amitié
nom, féminin, /amitje/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Sentiment qui affectionne, attache une personne à une autre. Les liens d'une étroite amitié. Mon amitié pour vous. Rompre l'amitié. Retirer à quelqu'un son amitié. Bien placer son amitié. Une haute amitié. Par bonne amitié, de bonne amitié, à bonne intention.
Les grandes amitiés vont jusque-là — Pascal (1623-1662)
La grande amitié que vous avez faite avec tout l'hôtel de Rambouillet — Voiture (1597-1648)
Affection profonde, tendresse, amour.
Ta douleur, Dupérier, sera donc éternelle ; Et les tristes discours Que te met en l'esprit l'amitié paternelle, L'augmenteront toujours — Malherbe (1555-1628)
Je voue à votre fils une amitié de père — Jean Racine (1639-1699)
La liaison, l'union des amis.
Les unions et les amitiés humaines — Massillon (1663-1742)
L'illusion des amitiés de la terre qui s'en vont avec les années et les intérêts — Bossuet (1627-1704)
Objet de l'affection.
On voudrait être l'amitié et, pour ainsi dire, l'idole de tout le monde — Fléchier (1632-1710)
Accord, relations entre nations. Il y a paix et amitié entre les deux puissances.
Ma funeste amitié pèse à tous mes amis [alliés] — Jean Racine (1639-1699)
Bienveillance. Ce ministre a de l'amitié pour vous. Faire amitié à quelqu'un, lui témoigner de la bienveillance.
Ménélas me reçut avec amitié — Fénelon (1651-1715)
Bon office, service de bienveillance, don. Faire l'amitié de, terme de politesse amicale, avoir la bonté de, la complaisance. Faites-moi l'amitié de m'écrire.
Pleine de trahison, sans âme et sans pitié, Capable de tout faire, hormis une amitié — Voiture (1597-1648)
La vieille Juisy donna presque tout ce qu'elle avoit à la duchesse de Noailles, et fit une amitié de 40 000 livres au cardinal d'Estrées — Saint-Simon (1675-1755)
Affection de certains animaux pour les hommes. Le chien a de l'amitié pour son maître.
Fig. Attraction, sympathie. Il y a de l'amitié entre le fer et l'aimant.
S. f. plur. Paroles obligeantes, caresses. Il m'a fait beaucoup d'amitiés, les plus tendres amitiés. Les petits présents entretiennent l'amitié.
Mme de Puy du Fou qui vous fait mille amitiés — Mme de Sévigné (1626-1696)
Elle vous dit mille amitiés — Mme de Sévigné (1626-1696)
Étymologie : Picard, amikié ; Berry, amiquié ; provenç. amistatz ; catal. amistat ; espagn. amistad ; ital. amistà ; d'une forme non latine, amicitas, de amicus (voy. AMI). Amicitia aurait donné amiesse.
Historique : XIe s. Deüz services et mout granz amistez Par amistié, Bel sire, [je] la vous don XIIe s. Par amistié vous en faiz ci le don E pur ço que li reis l'aveit tant eshaucié, Emustré li aveit sovent grant amistié XIIIe s. Car encor cuidoit-elle que ce fust amisté XIVe s. Premierement c'est raison, pour ce que amisté est une vertu XVe s. Longis, ceste lance tenez ; En vostre main la porterez, Et ses compaignons aiderez : Je vous en pry par amitié Et envoya tantost par certains messages ces lettres et ces amitiés devers le duc et la duchesse XVIe s. Comme s'il n'eust eu d'autres bornes pour limiter s…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Lien d’affection qui unit une personne à une autre. étroite amitié. Ferme, constante amitié. Amitié réciproque. Amitié sainte, sacrée, tendre, sincère, cordiale. Amitié apparente. Amitié trompeuse, intéressée. Les liens de l’amitié. Les lois, les devoirs de l’amitié. Les plaisirs, les douceurs de l’amitié. Contracter amitié avec quelqu’un. Entretenir l’amitié. Renoncer à l’amitié. Manquer à l’amitié. Répondre à l’amitié de quelqu’un. Promettre, jurer amitié. Vivre en amitié. Faire quelque chose par amitié, par pure amitié. Prendre en amitié. Il n’y a guère de véritable amitié qu’entre égaux. Le prince l’honore de son amitié. Il y a peu d’amitiés qui puissent résister à cette épreuve. On dit de même Il y a paix et amitié entre ces deux nations, entre ces deux puissances, etc.
Prov., Les petits présents entretiennent l’amitié.
Il signifie familièrement Bon office, service. Faites-moi l’amitié de parler de mon affaire à mes juges. Faites-moi cette amitié.
Il se dit aussi de l’Affection que certains animaux ont pour les hommes. Ce chien a de l’amitié pour son maître.
AMITIÉS, au pluriel, signifie ordinairement Paroles obligeantes, qui marquent de l’affection. Il m’a fait des amitiés. Il m’a fait mille amitiés. Faites-lui mes amitiés. On dit quelquefois avec le singulier, dans la même acception, Faire amitié à quelqu’un. Il m’a fait amitié en cette occasion.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- amitiés — pluriel — /amitje/
- amitié — singulier — /amitje/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée amitié#3698.