appeler

appeler

verbe, /apəle/

Définitions

  1. Inviter quelqu'un à venir par la voix ou par signe.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — relu en interne · méthode.

  2. Joindre par téléphone.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — relu en interne · méthode.

  3. Donner un nom à ; nommer.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — relu en interne · méthode.

Voir aussi : donne s'appeler

Expressions : appeler un chat un chat

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (13 sens) — Académie 1935 (29 sens)

Littré (1873)

v. a.

  1. Appeler quelqu'un à haute voix. Appeler chacun par son nom. Qui m'appelle ? Appeler les lettres de l'alphabet, les nommer successivement l'une après l'autre. En termes de palais, appeler une cause, dire à haute voix le nom des parties. Appeler son chien, l'appeler de la voix ou en sifflant. Il se dit des animaux. La brebis appelle son agneau ; la poule appelle ses poussins. Absolument. Il appelle, et personne ne vient. Fig. Appeler à son aide sa vertu. Celui qui sent sa faiblesse, appelle à son secours le manége et l'intrigue. Appeler des oiseaux, les attirer en se servant d'un appeau. Absolument, en termes de chasse. Ce chien appelle en faux, il aboie dans l'endroit où les perdrix ont été, ou à la rencontre du frai des perdrix.

    Il appelle les idolâtres à la connaissance de Dieu — Bossuet (1627-1704)

    Quelquefois elle appelle Oreste à son secours — Jean Racine (1639-1699)

  2. Louis XIV appela Colbert dans ses conseils. Si tu appelles le médecin. Les destinées nous appellent. Appeler la bienveillance par ses bons offices. La corneille appelle la pluie. Le coq appelle le jour. Une fourberie en appelle une autre. Par extension. Dieu vient de l'appeler à lui, il vient de mourir. Je sens que Dieu m'appelle à lui, je sens que ma fin approche.

    N'est-ce pas vous enfin de qui la voix pressante Nous a tous appelés aux campagnes du Xanthe ? — Jean Racine (1639-1699)

    Les cloches dans les airs de leurs voix argentines Appelaient à grand bruit les chantres à matines — Boileau (1636-1711)

  3. Appeler un adversaire au combat. Appeler à une lutte de talents. Appeler en duel ou simplement appeler, provoquer à un combat singulier.

    Je l'irais appeler comme mon adversaire — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Il fit appeler le duc de Buckingham — Antoine Hamilton (1646-1720)

  4. Appeler quelqu'un en justice. Les uns sont condamnés, les autres ne sont pas même appelés. Appeler quelqu'un en témoignage ou comme témoin. Appeler quelqu'un en garantie.

  5. Appeler des soldats sous les drapeaux. Appeler les vétérans. On appelle le contingent de cette année.

  6. Tous les vœux l'appellent. Appeler le malheur, la vengeance du ciel sur quelqu'un. Armée qui appelle le combat de tous ses vœux. Appeler sur quelqu'un les bénédictions du ciel. Il appelait sur vous la haine et le mépris.

  7. Appeler quelqu'un à une charge. Il fut appelé au trône. Être appelé au consulat. Appeler quelqu'un à siéger dans le sénat. Appeler à une chaire un professeur habile. Il ne faut pas résister quand Dieu nous appelle. Le génie de Turenne l'appelait au commandement des armées.

    Quoi ! vous à qui Néron doit le jour qu'il respire. Qui l'avez appelé de si loin à l'empire.... — Jean Racine (1639-1699)

  8. Cette conduite appelle votre sévérité. Les affaires intérieures appelèrent son attention. Ce crime appelle la vengeance des lois.

    Ton audace à la fin appelle ma vengeance — Lamartine (1790-1869)

  9. Appeler une chose de plusieurs manières. Appeler quelqu'un le sauveur de la patrie. Familièrement. Appeler les choses par leur nom, ne pas affaiblir par des mots ce que certaines vérités peuvent avoir de dur.

