  3. S’amuser à la bagatelle, S’occuper de toute autre chose que de ses devoirs.

  4. Fam., Aimer la bagatelle, ne songer qu’à la bagatelle, N’être occupé que d’amourettes.

  5. Il se dit, par extension, des Choses qui n’ont pas toute l’importance, toute la gravité qu’on leur suppose. Vous voilà bien embarrassé pour une bagatelle. Ils se sont brouillés pour une bagatelle. Ma blessure n’est qu’une bagatelle en comparaison de celle qu’il a reçue.

  6. Les bagatelles de la porte se dit de la Parade qui se fait à la porte des spectacles forains pour engager le public à entrer. Fig., S’amuser aux bagatelles de la porte, S’amuser, s’attarder à des choses accessoires au lieu de faire les principales.

  7. Il s’emploie absolument, et par forme d’exclamation, pour exprimer le Doute, l’incertitude, ou pour marquer le Peu de cas que l’on fait d’une menace. Il prétend qu’il me fera un procès : bagatelle! Il me maltraitera, dites-vous : bagatelle!

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • bagatelles — pluriel — /baɡatɛlə/
  • bagatelle — singulier — /baɡatɛlə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée bagatelle#7970.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.