Littré (1873)
adv.
Exprimant qu'on rejette loin, bien loin. Arrière de moi, Satan.
Arrière ceux dont la bouche Souffle le chaud et le froid — La Fontaine (1621-1695)
Arrière tout respect, forçons toute contrainte, Sa menace accroît plus ma fureur que ma crainte — Rotrou (1609-1650)
En termes de marine, vent arrière, vent qui souffle droit dans la poupe.
Toujours le vent arrière, quelle bénédiction ! — CHOISY
S. m. En termes de chasse, prendre les arrières, rechercher dans un défaut, avec les chiens, la voie de l'animal, en reprenant en arrière le chemin qu'il a suivi. Prendre les grands arrières, continuer ses recherches plus loin.
La partie postérieure d'une chose. L'avant et l'arrière d'une charrette. On a trop chargé l'arrière. Terme de marine. La moitié de la longueur d'un bâtiment, depuis le grand mât jusqu'à la poupe.
En arrière, loc. adv. Marquant un mouvement vers le côté qui est derrière. Il fit un pas en arrière. Se renverser en arrière. Derrière et à une certaine distance. Il est resté bien loin en arrière. Il le loue en sa présence et le déchire en arrière, c'est-à-dire quand il est absent. En retard. Il ne s'est pas mis au courant de son travail, il est en arrière. Ce fermier est en arrière pour ses payements.
Vous les auriez vus tous, retournant en arrière, Laisser entre eux et nous une large carrière — Jean Racine (1639-1699)
Vous, dès que cette reine ivre d'un fol orgueil.... Ne pourra plus retourner en arrière — Jean Racine (1639-1699)
En arrière de, loc. prép. Sur un plan plus reculé. La cavalerie fut placée en arrière d'un bouquet de bois. Hors de la présence de quelqu'un. Souvent on parle en arrière des gens autrement qu'en leur présence. Fig. En retard. Ce jeune homme est en arrière de ses camarades. Ces gens-là sont en arrière de leur siècle.
Étymologie : Berry, rière, en airière ; génev. et picard, errière ; bourguig. areire ; wallon, èri ; provenç. areire, arreire, areyre, areires ; catal. arreira ; de ar pour ad, et retro, arrière.
Historique : XIe s. Li naïfs [le serf natif] qui departet de la terre, nuls nel retenge [retienne], anz le faut venir arere à faire soun servise Regarde arere, veit le glouton gesir XIIe s. Arrier [il] se trait demie arbarestrée Arriere [ils] tornent tost et isnelement Je ne m'en puis partir ne traire ariere Atant se regarda li dux Miles arrier Mais erriere s'en aillent, ainsi com sont venu Li messagier le rei.... Muntent en lur chevals, ariere se sunt mis XIIIe s. Seur ce, s'en parti li messages et s'en ala arrieres à l'empereour en Constantinoble Einsi reviendrent arrieres en l'ost, et ala chascuns à sa …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).