    Je n'appellerai jamais libre un homme.... J'appelle un chat un chat et Rollet un fripon — Boileau (1636-1711)

    Il n'y a point de particulier qui ne se voie autorisé par cette doctrine à adorer ses inventions, à consacrer ses erreurs, à appeler Dieu tout ce qu'il pense — Bossuet (1627-1704)

  10. V. n. Appeler de, recourir à un tribunal supérieur. Appeler d'un jugement. Appeler comme d'abus, appeler d'un tribunal ecclésiastique à l'autorité laïque. Fig. Appeler de, ne pas se soumettre. J'appelle de votre décision.

    Loi qui permit d'appeler au peuple des consuls — Bossuet (1627-1704)

    Et nous faire désirer au moins que Dieu existât, à qui nous pussions appeler du jugement des hommes — La Bruyère (1645-1696)

  11. En appeler. En appeler à, s'en référer à, recourir. Familièrement. Il en a appelé, se dit d'un homme qui a échappé à une maladie dangereuse.

    Celui qui n'a pas fait sa fortune à la cour, est censé ne l'avoir pas dû faire ; on n'en appelle pas — La Bruyère (1645-1696)

    Vauban est infaillible ; on n'en appelle point — La Bruyère (1645-1696)

  12. En termes de marine, une manœuvre appelle droit, si elle arrive directement au point où la force est appliquée ; elle appelle de loin, quand le lieu où elle est amarrée est éloigné.

  13. V. réfl. Avoir pour nom. Comment t'appelles-tu ? Parce que je m'appelle lion. Cette maladie s'appelle avarice. La mort ne peut s'appeler un mal. Voilà qui s'appelle un témoignage de véritable amitié ; c'est là un témoignage de véritable amitié. D'après de Caillières, voilà qui s'appelle, était une locution de la cour. Voilà qui s'appelle parler, voilà un langage ferme et franc. Nous disons aujourd'hui de préférence : Voilà ce qui s'appelle. Se donner un titre. Le monarque de la Perse s'appelle dans ses inscriptions le roi des rois. S'appeler, s'inviter l'un l'autre a venir. Pour ne pas se séparer dans le bois, ils s'appelaient de temps en temps. Il est comme le chien de Jean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle, se dit en parlant d'un homme qui ne fait rien de ce que l'on souhaite.

    Je vais, victime de mon zèle, M'envelopper dans ma vertu. - Voilà, voilà ce qui s'appelle être légèrement vêtu — MÉRY, et BARTHÉLEMY

Étymologie : Bourguig. aipelai ; provenç. appellar ; espagn. apelar ; ital. apellare ; du latin appellare, de ad, à (voy. À), et pellare, inusité et signifiant parler.

Historique : XIe s. Se alquens [aucun] est apeled de larecin u de roberie.... Que est forfeng en angleis apeled Dist Blancandrins : apelez le franceis À sei [il] apele son fil et les deus reis XIIe s. Veez mei ici, kar tu m'apelas La fist Joyeuse Charles maine apeler [son épée] Tel chose [le comte Tibaut] a faite en sa vie Dont [il] deüst estre apelés [en champ clos] Salomons les apele devant le duc Richart Quant veit li arcevesques, prist sei à purpenser, La curt à l'apostolie li estut apeler, Saveir s'il se purreit par issi delivrer XIIIe s. Et après i envoia un cardonnal qui est appelés maistre Pieron d…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

v. tr.

  1. Désigner quelqu’un par son nom ou Pourvoir quelqu’un d’un nom. Comment appelez-vous cet homme? On l’appelle Pierre, Jean. Comment appellerez-vous votre premier enfant? Comment vous appelez-vous? Je m’appelle Louis. Il s’appelle Charles. C’est ainsi qu’on l’appelle. Cette fleur s’appelle anémone. Cette montagne fut appelée de ce nom à cause de... Cette ville fut ainsi appelée du nom de son fondateur. Je ne sais comment on appelle cette plante, cet animal. Appelez-les comme il vous plaira. Ceux qu’on appelle philosophes. Les magistrats qu’on appelait à Rome tribuns du peuple.

