Littré (1873)
s. m. et f.
Qui s'arrête à considérer tout ce qui lui semble nouveau. Les badauds de Paris, locution qui vient de ce que, à Paris comme dans les grandes villes, une foule s'amasse rapidement autour de quoi que ce soit.
Tu seras des badauds en passant adoré — Mathurin Régnier (1573-1613)
L'espoir qui le domine, C'est, chez son vieux portier, De parler de la Chine Aux badauds du quartier — Béranger (1780-1857)
Étymologie : Berry, bader, bavarder ; wallon, bada, femme étourdie, évaporée ; provenç. badau, niaiserie, badoc, badin, badaul, baduel, niais. Ce mot, qui paraît n'être entré dans le français que tard, vient du provençal ; le provençal se rattache à un mot bas-latin, badare ou batare, qui signifie bâiller. Aller plus loin est difficile. Il y a dans le celtique : cornwall. badus, lunatique, bas-breton, bad, stupeur, étourdissement ; gaél. baodh, baoth, bâth, stupide, vain ; mais ces mots ne répondent pas à la signification primitive de badare, qui signifie bâiller.
Historique : XVIe s. Car j'entends que plusieurs badaux S'en vont disant : ce n'est qu'ivrognerie Que les vaux-de-vire nouveaux Reputez grands badaux, et caillettes, sots en latin et en françois, de l'avoir enduré Le fort de Gournay, qu'on appelle maintenant bridebadaut Et ainsi le pauvre badaut de village s'en alla quitte....
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).