attraction

attraction

nom, féminin, /atʁaksjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action d'attirer, force qui attire. Dans le langage de Fourier, auteur d'un système socialiste, les attractions, les penchants qui entraînent chacun vers un emploi particulier.

    L'attraction paraît adhérente à la matière — BERN. DE S. P.

    Son immense ennui, son agitation [de la foule] M'entraînent faible et seul dans son attraction — Lamartine (1790-1869)

  2. En astronomie, tendance que les corps célestes paraissent avoir à s'attirer les uns les autres en raison directe des masses et inverse du carré des distances, sans qu'il existe en eux ou autour d'eux rien de sensible à quoi on puisse rapporter cette tendance. En physique, attraction moléculaire, celle qui ne se manifeste que de molécule à molécule. Attraction locale, déviation que peuvent causer aux aiguilles aimantées les objets en fer que contient un bâtiment.

    À quelque point que cet honneur [être élu par la Société royale de Londres] le flattât, il ne le séduisit pourtant pas en faveur des attractions, abolies, à ce qu'on croyait, par le cartésianisme, et ressuscitées par les Anglais, qui cependant se cachent quelquefois de l'amour qu'ils leur portent — Fontenelle (1657-1757)

  3. Terme de grammaire. Changement d'une lettre par l'effet de sa voisine ; par ex. ce mot attraction est pris du latin attractio, formé de ad et tractio ; le d de ad a été changé en t à cause du t suivant. Dans la grammaire grecque, figure de syntaxe, par laquelle le relatif est mis au même cas que son antécédent ou mieux est attiré au cas de son antécédent, bien que le rôle qu'il a dans la phrase lui impose un cas différent.

Étymologie : Provenç. atraccio, atractio ; espagn. atraccion ; ital. attrazione ; de attractionem, de attrahere (voy. ATTRAIRE).

Historique : XIIIe s. Ces choses estoupent les voies par le [la] grant atration que li foies en fait XVIe s. Partie des finances refluent après à Rome, par une certaine cabale occulte, et en la Germanie par des attractions violentes Agitation et motion continuelle est cause d'attraction

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action d’attirer. L’attraction du fer par l’aimant. Le vice exerce sur les esprits faibles une redoutable attraction. L’attraction que Paris exerce sur les étrangers.

  2. Il désigne aussi Ce qui attire, notamment les spectacles, les divertissements, etc. Rien ne séduit les étrangers autant que les attractions de Paris.

  3. En termes d’Astronomie, Attraction newtonienne, La tendance que, suivant Newton, les corps célestes ont à s’attirer les uns les autres en raison directe des masses et en raison inverse du carré des distances. On dit quelquefois absolument L’attraction, dans le même sens. Le système de l’attraction.

  4. En termes de Physique, il se dit de l’Action mutuelle que tous les corps sont supposés exercer les uns sur les autres. Attraction moléculaire, Attraction qui ne se manifeste que de molécule à molécule.

  5. En termes de Grammaire, il se dit de la Modification d’une lettre ou d’une tournure par l’influence d’une lettre ou d’une tournure voisine.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • attractions — pluriel — /atʁaksjɔ̃/
  • attraction — singulier — /atʁaksjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée attraction#6964.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.