  2. Prov., Appeler les choses par leur nom, Ne pas affaiblir par ses expressions des vérités dures.

  3. Il signifie pareillement Désigner une personne ou une chose par quelque qualité bonne ou mauvaise. J’appelle un ami celui qui se montre tel dans les circonstances difficiles. Il l’appela voleur, fripon. Peut-on appeler courageuse une action si téméraire et si folle? On appellera toujours folie une conduite pareille à celle-là. Ceux qui s’appellent les gens comme il faut, les sages par excellence. Cela s’appelle un véritable ami. Cela s’appelle folie en bon français.

  4. Fam., Cela s’appelle parler, voilà ce qui s’appelle parler, se dit lorsque quelqu’un fait des propositions plus avantageuses qu’on ne s’y attendait ou lorsqu’on loue quelqu’un d’avoir dit, sur une question longtemps agitée, des choses claires, lumineuses, péremptoires.

  5. Il signifie en outre Désigner par leur nom ceux qui doivent se trouver présents en quelque endroit. On va appeler tous les soldats l’un après l’autre. Ce soldat n’était pas à la caserne quand on l’a appelé. Je ne me suis point entendu appeler quand on a lu cette liste. Beaucoup d’appelés et peu d’élus.

  6. En termes de Palais, Appeler une cause, Lire tout haut le nom des parties, afin que leurs avocats viennent plaider pour elles. On vient d’appeler votre cause. La cause sera appelée à son tour de rôle.

  7. Il signifie également Faire venir en se servant de la voix. Je l’appelle et il ne vient point. Il appelait inutilement, pas un domestique n’était à la maison. Appelez un tel. Appeler les voisins. Appeler à haute voix. Dieu appela Samuel pendant qu’il dormait. Appelez mes gens. Appeler de toute sa force. Appeler son chien. On dit aussi, par extension, Ne pouvant plus l’appeler de la voix, il l’appelait encore de la main. Appeler des yeux, du geste.

  8. Il se dit également en parlant du Cri dont les animaux se servent pour faire venir à eux ceux de leur espèce. Le mâle appelle sa femelle. La brebis appelle son agneau. La vache appelle le taureau. La poule appelle ses poussins. On dit, dans un sens analogue, Appeler des oiseaux en imitant leur cri.

  9. Appeler au secours, appeler à l’aide, Crier au secours, crier à l’aide, invoquer le secours, l’aide de quelqu’un. On dit de même Appeler quelqu’un à son secours, appeler du secours, etc. Fig., Appeler à son secours, se dit en parlant des Moyens extraordinaires que l’on emploie pour venir à bout de quelque chose. Il appelle à son secours le manège et l’intrigue pour mieux réussir dans son entreprise.

  10. Il signifie encore Inviter à venir. Appeler le médecin, le chirurgien. Appeler le confesseur. Cet artiste fut appelé en France, à la cour, par tel prince. Appeler un général à l’armée. Tous les chefs furent appelés à ce Conseil. Les Maures furent appelés en Espagne par le comte Julien.

  11. Il signifie particulièrement, en termes de Procédure, Citer devant le juge. Appeler en justice. On l’a fait appeler pour se voir condamner à payer une somme. Appeler quelqu’un en témoignage. être appelé comme témoin. Appeler en garantie. Le juge ordonna que les parties seraient appelées.

  12. Appeler au combat, appeler en duel, ou simplement Appeler, Envoyer, défier.

  13. Appeler sous les drapeaux, ou simplement Appeler, Convoquer les soldats d’une classe à se rendre sous les drapeaux. La réserve fut appelée sous les drapeaux. On va bientôt appeler la classe de telle année.

  14. Dieu vient de l’appeler à lui, se dit en parlant d’une Personne qui vient de mourir.

  15. Appeler sur quelqu’un le mépris public, la haine de tous, etc., S’efforcer de le rendre l’objet du mépris public, de la haine générale, etc.

  16. Appeler sur quelqu’un, sur une famille, sur un pays les bénédictions du Ciel, Les leur souhaiter ou les leur attirer.

