aliment
nom, masculin, /alimɑ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Ce qui nourrit. Dans le langage de la physiologie, aliment est un terme générique qui sert à désigner toutes les matières, quelle qu'en soit la nature, qui servent habituellement ou peuvent servir à la nutrition. Au point de vue des besoins qu'ils satisfont, les aliments sont divisés en boissons, condiments ou assaisonnements, et aliments proprement dits, composés surtout de principes d'origine végétale ou animale.
L'intempérance des hommes change en poisons mortels les aliments destinés à conserver la vie — Fénelon (1651-1715)
Si l'on considère combien est lente et insensible l'insinuation de l'aliment dans les parties qui le reçoivent.... — Bossuet (1627-1704)
Au plur. Terme de jurisprudence. Les frais de nourriture et d'entretien d'une personne.
Il fallait prendre une autre femme pourvu qu'on fournît les aliments à la première — Bossuet (1627-1704)
Action de nourrir. Des biens destinés à l'aliment des pauvres. Peu usité en ce sens.
Fig. Le bois est l'aliment du feu. Les sciences sont l'aliment de l'esprit.
Je trouverai partout l'aliment de ma haine — Voltaire (1694-1778)
En termes de dévotion.
Divin et salutaire aliment [l'eucharistie], où nous participons par la communion — Bourdaloue (1632-1704)
L'aliment de votre âme le plus salutaire, c'est le sacrement de Jésus-Christ — Bourdaloue (1632-1704)
Étymologie : Alimentum, de alere, nourrir. Mots congénères, ἄλθειν, faire croître ; gothique, alds, qui a crû, âgé ; celtique, alt, nourriture, altruim, nourrir. Aliment est un mot nouveau ; dans les hauts siècles, au lieu d'aliment, on disait viande, qui signifiait tout ce qui sert à entretenir la vie, à nourrir.
Historique : XVIe s. Les poursuites de l'esprit humain sont sans terme ; son aliment est doubte, ambiguité Ajoutez : XIIe s. Il [les élus] tendent pur alemenz de cuer el faiteor de bealteit [Dieu]
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Ce qui se mange et sert à entretenir la vie. Le pain est un bon aliment. Les aliments les plus simples sont les plus sains. Des aliments légers, substantiels, lourds.
Il signifie aussi Action de nourrir. Des biens destinés pour l’aliment des pauvres. Ce sens est peu usité.
ALIMENTS, au pluriel, s’emploie en termes de Droit pour exprimer Tout ce qu’il faut pour nourrir et entretenir une personne. Les enfants doivent des aliments à leurs père et mère et autres ascendants qui sont dans le besoin. On lui adjugea une pension pour ses aliments.
ALIMENT se dit souvent au figuré de Ce qui entretient quelque chose. Le bois est l’aliment du feu. Les sciences sont l’aliment de l’esprit. C’est un esprit vif, il faut lui donner de l’aliment. L’aliment des passions. L’aliment des factions.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- aliments — pluriel — /alimɑ̃/
- aliment — singulier — /alimɑ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée aliment#3018.