as
nom, masculin, /as/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Carte marquée d'un seul point. Familièrement et fig. As de pique, mauvaise langue. Quelques-uns voient dans cette locution une altération d'aspic.
S'écrier sur un as mal à propos jeté — Boileau (1636-1711)
Houel et Jeanfin avaient un démon familier qui leur donnait toujours des as quand ils jouaient aux cartes — Voltaire (1694-1778)
Le côté du dé marqué d'un seul point.
Au jeu de dominos, la moitié qui n'a qu'un point.
Chez les Romains, l'as était une monnaie de cuivre, et désignait aussi un point seul marqué sur un des côtés du dé.
As qui court, jeu de cartes où il faut se débarrasser de l'as avant que le tour soit fini. As percé, à la bouillotte, as qui est le seul de sa couleur. As percé est sans doute l'italien asso per se, as qui est tout seul ; il serait bon de l'écrire per-sé.
Étymologie : Provenç. et espag. as ; portug. az ; ital. asso ; du latin as, assis, qui, ayant fini par signifier l'unité en différentes mesures, finit aussi par exprimer le point seul marqué sur un dé ou une carte. On donne deux étymologies de ce mot : 1° le latin as ou aes, cuivre, parce que l'as était une monnaie de cuivre ; 2° le grec εῖς, un, en dorien αἴς ou ἄς.
Historique : XIIe s. Li dé serunt mult tost sur ambes as turné, Qui unt esté sovent sur sines ruelé .... L'apostolies [le pape] ert [était] de la guerre tut las, N'eut de tut Engleterre qui valsist un seul as XIIIe s. Pierres ! veus tu oïr novele ? Or est tornée ta rouele, Or t'est-il cheü ambes as ? [On encortine une rue] Pour miex plaire, quand rois vient à Arras, Et mieulz doit on amer le sis que l'as XIVe s. [Je] Conquerrai forteresses et chasteaux hauts et bas Sur la terre du prince que je n'aime deux as XVIe s. Il fu condemné par contumace en l'amende de mille asses de monnoy romaine
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Point ou Signe marqué sur un des côtés d’un dé ou sur une carte. As de pique, de coeur, etc. à certains jeux de cartes, l’as vaut un ou onze, au gré des joueurs.
Il a pris, dans la langue familière, le sens de Celui qui a une supériorité incontestée dans une science, un art, un métier ou un sport. As de l’aviation. C’est un as, l’as des as.
Il se disait, chez les Romains, d’une Monnaie de cuivre dont le poids et la valeur varièrent dans les différents temps. à l’époque de Cicéron l’as valait environ six centimes de notre monnaie.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- as — forme de base — /as/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée as#6240.