arrêt

arrêt

nom, masculin, /aʁɛ/

Usage : fréquent (52 occurrences par million — Lexique 3.83).

Définitions

  1. Interruption d'un mouvement, d'une activité ou d'un fonctionnement.

    « Mais l'homme, sans arrêt dans sa course insensée, Voltige incessamment de pensée en pensée » — Boileau (1636-1711)

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  2. Endroit où un véhicule de transport en commun s'immobilise pour prendre des voyageurs.

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  3. Décision de justice rendue par une juridiction supérieure.

    « Il vaut mieux que lui-même Entende son arrêt de la bouche qu'il aime » — Jean Racine (1639-1699)

    « Selon ou plus ou moins, Jean donne ses arrêts » — Mathurin Régnier (1573-1613)

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (15 sens) — Académie 1935 (17 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Action d'arrêter ; effet de cette action. L'arrêt des affaires commerciales. Le médecin a reconnu un arrêt dans la marche de la maladie. Fig. Il n'a point d'arrêt ; c'est un esprit sans arrêt ; c'est-à-dire c'est un homme léger, et sur lequel on ne peut pas compter.

    Mais ces jeunes bergers, si beaux et si chéris, Sont meilleurs pour amants qu'ils ne sont pour maris ; Ils n'ont aucun arrêt, ce sont esprits volages, Qui souvent sont tout gris avant que d'être sages — Racan (1589-1670)

    Mais l'homme, sans arrêt dans sa course insensée, Voltige incessamment de pensée en pensée — Boileau (1636-1711)

  2. Temps d'arrêt, se dit de courts intervalles ou repos dans des mouvements qui doivent s'exécuter avec précision. Par extension, interruption, suspension. Il y eut un temps d'arrêt dans les persécutions.

  3. Arrêt de roi, s'est dit autrefois pour embargo.

  4. En termes de manége, action par laquelle le cavalier arrête son cheval, et celle par laquelle le cheval s'arrête. L'arrêt doit être opéré graduellement, mais franchement, sans que le corps du cavalier se déplace d'une manière bien sensible.

  5. En physiologie, arrêt de développement, travail physiologique ou pathologique qui interrompt la formation d'un organe et l'arrête à un degré inférieur.

  6. En termes de chasse, action du chien qui arrête le gibier. Votre chien garde bien l'arrêt. Le chien est en arrêt.

  7. Pièce du harnais où un chevalier appuyait sa lance. Il mit la lance en arrêt. Fig. Être la lance en arrêt, être sur le qui-vive.

    Je crains qu'il ne soit obligé d'être la lance en arrêt sur les côtes de Provence — Mme de Sévigné (1626-1696)

  8. Petite pièce qui arrête le ressort d'une arme à feu, le pêne d'une serrure, le mouvement d'une montre. Ganse, point placé à l'extrémité d'une ouverture, pour empêcher que le linge ne se déchire. En termes de serrurerie, petite broche en fer, portée par une chaînette, pour arrêter une persienne. Petit talon qui entre dans les encoches du pêne. En termes de sellerie, courroie d'arrêt, celle qui est attachée au harnais de derrière, servant au cheval à arrêter la voiture.

  9. En termes de musique, point d'arrêt, point d'orgue.

  10. Dans l'escrime, coup d'arrêt, coup pris sur une marche avec opposition.

  11. Petit ados qui coupe une allée plate en travers, pour empêcher que les eaux ne la dégradent.

  12. Pieux traversés de pièces de bois, et destinés à arrêter le bois qu'on a jeté à bûche perdue sur les petites rivières.

  13. En termes judiciaires, saisie de la personne ou des biens. On a fait arrêt sur sa personne et sur ses biens.

  14. Maison d'arrêt, prison. S. m. plur. En termes militaires, punition, défense faite à un militaire de sortir. Condamner aux arrêts. Lever les arrêts. Arrêts forcés, défense absolue de sortir ; arrêts simples, défense de sortir aux heures où l'on n'est pas de service. On a dit autrefois en arrêt ce que nous disons aux arrêts.

    Senantes est aux arrêts — Antoine Hamilton (1646-1720)

    Les directeurs pouvaient mettre aux arrêts, interdire même les brigadiers de cavalerie ou d'infanterie — Saint-Simon (1675-1755)

  15. Décision rendue par une cour souveraine. Rendre un arrêt. Prononcer un arrêt de mort. Par extension. Décision d'une puissance, d'une autorité quelconque.

    Obtenez un arrêt, comme il faut que je dorme — Jean Racine (1639-1699)

    Pour rendre en sa faveur un arrêt injuste — Pascal (1623-1662)

Étymologie : Provenç. arrest ; espagn. et ital. arresto. On tire souvent ce mot du grec ἀρεστὸν, qui signifie un arrêt, une résolution ; mais, outre qu'on ne voit pas comment ce mot grec se serait introduit dans la langue, il est impossible de séparer arrêt d'arrêter (voy. ce mot).

