âpre

âpre

adjectif, /apʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui cause une impression désagréable, soit sur le goût, soit sur l'ouïe, soit sur le toucher, par la rudesse de son action ou par les inégalités de surface. Un fruit âpre. Un corps âpre au toucher. Un chemin âpre et difficile. Une voix rude et âpre. Poétiquement.

    Ses yeux creux pleins d'un feu âpre et farouche — Fénelon (1651-1715)

  2. Fig. Sévère, dur, violent.

    âpre vertu — Pierre Corneille (1606-1684)

    âpre jalousie — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Difficile.

    Quelques grandes difficultés qu'il y ait à se placer à la cour, il est encore plus difficile et plus âpre de se rendre digne d'y être placé — La Bruyère (1645-1696)

  4. Cupide, avide. Homme âpre. âpre au gain. On dit d'un chien : Il est âpre à la curée, c'est-à-dire, il est avide, vorace. Fig. Il se dit aussi d'un homme avide d'argent et de places. On dit qu'un faucon est âpre à la proie, quand il se sert vigoureusement du bec et des ongles.

    Les curés les plus durs, les plus âpres à exiger leurs droits, sont ceux qui vivent d'une manière plus sordide et plus indécente — Massillon (1663-1742)

Étymologie : Asper ; provenç. aspre ; espagn. aspero ; ital. aspro.

Historique : XIIe s. Ne feras mès pechié qui te soit aspre Or ne leroie, por nul home que saiche, Ne por paien, tant soit ne fier ne aspre.... [Espines] poignans et aspres qui ne peuvent florir Un plus aspre juïse [jugement] par temps vous eslirons Jà de plus aspre mort nel pouvez justicier Car veez cum li peres chastie sun enfant Par mult dulce parole e par aspre e mordant, E mainte feiz le bat de la verge trenchant XIIIe s. Se il dient que en cesti cloistre l'en peut mener aspre vie pour l'ame sauver XIVe s. Car il sont d'assalir si aspre et si engrant, Qu'il ne doubtent la mort un denier valissant XVe s…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. des deux genres

  1. Qui par sa rudesse ou son âcreté produit une sensation désagréable aux organes du toucher, de l’ouïe ou du goût. Ce corps est âpre au toucher. Le froid est extrêmement âpre. Des sons âpres. Une voix rude et âpre. Ce vin est très âpre à la langue. Voilà des poires bien âpres.

  2. Il signifie aussi Qui a des aspérités, des inégalités rudes et incommodes. Il nous mena par des chemins âpres et raboteux.

  3. Il signifie figurément Qui est sévère, dur, violent. Il lui fit une réprimande fort âpre. C’est un homme qui a l’esprit âpre et austère, l’humeur âpre. Le combat, la querelle fut des plus âpres.

  4. Il a aussi le sens de Qui se porte avec trop d’ardeur à quelque chose. C’est un homme âpre à l’argent. Il est âpre au gain. Il est âpre au jeu, à la chasse.

  5. Prov. et fig., Cet homme est âpre à la curée, Il est très avide d’argent, de places.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • âpres — pluriel — /apʁə/
  • âpre — singulier — /apʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée âpre#65547.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.