s. f.
Sentiment de bien-être et de contentement. Ils avaient toute l'aise que la situation comportait. L'aise est vive et peut se manifester par des mouvements du corps. Tressaillir d'aise.
Saint Jean l'entend et il saute d'aise — Bossuet (1627-1704)
Ce pêcheur d'aise tout transporté — Pierre Corneille (1606-1684)
État commode et agréable, liberté. Il est à son aise partout, comme s'il était chez lui. À votre aise, elliptiquement, à votre commodité, quand vous voudrez. Être mal à son aise, être indisposé. Être mal à son aise, être embarrassé. Devant lui il était mal à son aise.
J'étais là bien à mon aise pour mentir — Chateaubriand (1768-1848)
Je me trouve fort à mon aise toute seule — Mme de Sévigné (1626-1696)
Mettre quelqu'un à son aise, l'encourager, dissiper sa timidité. Se mettre à son aise, pousser la familiarité jusqu'à l'oubli des convenances. Il se met à son aise partout, et nulle considération ne le gêne.
Le prêtre l'écoutait, le mettait à son aise — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Familièrement. N'en prendre qu'à son aise, travailler en son temps, ne faire que ce qui plaît.
En parler à son aise, discourir de sang-froid des choses au succès desquelles on n'est pas intéressé.
Vous en parlez bien à votre aise — Pascal (1623-1662)
Vous en parlez bien à l'aise — Molière (1622-1673)
Être, vivre à son aise, être dans une situation de fortune modeste, mais heureuse. Il n'est malade que de trop d'aise, se dit d'un homme riche qui a de fréquentes incommodités.
Des louanges toutes pures ne mettent pas un homme à son aise — Molière (1622-1673)
On ne vaut et l'on n'est heureux qu'autant qu'on se voit à son aise et bien pourvu — Bourdaloue (1632-1704)
Paix et aise, doucement, commodément. Il n'a pas un grand bien, mais il vit chez lui paix et aise (vieux dans cette construction). Je ne demande que paix et aise.
S. f. plur. Les commodités de la vie.
Dieu se contente de vous priver d'une partie de vos aises — Fléchier (1632-1710)
Les petites règles qu'il s'est faites et qui tendent toutes aux aises de sa personne — La Bruyère (1645-1696)
À l'aise, loc. adv. Commodément, librement. Mettre à l'aise, donner de l'espace. Les spectateurs étaient fort serrés ; on les mit à l'aise avec des bancs qu'on apporta. Fig. L'expédient pour rendre intelligible un auteur si concis et étroitement enveloppé dans son style, c'est de mettre ses pensées plus à l'aise dans une juste étendue de discours. À son bel aise, loc. adv. À son aise. La Fontaine a fait ici aise du masculin ; aise en effet a été longtemps d'un genre indécis ; mais aujourd'hui il est fixé au féminin ; et il ne faudrait pas employer cette locution de La Fontaine.
Qu'on est assis à l'aise aux sermons de Cottin — Boileau (1636-1711)
Celui qui n'a de partage avec ses frères que pour vivre à l'aise bon patricien, veut être officier — La Bruyère (1645-1696)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).