aube
nom, féminin, /obə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) · 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873) — entrée 1
s. f.
Premier blanchissement de l'horizon, au point du jour. L'aube du jour, l'aube matinale ou simplement l'aube. Terme de pêche. Sardines d'aube, sardines que l'on prend à la pêche du matin. L'aube des mouches, l'heure de midi.
Et du temple déjà l'aube blanchit le faîte — Jean Racine (1639-1699)
Terme de marine. Le temps qui s'écoule entre le souper de l'équipage et le moment où se prend le premier quart.
Étymologie : Provenç. et espagn. alba ; portug. alva ; ital. alba ; de albus, blanc (voy. ALBUM).
Historique : XIe s. Par main [matin] en l'albe, si com li jurz esclaire XIIe s. En mer se mettent quand l'aube est esclarée Peu ai-je eü, En la chambre [de ma dame], de joie ; Trop m'a neü [nui] L'aube qui me guerroie Si cume la clarted de l'albe est bele et clere, quant li soleilz lieved par matin XIIIe s. Devant l'aube aparant, ains qu'il fut ajourné Renart conmence à apeler [le loup], Qu'ileuques ne volt plus ester, Que jà estoit l'aube crevée Tu ies.... Aube qui le jor nos amainne Aussi comme l'aube du jour aparoit, nous nous atirames [préparâmes] de touz poins XVe s. À l'aube du jour XVIe s. Dès l'aub…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
s. f.
Long vêtement de toile blanche que portent les prêtres dans les cérémonies.
L'aube offre de douces consonnances avec les idées religieuses — Chateaubriand (1768-1848)
Étymologie : Provenç. et espagn. alba ; de albus, blanc (voy. ALBUM).
Historique : XIIe s. Dunc s'esteit desparé de l'aube senz delai ; En chape e en surpliz remist [resta].... XIIIe s. Et puis après, l'aube qui est purement blanche, qui senefie virginité De la cité s'en ist l'eschiele de clergie [la troupe des clercs], Revestu de lor aube, bien çaint et haubergie
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 3
s. f.
Planche fixée à la circonférence d'une roue de moulin à eau, et sur laquelle s'exerce l'action du liquide. Les roues des bateaux à vapeur ont aussi des aubes appelées à tort ailes, pales et vannes.
Étymologie : Aube, en ancien français, veut dire bois blanc ; de là le nom des aubes de moulin, qui sont en bois blanc ; de albus, blanc (voy. ALBUM).
Historique : XIIIe s. Cil qui le tient à louage [le moulin], doit livrer quevilles, fusiax, aubes et teles cozes menues Se li mestre qui gardent le mestier treuvent arçon mauvès, c'est à savoir aube, il doivent le aube faire taillier hors nettement Fuz qui soient bon et loial à faire leur mestier, c'est à savoir de fin cuer de chaisne sans aube, de perier, d'alieret d'erble
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Moment où la lumière du soleil levant commence à blanchir. L’aube du jour. Je me suis levé dès l’aube. Se lever avant l’aube. Fig., L’aube d’une ère nouvelle. L’aube de la guérison, de la victoire. L’aube de la délivrance.
Par analogie, il se dit d’un Vêtement ecclésiastique de toile blanche serré aux reins par un cordon et que les officiants mettent pour célébrer la messe. Vêtir une aube. Ceindre une aube.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- aubes — pluriel — /obə/
- aube — singulier — /obə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée aube#7021.