Littré (1873)
s. m.
Ce mot est employé dans quelques phrases proverbiales : Une querelle d'allemand, c'est-à-dire une querelle sans sujet. C'est de l'allemand, c'est du haut allemand pour moi, c'est-à-dire je n'y entends, je n'y comprends rien.
Étymologie : Quoique ce mot ait donné lieu à beaucoup d'étymologies, cependant il faut encore s'en rapporter à Agathias, qui dit : « Les Allemands, s'il faut en croire Asinius Quadratus, Italien qui a écrit avec exactitude l'histoire des Germains, sont des hommes rassemblés de divers endroits et mêlés ensemble ; c'est ce que signifie le nom qu'ils portent. » Cette opinion doit d'autant plus être acceptée, qu'elle se justifie sans peine par les langues germaniques : all, tout, et mann, homme. Le d qui se trouve dans mand provient de la forme danoise mand, homme, pour mann. Quant à allemand, dans la locution
Historique : XIIe s. N'il ne cremi les reis l'Engleis ne le Francur, Aleman ne Tieis, ne duc n'empereür XIIIe s. Et ne porquant isnelemant, Se il ne fussent alemant, Les nommaisse ; mès ce seroit Tens perdus, qui les nommeroit XVIe s. Ils seroient bien aises de vous dresser une querelle d'Allemaigne
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).