  17. APPELER se dit aussi en parlant de Tout ce qui sert de signal pour avertir de se trouver en quelque lieu. Les cloches appellent à l’église. Une cloche appelle à la prière, au travail, au déjeuner. La sonnerie qui appelle à l’exercice, à la soupe, etc.

  18. Il se dit figurément en parlant de Tout ce qui avertit, qui excite, qui oblige à se trouver en quelque endroit, pour quelque chose que ce puisse être. J’irai où l’honneur, où le devoir m’appelle. La charité vous y appelle. Mes affaires m’appellent ailleurs. La vengeance l’appelle. Ce beau temps nous appelle à la chasse.

  19. Il signifie quelquefois Rendre nécessaire. Ce crime appelle la vengeance des lois. Ces abus appellent une réforme. Ce mot ne peut être employé seul, il appelle un complément. Ce grave sujet appelle toute votre attention.

  20. Appeler l’attention de quelqu’un sur quelque chose, L’inviter, l’engager à y faire attention, à y donner son attention. J’appelle à cet égard toute votre attention. Appeler l’attention se dit aussi de Quelque chose qui attire l’attention. Un bruit extraordinaire appela, vint appeler notre attention.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (51)
  • appellerions — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /apɛləʁjɔ̃/
  • appellerais — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier — /apɛləʁɛ/
  • appelleriez — conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel — /apɛləʁje/
  • appellerais — conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier — /apɛləʁɛ/
  • appelleraient — conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel — /apɛləʁɛ/
  • appellerait — conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier — /apɛləʁɛ/
  • appelons — impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /apəlɔ̃/
  • appelez — impératif présent 2ᵉ pers. pluriel — /apəle/
  • appelle — impératif présent 2ᵉ pers. singulier — /apɛlə/
  • appellerons — indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel — /apɛləʁɔ̃/
  • appellerai — indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier — /apɛləʁe/
  • appellerez — indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel — /apɛləʁe/
  • appelleras — indicatif futur 2ᵉ pers. singulier — /apɛləʁa/
  • appelleront — indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel — /apɛləʁɔ̃/
  • appellera — indicatif futur 3ᵉ pers. singulier — /apɛləʁa/
  • appelions — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /apəljɔ̃/
  • appelais — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /apəlɛ/
  • appeliez — indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /apəlje/
  • appelais — indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /apəlɛ/
  • appelaient — indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /apəlɛ/
  • appelait — indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /apəlɛ/
  • appelâmes — indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel — /apəlamə/
  • appelai — indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier — /apəle/
  • appelâtes — indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel — /apəlatə/
  • appelas — indicatif passé 2ᵉ pers. singulier — /apəla/
  • appelèrent — indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel — /apəlɛʁə/
  • appela — indicatif passé 3ᵉ pers. singulier — /apəla/
  • appelons — indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /apəlɔ̃/
  • appelle — indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /apɛlə/
  • appelez — indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel — /apəle/
  • appelles — indicatif présent 2ᵉ pers. singulier — /apɛlə/
  • appellent — indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel — /apɛlə/
  • appelle — indicatif présent 3ᵉ pers. singulier — /apɛlə/
  • appeler — infinitif — /apəle/
  • appelées — participe passé pluriel féminin — /apəle/
  • appelés — participe passé pluriel masculin — /apəle/
  • appelée — participe passé singulier féminin — /apəle/
  • appelé — participe passé singulier masculin — /apəle/
  • appelant — participe présent — /apəlɑ̃/
  • appelassions — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /apəlasjɔ̃/
  • appelasse — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /apəlasə/
  • appelassiez — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /apəlasje/
  • appelasses — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /apəlasə/
  • appelassent — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /apəlasə/
  • appelât — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /apəla/
  • appelions — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /apəljɔ̃/
  • appelle — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /apɛlə/
  • appeliez — subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel — /apəlje/
  • appelles — subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier — /apɛlə/
  • appellent — subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel — /apɛlə/
  • appelle — subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier — /apɛlə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée appeler#5323.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.