Littré (1873)
s. f.
Ce qu'on donne aux pauvres pour les soulager. Mettre à l'aumône, réduire à la mendicité. Fig. On lui a fait l'aumône de quelques éloges. Il dérobe l'aumône aux pauvres, se dit d'un homme qui demande l'aumône par fainéantise.
L'aumône qu'on est obligé de faire — Pascal (1623-1662)
L'obligation de donner l'aumône — Pascal (1623-1662)
Terme de pratique. Autrefois, amende à laquelle on condamnait, en certains cas, ceux qui perdaient leur procès.
En jurisprudence féodale, aumônes fieffées, terres tenues en franche aumône, terres qui relèvent en franche aumône, terres et rentes données à l'Église par le roi ou par quelque seigneur, sans autre obligation que de reconnaître qu'on les tenait de celui qui les avait données.
Étymologie : Picard, amone ; Bourguig. armône ; provenç. elemosina, elimosina, almosna, almorna ; espagn. limosna ; portug. esmola ; ital. limosina ; de eleemosyna, du grec ἐλεημοσύνη, pitié, miséricorde, bienfait, aumône, de ἐλεήμων, miséricordieux, de ἐλεέω, avoir pitié. On voit dans l'historique que aumône avait fini par prendre le sens général de bonne action.
Historique : XIIe s. Puisque mes cuers ne s'en vuet revenir De vous, dame, pour qui il m'a guerpi, Aumone aurez, se'l daigniez retenir Tous li clergés et li home d'eage Qui en aumosne et en bienfais mainront [demeureront] Ço que à saint iglise unt si ancesur duné, En parmenable almosne li unt tut graanté Grant almosne est, fait il, que li fel est ocis ; Ne fu ainc si buens faiz à faire mais enpris XIIIe s. J'iroie ains d'uis en uis mes aumosnes rouver Car me monstrez la voie, si aurez fait aumosne Nulle fillaresse de soie aux grans fuiseaus ne puet ne ne doit ouvrer à jour de feste, ne en quaresme, puis qu…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).