avare

avare

adjectif, /avaʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui a un désir excessif d'accumuler. Fig.

    Le plus avare homme du monde ne fut jamais si aise que l'on lui fît du bien que je l'ai été de celui que je viens de recevoir de V. M. — Voiture (1597-1648)

    Et quand il n'y aurait qu'un vers heureux à se voler à soi-même, il ne faut rien négliger : les vieillards sont un peu avares — Voltaire (1694-1778)

  2. Avare de, qui n'accorde pas, qui ne prodigue pas. Il est avare de son temps.

    Marius de leur sang eût été moins avare — Voltaire (1694-1778)

    Je me plains seulement de ce pays barbare Qui de six pieds de terre à son prince est avare — Rotrou (1609-1650)

  3. Substantivement. Un vieil avare. Une avare parfaite.

    Un avare idolâtre et fou de son argent, Rencontrant la misère au sein de l'abondance — Boileau (1636-1711)

    Ici près de l'ingrat Se cachent l'imposteur, l'avare, l'homicide — Nicolas Gilbert (1750-1780)

Étymologie : Picard, aver ; provenç. avar ; espagn. et ital. avaro ; de avarus, de avere, désirer.

Historique : XIIe s. Mais or sont-il eschar, chiche et aver XIIIe s. Berte la debonnaire, qui n'eut pensée avere De moi faire assoufrir [elle] n'a point esté avere Vers poure gent n'estiez n'escharse ne avere Car hons avers ne puet conquerre Ne seignorie, ne grant terre ; Car il n'a pas d'amis plenté [quantité], Dont il face sa volenté XVe s. Aies gens hardis et preux.... Non pas avers, convoiteux, Qui ne veulent qu'acquerir Traveillez sont de tant aler ; Si prie Dieu devotement, Qui les conduise à sauvement ; Car ilz n'ont mie estez avers XVIe s. Et lors, courant folatrement par les vergers, faisoient un …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. des deux genres

  1. Qui a un attachement excessif pour l’argent, pour les richesses. Un homme, une femme avare. Il est si avare qu’il se refuse tout. On dit aussi Un caractère avare. Humeur avare.

  2. Prov., à père avare, fils prodigue.

  3. Il signifie au figuré Qui ne prodigue point une chose, qui en est fort ménager. Dans cette acception il se dit souvent en bonne part. être avare de louanges, de ses louanges. Il est très avare de visites. être avare du temps, de son temps. Ce général est avare du sang de ses soldats. Le ciel, la nature, la fortune ne lui fut point avare de ses dons, ne fut point avare de ses dons envers lui.

  4. Il est aussi nom des deux genres. C’est un avare. Une vieille avare. Je n’ai pu rien tirer de cet avare. L’Harpagon de Molière, le père Grandet de Balzac sont deux types de l’avare.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • avares — pluriel — /avaʁə/
  • avare — singulier — /avaʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée avare#7424.

avare

nom, /avaʁə/

Grammaire et formes (2)
  • avares — pluriel — /avaʁə/
  • avare — singulier — /avaʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée avare#7423.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.