assaut
nom, masculin, /aso/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m.
Attaque de vive force sur une ville, un poste, etc. Monter à l'assaut. Donner l'assaut à une ville. Livrer à une place un assaut furieux. Un assaut général. Emporter d'assaut. Repousser les assauts.
Condé fut pris d'assaut la nuit de samedi à dimanche — Mme de Sévigné (1626-1696)
Les glorieux assauts de plus de cent murailles — Pierre Corneille (1606-1684)
Fig. Les assauts de la tempête. Être en butte aux assauts de l'adversité. Emporter la place d'assaut, réussir promptement ou brusquement, grâce à l'adresse ou à l'insistance qu'on met.
Ce n'est qu'en ces assauts qu'éclate la vertu — Pierre Corneille (1606-1684)
Tous les assauts que sa rigueur me livre — Pierre Corneille (1606-1684)
Sollicitation vive et pressante. Il sera difficile que le ministre résiste à tant d'assauts.
Quel courage endurci Soutiendrait les assauts qu'on lui prépare ici ? — Jean Racine (1639-1699)
Mille assauts qu'on livre à son innocence — Massillon (1663-1742)
Terme d'escrime. Exercice au fleuret. Fig. Faire assaut, lutter à qui fera le plus ou le mieux une chose. Ils semblaient faire assaut de lamentations. Faire assaut de bassesses. Les citoyens faisaient assaut de zèle. Dans cet assaut de passions avides.
Après trois mois de leçons, je tirais encore à la muraille, hors d'état de faire assaut — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Les beautés faisaient assaut de grâces et d'attraits — Antoine Hamilton (1646-1720)
Étymologie : Bourguig. aissau ; provenç. assalh, assaut ; catal. assalt ; espagn. asalto ; ital. assalto ; du bas-lat. assalire, assaillir (voy. ce mot). Dans l'ancien français, au nominatif singulier, asals, asaus ; au régime, asalt, asaut.
Historique : XIe s. Ancui [nous] rendrons à paiens cest asalt XIIe s. Qu'il ait al tierz asalt le triumphe plenier XIIIe s. Einsi dura li assaus par cinc jors Cil nous assaut et nuit et jor ; Li siens assaus est sanz sejor XIVe s. .... S'elle [la ville] est de bonne gent garnie, D'engiens et d'autre artillerie ; Car se de ce avoit deffaut, On la porroit penre d'assaut XVe s. Et envoya grans garnisons en Cambresis ; car il pensoit bien que de ce costé il auroit premierement assaut XVIe s. Anciennement on disoit qu'il falloit fuir un assaut de cent lieues et cercher une bataille de cent Il lui envoia Fronten…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Attaque pour emporter de vive force une ville, une place de guerre, une position, etc. Assaut vigoureux. Assaut général. Aller à l’assaut. Monter à l’assaut. Donner, livrer un assaut, plusieurs assauts. Repousser un assaut. Les assiégeants furent repoussés à l’assaut. Prendre, emporter une place d’assaut. Soutenir un assaut. Soutenir l’assaut.
Il signifie figurément Action de tout ce qui assaille ou attaque avec violence. Les assauts de la tempête. Ce malade éprouvera encore quelques assauts de son mal. Sa fortune a essuyé un rude assaut.
Il se dit particulièrement de Toute sollicitation vive et pressante. J’ai soutenu plusieurs assauts pour cette affaire. On m’a livré plusieurs assauts pour m’obliger à cela. Résister aux assauts des passions, de la tentation.
En termes d’Escrime, il se dit d’un Simulacre de duel où l’on ne se bat qu’avec des armes (fleurets ou épées) mouchetées. Il y aura un assaut public dans la salle de ce maître d’armes. Faire assaut avec le prévôt d’une salle d’armes. Un assaut d’armes. On dit aussi Assaut de sabre, de boxe, etc.
Fig., Faire assaut de, Lutter à qui l’emportera. Faire assaut de luxe, de toilette, d’éloquence, de savoir, d’esprit, de flatteries, etc.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- assauts — pluriel — /aso/
- assaut — singulier — /aso/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée assaut#6419.