anathème

anathème

adjectif

Grammaire et formes (2)
  • anathèmes — pluriel
  • anathème — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée anathème#120692.

anathème

nom, masculin, /anatɛmə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Personne exposée publiquement à la malédiction par l'autorité ecclésiastique.

    Vous êtes donc là, comme un anathème, séparé de tout le reste de vos frères ? — Massillon (1663-1742)

    Vous séparer, comme un anathème, de tout le corps des justes — Massillon (1663-1742)

  2. Adjectivement. Qu'il soit anathème.

    Saint Paul a l'autorité d'un père et la tendresse d'une mère ; il veut être anathème pour ses enfants — Fénelon (1651-1715)

  3. Par extension, retranchement de la communion de l'Église.

    Le concile frappa d'anathème un évêque célèbre — Bossuet (1627-1704)

    Josué immola au Seigneur 31 rois du pays tous soumis à l'anathème — Voltaire (1694-1778)

  4. Malédiction.

    Je ne viens pas ici prononcer des anathèmes contre les grandeurs humaines — Massillon (1663-1742)

    La religion ne semble avoir des anathèmes que pour ceux qui.... — Massillon (1663-1742)

  5. Fig.

    Tout l'anathème des malheurs publics tombe sur vous seul — Massillon (1663-1742)

  6. En parlant des personnes, opprobre, exécration.

    Vous n'êtes que l'anathème du ciel et le scandale de la terre — Massillon (1663-1742)

    Les impies mourront la honte de l'humanité, l'opprobre de la religion et l'anathème du ciel et de la terre — Massillon (1663-1742)

  7. Fig. Réprobation, blâme solennel.

    Cette proposition est frappée d'anathème — Pascal (1623-1662)

    On ose lever l'anathème que saint Paul prononce contre.... — Pascal (1623-1662)

Étymologie : Ἀνάθεμα, exposition, et aussi personne exposée, de ἀνατιθέναι, formé lui-même de ἀνὰ, en haut, et τιθέναι, poser (voy. THÈME).

Historique : XIIe s. L'apostolies les leies [laïques] idunc escumenja [excommunia], E celui, qui qu'il seit, qui jamais les tendra ; E desuz anatheme à tuz dis conferma XIIIe s. Por plus enforcier l'anatesme, Quant il aura finé son tesme, Li met ou poing ung ardant cierge Qui ne fu pas de cire vierge

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Sentence de malédiction qui retranche de la communion de l’église. Lancer l’anathème. Frapper d’anathème. Prononcer anathème. Fulminer anathème. Dire anathème à quelqu’un. Tous les Pères du concile d’éphèse crièrent anathème à Nestorius. Lever un anathème. De terribles anathèmes. S’exposer aux anathèmes de l’église.

  2. Il s’emploie quelquefois, au figuré, surtout dans le style soutenu, et signifie Réprobation, blâme solennel. Prononcer des anathèmes contre les grandeurs humaines.

  3. Il signifie aussi Celui qui est retranché de la communion des fidèles. Quiconque dira... qu’il soit anathème.

  4. Par extension, il désigne Celui, celle qui est un objet d’opprobre, d’exécration.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • anathèmes — pluriel — /anatɛmə/
  • anathème — singulier — /anatɛmə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée anathème#4128.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.