arrêter
verbe, /aʁɛte/ ou /aʁete/
Définitions
Interrompre le mouvement, la marche ou le fonctionnement de quelqu'un ou de quelque chose.
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Cesser de pratiquer une activité ou d'entretenir une habitude.
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Appréhender une personne et la priver de liberté au nom de la loi.
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Fixer définitivement une décision, une date ou un choix.
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Voir aussi : donne s'arrêter
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (22 sens) — Académie 1935 (17 sens)
Littré (1873)
v. a.
Empêcher d'avancer, de marcher, retenir. Arrêter un vaisseau. La flotte était arrêtée par le mauvais temps. La foule l'arrêta quelque temps à son entrée. Le retranchement arrêta l'ennemi. Il faut arrêter la pendule, pour la remettre à l'heure.
Dans la première enceinte il arrête ses pas — Voltaire (1694-1778)
Ne partais-je pas, Si Titus, malgré moi, n'eût arrêté mes pas ? — Jean Racine (1639-1699)
Empêcher, en parlant des personnes et des choses. Chaque jour quelque chose m'arrête. On fut arrêté par la lettre du préfet. Que cela ne vous arrête pas. Aucune considération ne peut l'arrêter (l'empêcher d'agir comme il l'a résolu). Le chirurgien arrêta le sang qui coulait. Arrêter le feu ou l'incendie. Arrêter avec un infinitif.
La difficulté qui arrêtait le roi — Fénelon (1651-1715)
Ton insolent amour, qui croit m'épouvanter, Vient de hâter le coup que tu veux arrêter — Jean Racine (1639-1699)
Maintenir, attacher, fixer. Les objets légers sont arrêtés par des poids. Arrêter ses regards sur quelque chose. Arrêtez ce volet que le vent fait battre. Arrêter un point en cousant, faire un nœud au bout d'une couture, pour que le fil n'échappe pas. Rien ne peut arrêter cet esprit frivole.
Arrêter les âmes les plus résolues et les moins nées à la servitude, faire naître en elles un amour qui.... — Voiture (1597-1648)
Pensez-vous qu'oubliant ma fortune passée, Sur ma seule grandeur j'arrête ma pensée ? — Jean Racine (1639-1699)
Régler, déterminer, décider, résoudre. Arrêter le prix du blé. On arrêta le lieu du rendez-vous. Il a été arrêté qu'on se réunirait chez vous. Arrêter un compte, le régler d'une manière définitive. Arrêter un marché, le conclure.
Le ciel et Mahomet ainsi l'ont arrêté — Voltaire (1694-1778)
En termes de peinture ou de composition littéraire, fixer les contours, les masses, les parties principales. Arrêter une esquisse.
Saisir quelqu'un, le faire prisonnier. Il fit arrêter le chef. La police arrêta les perturbateurs.
Quelle cause les fit arrêter [le prince de Condé et son frère] ? Si ce fut ou des soupçons ou des vérités ou de vaines terreurs, qui le pourra dire à la postérité ? — Bossuet (1627-1704)
S'assurer par précaution de quelqu'un ou de quelque chose. Arrêter un cuisinier. J'avais arrêté un logement.
Avez-vous arrêté un logis ? — Molière (1622-1673)
Si tu veux me servir, je t'arrête avec moi — Molière (1622-1673)
Interrompre quelqu'un. Il m'arrêta là-dessus. En cet endroit il arrêta l'orateur.
Léandre, arrêtez là ce discours importun — Molière (1622-1673)
Terme de chasse. Le chien a arrêté une compagnie de perdrix : il en a indiqué la présence en s'arrêtant, et il les tient immobiles devant lui. Absolument. Ce chien arrête mal.
Qu'importe qu'il ait des chiens qui arrêtent bien ? — La Bruyère (1645-1696)
Arrêter, exercer le vol sur les routes. Des voleurs ont arrêté la diligence. Ce voyageur a été arrêté. Absolument. On arrête sur cette route.
En termes d'agriculture, couper la sommité d'une tige ou d'une branche, pour y suspendre la végétation.
En termes judiciaires, saisir-arrêter, faire une saisie-arrêt ou opposition. ARRÊTER, v. n.
Cesser de marcher, faire halte. Nous arrêtâmes plusieurs jours à Bordeaux. En parlant d'une voiture qu'on arrête.
Car pour moi j'ai certaine affaire Qui ne me permet pas d'arrêter en chemin — La Fontaine (1621-1695)
En arrivant je fis arrêter à la grille — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Demeurer dans un lieu.
Je ne puis arrêter Qu'un temps fort court, un mois, peut-être une semaine — La Fontaine (1621-1695)
Autant qu'il vous plaira, vous pouvez arrêter [rester], Madame, et là-dessus rien ne vous doit hâter — Molière (1622-1673)
Insister sur.