Historique : XIIIe s. Sans demorance et sans arrest [délai], à la karole [danse] me suis pris Biaus amis chiers, se il vous plest, Passés la haie sans arrest Por l'odor des roses sentir Je voil [veux] qu'il ait la compaignie Bel-Acueil, puisque il vous plaist ; Ge n'i metrai jamès arrest Ou s'il li a fet fere arest par le segneur ou aucun empeecement sanlavle XVe s. Et se departit cil conseil sans avoir nul certain arrest, fors que de tenir le siege Beaux seigneurs, ne pensez pas au fuir, montrez hui que vous soyez gens d'arrest et de prouesse, et vendez vos corps et vos membres aux espées et aux armures X…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Action de s’arrêter ou d’être arrêté. L’arrêt du train. Il y a un arrêt dans la marche de sa maladie. Un mandat d’arrêt.

  2. Temps d’arrêt se dit de Courts intervalles ménagés entre certains mouvements qui doivent s’exécuter avec précision.

  3. Il signifie aussi Jugement d’une Cour souveraine, par lequel une question de fait ou de droit est décidée. Arrêt de la Cour d’appel, de la Cour de Cassation. Arrêt par défaut. Arrêt contradictoire. Arrêt sur requête. Arrêt par forclusion. Arrêt solennel. Arrêt des Chambres assemblées. Arrêt de mort. Arrêt de renvoi. Poursuivre un arrêt. Prononcer un arrêt. Rendre un arrêt. Lever un arrêt. Casser un arrêt. Se pourvoir contre un arrêt. En cassation d’arrêt. Exécuter un arrêt. En exécution de l’arrêt. Un recueil d’arrêts.

  4. Il se dit figurément des Jugements de Dieu, des décisions des hommes qui ont ou croient avoir quelque autorité. Les arrêts de Dieu. Les arrêts du destin, de la Providence. J’attends de vous mon arrêt. Je n’appellerai point de votre arrêt. Il faut se défier quelquefois des arrêts de ce critique.

  5. Maison d’arrêt, Prison, lieu de détention pour les prévenus. Maison d’arrêt militaire. Le corps de garde de la maison d’arrêt.

  6. Il signifie encore Saisie, soit de la personne, soit des biens. On a fait arrêt sur sa personne et sur ses biens. Il a fait arrêt sur de l’argent qui revient à son débiteur. Faire saisie et arrêt entre les mains de quelqu’un. En parlant d’une Saisie d’argent faite entre les mains d’un tiers, on ne dit plus que SAISIE-ARRÊT ou OPPOSITION.

  7. ARRÊTS, au pluriel, se dit, en termes de Discipline militaire, de la Défense qui est faite à un officier de sortir de chez lui, ou de s’éloigner d’un lieu déterminé. On l’a mis aux arrêts. Il est aux arrêts dans sa chambre. Il sera puni pour n’avoir pas gardé ses arrêts, pour avoir rompu les arrêts. On a levé les arrêts, il peut sortir.

  8. Arrêts forcés ou de rigueur, Défense absolue de sortir. Arrêts simples, Défense de sortir aux heures où l’on n’est pas de service.

  9. ARRÊT, en termes de Manège, se dit de l’Action du cheval, quand il s’arrête. Ce cheval a l’arrêt bon, mauvais, l’arrêt sûr et léger. Il est ferme sur l’arrêt.

  10. Il se dit aussi de l’Action de la main pour arrêter le cheval. Temps d’arrêt, demi-arrêt, Action de la main pour ralentir le mouvement sans le faire cesser. Former ou faire des arrêts, des temps d’arrêt, des demi-arrêts.

  11. En termes de Chasse, il se dit de l’Action du chien couchant, lorsqu’il arrête le gibier. Ce chien est à l’arrêt. Il est en arrêt. Il a fait un bel arrêt. Tenir le gibier en arrêt, être en arrêt devant le gibier. Chien d’arrêt.

  12. Fig., être en arrêt, Avoir l’attention éveillée. Il est en arrêt devant toutes les nouveautés.

  13. Il désignait autrefois la Pièce du harnais où un chevalier appuyait et arrêtait sa lance. Mettre la lance en arrêt.

  14. Cran d’arrêt, de sûreté. Voyez

  15. CRAN.

  16. Il se dit également d’une Petite pièce qui empêche que le mouvement d’une horloge n’aille trop vite. L’arrêt d’une horloge.

  17. En termes de Couture et de Lingerie, il se dit de Tout ce qu’on met à l’extrémité des ouvertures, pour empêcher que le linge ou l’étoffe ne se déchire. On a oublié de faire un arrêt à l’ouverture de cette chemise.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • arrêts — pluriel — /aʁɛ/
  • arrêt — singulier — /aʁɛ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée arrêt#6065.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.