avocat

avocat

nom, masculin, /avɔka/ ou /avoka/

Voir aussi : forme féminine avocate

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) · 1877 (1 sens, 🟢 1 nouveau) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Celui dont la profession est de plaider en justice. Avocat plaidant, celui qui s'occupe particulièrement de plaidoiries. Avocat consultant, celui qui donne des conseils dans son cabinet, et des avis écrits sur les affaires litigieuses. Avocat du roi, avocat de la république, avocat impérial, qualification que, dans l'usage des tribunaux, on donne, à l'audience seulement, aux substituts du procureur du roi ou du procureur impérial. Avocat général, avant 1789, membre du ministère public près des cours supérieures qui portait la parole ; on disait le procureur général a la plume, l'avocat général a la plaidoirie. Depuis 1810, titre des substituts du procureur général près la cour de cassation, ou de certains substituts des procureurs généraux près les cours impériales, et donné dans l'usage à tous les substituts du procureur général lorsqu'ils siégent, lorsqu'on leur parle ou lorsqu'on parle d'eux. Les avocats généraux sont hiérarchiquement supérieurs aux simples substituts ; mais les fonctions sont les mêmes.

    Un avocat savant et estimé est certainement au-dessus de ceux qui ont acheté pour un peu d'argent le droit d'être injustes ; un tel avocat serait un excellent conseiller ; mais où est le conseiller qui serait un bon avocat ? — Voltaire (1694-1778)

    La fonction de l'avocat est pénible, laborieuse, et suppose dans celui qui l'exerce un riche fonds et de grandes ressources — LABRUY.

  2. Fig. Intercesseur. Il ne faut pas se faire l'avocat de l'injustice.

    Il a fini par être l'avocat bavard de la superstition — Voltaire (1694-1778)

    Ils n'étaient que des avocats subtils et véhéments de la plus mauvaise de toutes les causes — Voltaire (1694-1778)

  3. L'avocat du diable, celui qui propose les objections dans une conférence religieuse, et, en général, celui qui défend une chose peu digne d'être défendue. Avocat de Ponce Pilate, avocat sans causes, à cause des paroles de Ponce-Pilate : non invenio causam. Jeu de l'avocat, jeu de société en dialogue.

Étymologie : Bourguig. aivocar ; provenç. avocat, advocat ; espagn. abogado ; portug. advogado ; ital. advocato ; de advocatus, de ad, à, et vocatus, appelé : celui qui est appelé au secours ; de vocare, de vox (voy. VOIX). Avocat est un mot fait dans le XIIe siècle sur advocatus, qui avait donné, dans le français primitif, avoué.

Historique : XIIe s. [Un roi] Dulz, charitables e gentils, Juz [juste], avocaz de sainte Eglise La cruiz arcevesqual fist porter à sa destre, Et la reisgne del frein tint en la main senestre ; Fait out sun avocat de Jesu-Crist sun mestre XIIIe s. Et bien saciés de voir que li doi meillour avocat de la court [de Rome] par qui vous esploiterés plus tost de vostre besoigne aciever, c'est ors et argens Mes s'il sunt advocat por eus En la cause as fins amoreus Et cil qui parolent pour autrui sont apelé avocat Lors se font avocas, qu'il n'ont d'autre recors, Et s'en vont en enfer tout droit plus que le cors Mout…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré — Supplément (1877) — entrée 2

s. m.

  1. 🟢 Fruit de l'avocatier.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Supplément — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Celui qui fait profession de défendre des causes en justice. Avocat fameux, célèbre, éloquent. Savant avocat. Avocat à la Cour d’appel de Paris, à la Cour de Cassation. Plaider par avocat. Votre avocat a bien plaidé.

  2. Avocat plaidant, Celui qui s’adonne principalement à la plaidoirie.

  3. Avocat consultant. Voyez

  4. CONSULTANT.

  5. Avocat général, Membre du ministère public qui porte la parole dans l’intérêt de la loi et de l’ordre public devant une Cour supérieure.

  6. Fam., Avocat sans causes, Avocat qui ne trouve pas de causes à plaider.

  7. Fig. et fam., Avocat du diable, Celui qui propose les objections, dans une conférence, sur quelque point de doctrine ou de morale religieuse. à Rome, on appelle ainsi Celui qui, dans une cause de canonisation, est chargé de combattre les motifs donnés par ceux qui demandent la canonisation.

  8. Il se dit figurément de Celui qui intercède pour un autre, qui en soutient, qui en défend les intérêts auprès de quelqu’un. Vous avez en lui un bon avocat. Je serai votre avocat auprès de lui.

  9. Il s’emploie aussi au féminin, Avocate. On compte maintenant d’assez nombreuses avocates au Palais. On dit encore Femme avocat. Fig., Sa mère fut son avocate. On appelle quelquefois la Sainte Vierge L’avocate des pécheurs.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • avocats — pluriel — /avɔka/ ou /avoka/
  • avocat — singulier — /avɔka/ ou /avoka/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée avocat#7562.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.