Mais moi, mon jugement, sans qu'aux marques j'arrête, Fut qu'il n'était que cerf à sa seconde tête — Molière (1622-1673)
Cesser de parler, d'agir. Il n'arrête pas, il marche sans cesse, il travaille sans cesse.
Ces paroles Firent arrêter l'autre ; il recula d'un pas — La Fontaine (1621-1695)
Qu'on arrête, dit-il ; le premier coup m'est dû — Pierre Corneille (1606-1684)
En termes de manége, arrêter et rendre, faire des demi-temps d'arrêt.
En termes d'escrime, prendre un coup d'arrêt. S'ARRÊTER, v. réfl.
Suspendre sa marche. Cesser d'aller. Ma montre s'est arrêtée. Demeurer, se fixer. Fig. Ses regards ne s'arrêtaient en aucun endroit. Les suffrages ne s'arrêtèrent pas sur le plus digne. Familièrement. S'arrêter en beau chemin, renoncer à une entreprise dont le succès paraît assuré. Perdre le temps, s'amuser. Il s'arrête à tous les coins de rue. Interrompre un voyage. Nous nous sommes arrêtés quinze jours à Genève.
L'un et l'autre rival, s'arrêtant au passage, Se mesurent des yeux — Boileau (1636-1711)
Chez ces gens pour toujours il se fût arrêté — La Fontaine (1621-1695)
Cesser d'agir. Cesser de parler. Il s'est brusquement arrêté au milieu de son récit.
Arrêtez-vous, seigneur, et d'une âme apaisée Souffrez que je vous livre une vengeance aisée — Pierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Bourguig. érétai ; Berry, airter, airreter ; picard, arter ; provenç. arrestar, arestar ; ital. arrestare ; de ad, à, et restare, rester, c'est-à-dire faire rester, et non, comme le veulent quelques étymologistes, de l'allemand Rest ou Rast, repos. Une petite particularité vient en confirmation de ce qui est établi d'ailleurs : on trouve dans l'ancien français ce verbe conjugué parfois irrégulièrement, arresteü au participe, arestut, au parfait défini ; c'est qu'en effet restare se conjuguait en latin comme stare, et que, dans le vieux français, stare avait donné esteü, estut, etc.
Historique : XIe s. Au cheval est l'espée aresteüe Car chevauchez ; pourqu'[pourquoi] alez arestant ? Que [Dieu] pour lui face le soleil arester XIIe s. Tresqu'à Turpin [il] ne se voust [voulut] arester Fer ne acier ne le put arester Faites ma gent en ce val arester Partir m'esteut de vous, sans demeurer [retard] ; Tant en ai fait, ne puis plus arester Dreit devant l'arcevesque sunt andui [tous deux] aresté Pruveires e diacnes plusurs en i ot pris, Larruns, murdreiseürs en la rei prisun mis ; C'aresté mult suvent erent par le païs XIIIe s. Et Tybers et la vieille n'ont cure d'arester [de s'arrêter] [Elle] …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
v. tr.
Empêcher quelqu’un ou quelque chose de continuer sa marche en avant. Arrêter un passant, un cheval. S’arrêter quelques jours dans une ville. S’arrêter quelques instants. S’arrêter au milieu d’un récit. Arrêter une pendule. L’horloge s’est arrêtée. Arrêter la marche des affaires. Quelle difficulté vous arrête? Aucune considération, aucun scrupule ne peut l’arrêter.
Fig., S’arrêter en bon chemin, Arrêter la marche d’une entreprise dont la réussite était assurée.
Dans cette acception, S’ARRÊTER ou ARRÊTER, intransitif, signifie Cesser d’avancer. Arrêtez-vous. Arrêtez, je vous prie. Dites au cocher d’arrêter.
Il signifie encore Tarder, s’amuser, rester quelque temps dans un lieu sans en sortir. Nous nous sommes arrêtés une heure chez lui. Il s’arrête à tous les cabarets.
Il se dit particulièrement en termes de chasse. Ce chien arrête bien les perdrix, les cailles. Absolument, Ce chien arrête bien.
Il se dit aussi absolument en termes de Manège. Arrêter et rendre, Prendre des demi- temps d’arrêt successifs.
Il signifie aussi Empêcher de bouger, fixer. Arrêter un volet. Arrêter son esprit sur quelque chose.
Arrêter un point (en cousant), Faire un noeud pour que le fil ne s’échappe pas.
Fig., S’arrêter aux apparences, à des bagatelles, Ne pas aller au fond des choses, des idées.
Par analogie, il signifie S’assurer le service de quelqu’un ou l’usage de quelque chose. Arrêter un valet de chambre, L’engager. Arrêter un appartement, Promettre qu’on le prendra à location.
Il signifie également Prendre et retenir prisonnier. Ses créanciers le firent arrêter. Il fut arrêté pour dettes. être arrêté pour vol. Au nom de la loi, je vous arrête.
