autrui

autrui

nom, masculin

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Les autres, le prochain. Remarquant les défauts d'autrui. Exiger la probité chez autrui. La rigueur envers autrui. Souffrir des maux d'autrui. Prendre son cœur par autrui, se mettre à la place des autres. Locution qui vieillit.

    Il est beaucoup de geais à deux pieds comme lui, Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui — La Fontaine (1621-1695)

    De quel front donnerais-je un exemple aujourd'hui Que mes lois dès demain puniraient en autrui ? — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. En termes d'ancienne chancellerie, l'autrui, le droit d'autrui, le bien d'autrui. Sauf en autres choses notre droit et l'autrui en toutes : locution qui était encore d'usage commun au commencement du XVIIe siècle.

    Le monstre infâme d'envie à qui rien de l'autruy ne plaist — Malherbe (1555-1628)

    Qui sans prendre l'autrui, vivent en bons chrestiens — Mathurin Régnier (1573-1613)

Étymologie : Provenç. altrui, autrui ; ital. altrui ; de alter-huic, cet autre, à un cas régime : voilà pourquoi autrui est toujours au régime, et pourquoi autrui est moins général que les autres. Dans la locution de chancellerie l'autrui, il ne faut pas prendre le pour l'article d'autrui ; il y a sous-entendu bien, droit ; le bien, le droit autrui, ce qui, par la vertu du régime dans l'ancienne langue, équivaut à ce que nous dirions : le droit d'autrui.

Historique : XIe s. Si home fait plaie à altre e il doive otrei faire les amendes.... [Il] Ne fait damage ne de mei ne d'altrui Qui traïst home, sei occit et altroi XIIe s. Jamais crerez [croirez] moi ne autrui Se par autrui ne sui avant ocis Que jà à moi [vous] ne faites beau semblant ; Ains le faites autrui pour moi grever Jà par autrui [je] n'i aurai delivrance Autrui [vous] amastes, si [vous] oubliastes nous XIIIe s. N'encor n'avoit fet roi ne prince Meffais qui l'autrui tolt et pince Il ne loist [n'est pas permis] pas à apeler por autrui que por soi, ou que por son lignage, ou por son seigneur lige XV…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée AUTRUI.

autrui

pronom, /otʁɥi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (2 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

Pronom invariable

  1. à sens collectif qui ne s’emploie que comme complément. Les autres personnes, le prochain. Il ne faut pas désirer le bien d’autrui, la femme d’autrui. Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qui fût fait à toi-même. Juger d’autrui par soi-même. Parler par la bouche d’autrui. Vivre, s’amuser aux dépens d’autrui.

  2. Prov., Mal d’autrui n’est que songe, Le mal d’autrui ne nous touche guère.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • autrui — singulier masculin — /otʁɥi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée autrui#7373.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.