allée

allée

nom, féminin, /ale/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. L'action d'aller. Pour aller à cette chapelle, il faut toujours monter ; l'allée est très rude, le retour est facile. Familièrement, au plur. Allées et venues, courses, démarches. Il perd son temps en allées et venues. Fig.

    La nature de l'homme n'est pas d'aller toujours ; elle a ses allées et ses venues — Pascal (1623-1662)

  2. Passage étroit entre deux murs, conduisant du dehors dans l'intérieur d'une maison.

    J'entre dans une allée pour échapper aux spectateurs — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. Voie entre deux rangs d'arbres. Il lui a donné l'allée et le venir ; il lui a donné un soufflet sur l'une et l'autre joue.

    Aristote choisit dans le Lycée un lieu où il y avait de belles allées d'arbres — Fénelon (1651-1715)

    Je l'ai trouvé, seigneur, au bout de cette allée, Où la clarté du ciel semble toujours voilée — Pierre Corneille (1606-1684)

Étymologie : Allé ; bourguig. aullée. Du Cange a dit, et après lui on a répété que l'allée, anciennement l'alée, était une faute de prononciation pour la lée (lée signifiait une voie dans une forêt), faute qui s'est impatronisée dans le langage : mais cela n'est pas admissible. Allée dans le sens de chemin se trouve déjà dans des textes du XIIIe et du XIVe siècle, époques auxquelles une pareille confusion ne se conçoit pas encore. On a dit allée pour action de cheminer, comme on dit sortie pour action de sortir ; de là, par une métonymie, le lieu où l'on chemine, l'allée.

Historique : XIIIe s. Et en poi de tans furent ces nouvelles si espandues que c'estoit mervelles ; et i avoit moult grant alée Il est drois que toutes tes voies, Et tes alées et ti tour Soient tuit adès là entour L'alée i estoit si perilleuse, car le lieu là où nous devions aler estoit le perilleus Et lors demanda le roy à ses freres et aus autres barons et au conte de Flandres, quel conseil il li donroient de s'alée ou de sa demourée Seigneur, fist-il, je vous merci moult à tous ceulz qui m'ont loé [conseillé] m'alée en France XVe s. Et ne sembloit pas que il y eust allée [chemin] dedans terre Ces allées …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action d’aller. Il s’emploie particulièrement dans l’expression Allées et venues, signifiant les Pas, les démarches que l’on fait pour une affaire. Faire des allées et venues. Après plusieurs allées et venues, il fut conclu que... Il a perdu son temps en allées et venues.

  2. ALLÉE se dit aussi d’un Passage entre deux murs parallèles qui conduit de l’entrée d’une maison dans l’intérieur. Longue allée. Allée obscure. Allée étroite. Il ne faut pas embarrasser l’allée. La porte, l’issue d’une allée. On préfère les maisons à porte cochère aux maisons à allée.

  3. Il se dit encore d’un Lieu propre à se promener, qui s’étend en longueur et qui est bordé d’arbres ou de verdure. Ce bois percé d’allées est fort agréable. Il se promène dans la grande allée du jardin. Longues allées. Belles allées. Allée double. Allée droite. Allée tortueuse. Allée à perte de vue. Allée couverte. Allée sablée. Planter des allées d’ormes, de tilleuls, de noyers, etc.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • allées — pluriel — /ale/
  • allée — singulier — /ale/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée allée#3224.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.