Fig., il signifie aussi Résoudre une chose individuellement ou de concert avec d’autres. Arrêter un projet, un plan de campagne. Il a été arrêté qu’on ne passerait plus par cette rue.
Arrêter un compte, Le régler.
Dans cette acception, il a souvent la forme pronominale et a son complément construit avec la préposition à. Après avoir écoulé différentes propositions, il s’arrêta à la première. Après avoir vu toutes ces étoffes, mon choix s’arrêta, j’arrêtai mon choix, ou je m’arrêtai à celle-là.
Sonparticipe passé
ARRÊTÉ, ÉE, s’emploie souvent comme adjectif. Cet homme n’a pas un caractère bien arrêté, Il a une volonté hésitante, flottante. Avoir des idées arrêtées, des principes arrêtés, une opinion arrêtée sur quelque chose, Avoir sur une chose des idées, des principes fixes, une opinion bien établie. C’est une affaire arrêtée, C’est une chose décidée, convenue.
En termes de Peinture, Dessin arrêté, esquisse arrêtée, composition arrêtée, Dessin terminé, esquisse, composition où l’on n’a plus rien à changer, à retoucher. Dessin arrêté, se dit aussi d’un Dessin tracé avec justesse et fermeté.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (51)
- arrêterions — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /aʁɛtəʁjɔ̃/
- arrêterais — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier — /aʁɛtəʁɛ/
- arrêteriez — conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel — /aʁɛtəʁje/
- arrêterais — conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier — /aʁɛtəʁɛ/
- arrêteraient — conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel — /aʁɛtəʁɛ/
- arrêterait — conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier — /aʁɛtəʁɛ/
- arrêtons — impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /aʁɛtɔ̃/
- arrêtez — impératif présent 2ᵉ pers. pluriel — /aʁete/ ou /aʁɛte/
- arrête — impératif présent 2ᵉ pers. singulier — /aʁɛtə/
- arrêterons — indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel — /aʁɛtəʁɔ̃/
- arrêterai — indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier — /aʁɛtəʁe/
- arrêterez — indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel — /aʁɛtəʁe/
- arrêteras — indicatif futur 2ᵉ pers. singulier — /aʁɛtəʁa/
- arrêteront — indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel — /aʁɛtəʁɔ̃/
- arrêtera — indicatif futur 3ᵉ pers. singulier — /aʁɛtəʁa/
- arrêtions — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /aʁetjɔ̃/ ou /aʁɛtjɔ̃/
- arrêtais — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /aʁɛtɛ/
- arrêtiez — indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /aʁetje/ ou /aʁɛtje/
- arrêtais — indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /aʁɛtɛ/
- arrêtaient — indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /aʁɛtɛ/
- arrêtait — indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /aʁɛtɛ/
- arrêtâmes — indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel — /aʁɛtamə/
- arrêtai — indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier — /aʁɛte/
- arrêtâtes — indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel — /aʁɛtatə/
- arrêtas — indicatif passé 2ᵉ pers. singulier — /aʁɛta/
- arrêtèrent — indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel — /aʁɛtɛʁə/
- arrêta — indicatif passé 3ᵉ pers. singulier — /aʁɛta/
- arrêtons — indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /aʁɛtɔ̃/
- arrête — indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /aʁɛtə/
- arrêtez — indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel — /aʁete/ ou /aʁɛte/
- arrêtes — indicatif présent 2ᵉ pers. singulier — /aʁɛtə/
- arrêtent — indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel — /aʁɛtə/
- arrête — indicatif présent 3ᵉ pers. singulier — /aʁɛtə/
- arrêter — infinitif — /aʁete/ ou /aʁɛte/
- arrêtées — participe passé pluriel féminin — /aʁɛte/
- arrêtés — participe passé pluriel masculin — /aʁete/ ou /aʁɛte/
- arrêtée — participe passé singulier féminin — /aʁɛte/
- arrêté — participe passé singulier masculin — /aʁete/ ou /aʁɛte/
- arrêtant — participe présent — /aʁɛtɑ̃/
- arrêtassions — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /aʁɛtasjɔ̃/
- arrêtasse — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /aʁɛtasə/
- arrêtassiez — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /aʁɛtasje/
- arrêtasses — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /aʁɛtasə/
- arrêtassent — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /aʁɛtasə/
- arrêtât — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /aʁɛta/
- arrêtions — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /aʁetjɔ̃/ ou /aʁɛtjɔ̃/
- arrête — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /aʁɛtə/
- arrêtiez — subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel — /aʁetje/ ou /aʁɛtje/
- arrêtes — subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier — /aʁɛtə/
- arrêtent — subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel — /aʁɛtə/
- arrête — subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier — /aʁɛtə/
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