amer
adjectif, /amɛʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (9 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui a une certaine saveur désagréable, comme l'absinthe ou le quinquina. Avoir la bouche amère, sentir dans la bouche un goût d'amertume. En poésie, l'onde amère, l'eau de la mer.
Les chevaux du soleil sortant de l'onde amère — Fénelon (1651-1715)
Fig. Triste, pénible. Une douleur amère. En style marotique et en parlant d'une maîtresse, cruelle. Larmes amères, celles qu'une profonde douleur fait répandre.
Sa perte, que je veux, me deviendrait amère — Pierre Corneille (1606-1684)
Cependant mon destin est à ce point amer — Pierre Corneille (1606-1684)
Dur, offensant. Une raillerie amère. Un reproche amer. Familièrement, il est d'une bêtise amère il est extrêmement sot.
Le zèle des saints Pères était encore bien plus amer — Mme de Sévigné (1626-1696)
S. m. Ce qui est amer. L'amer et le doux sont deux qualités contraires.
Fiel de quelques poissons. L'amer d'une carpe. L'amer d'un brochet. On le dit aussi en parlant du bœuf : l'amer du bœuf.
S. m. plur. Les amers. Terme de médecine. Groupe de médicaments remarquables par leur amertume plus ou moins prononcée.
Étymologie : Berry, amar ; provenç. amar ; espagn. amargo ; ital. amaro ; d'amarus.
Historique : XIIe s. Puis il fu en Egipte asez plus qu'emperere, E guardi ses parenz de la famine amere XIIIe s. Li nature a une vesie qui se tient à une des brances du foie, qui est apelée l'amer Ne soiez vers les pauvres ne sure ne amere Lasse ! com j'ai trouvé gent mauvaise et amere Car la nuit qu'ai passée, [j'] ai trouvé mout amere Se vers moi [vous] eüssiez eü pensée amere Si comme avoit Tybers Ysengrin a fet sor Renart Fol jugement et fol esgart ; Trop est d'aus deus la guerre amere Certes, Honte, ja n'amerai Ne vous, ne Raison votre mere, Qui tant est as amans amere Amant sentent les maulx d'amer […
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui a une saveur âpre et ordinairement désagréable, telle que celle de l’absinthe ou de l’aloès. Ce vin est amer, devient amer. Amer comme suie, comme chicotin. Des herbes amères. Un suc amer. Cela est d’un goût amer.
Prov., Ce qui est amer à la bouche est doux au coeur, Ce qui nous déplaît le plus est souvent ce qu’il y a de meilleur pour nous, ce qui nous est le plus salutaire.
Avoir la bouche amère, Sentir un goût amer à la bouche. Cela rend la bouche amère.
Il signifie figurément Qui est mordant, offensant. Plaintes amères. Reproches amers. Critique amère. Propos amer. Rire amer. Trait amer. Réprimande amère. Raillerie amère. Ironie amère. Un esprit amer. Un homme amer en ses propos.
Il signifie aussi figurément Qui est pénible, triste, douloureux. Regrets amers. Souvenirs amers. Chagrins amers. D’amères infortunes. Perte, privation amère. Sacrifice amer. Il est bien amer à un père de voir ses enfants ne pas répondre à ses soins. Douleur amère. Larmes amères.
Fam., Il est d’une bêtise amère, Il est extrêmement sot.
AMER s’emploie quelquefois comme nom. L’amer et le doux sont deux qualités contraires.
En termes de Médecine, Les amers. Prendre des amers, Prendre des infusions ou des jus d’herbes, d’écorces amères.
Il se dit encore comme nom du Fiel de quelques animaux, et principalement des poissons. Un amer de boeuf, de volaille. Crever l’amer d’une carpe, d’un brochet.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- amères — pluriel féminin — /amɛʁə/
- amers — pluriel masculin — /amɛʁ/
- amère — singulier féminin — /amɛʁə/
- amer — singulier masculin — /amɛʁ/
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