aise
nom, féminin · /ɛzə/
Usage : fréquent (43 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Littéraire. Sentiment de bien-être et de contentement.
Il ressentait une grande aise à marcher seul au bord de l'eau.
Synonyme : bien-être.
« Que j'en ai de vous voir belle et bien à votre aise »Mathurin Régnier (1573-1613)
État de confort et de liberté, absence de gêne.
Il aime ses aises et déteste qu'on le bouscule.
Synonyme : confort.
« Qu'on est assis à l'aise aux sermons de Cottin »Boileau (1636-1711)
« Celui qui n'a de partage avec ses frères que pour vivre à l'aise bon patricien, veut être officier »La Bruyère (1645-1696)
Vieilli. Situation matérielle confortable, aisance financière.
Ils vivaient dans l'aise, sans jamais compter.
Synonyme : aisance.
« L'argent est rare, c'est pour cela que les paysans sont à leur aise »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : à l'aise Blaise · en prendre à son aise · être à l'aise dans ses baskets · être bien aise de
Grammaire et formes (2)
- aises : pluriel · /ɛzə/
- aise : singulier · /ɛzə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 9 sens
s. f.
Sentiment de bien-être et de contentement. Ils avaient toute l'aise que la situation comportait. L'aise est vive et peut se manifester par des mouvements du corps. Tressaillir d'aise.
Saint Jean l'entend et il saute d'aiseBossuet (1627-1704)
Ce pêcheur d'aise tout transportéPierre Corneille (1606-1684)
État commode et agréable, liberté. Il est à son aise partout, comme s'il était chez lui. À votre aise, elliptiquement, à votre commodité, quand vous voudrez. Être mal à son aise, être indisposé. Être mal à son aise, être embarrassé. Devant lui il était mal à son aise.
J'étais là bien à mon aise pour mentirChateaubriand (1768-1848)
Je me trouve fort à mon aise toute seuleMme de Sévigné (1626-1696)
Mettre quelqu'un à son aise, l'encourager, dissiper sa timidité. Se mettre à son aise, pousser la familiarité jusqu'à l'oubli des convenances. Il se met à son aise partout, et nulle considération ne le gêne.
Le prêtre l'écoutait, le mettait à son aiseJean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Familièrement. N'en prendre qu'à son aise, travailler en son temps, ne faire que ce qui plaît.
En parler à son aise, discourir de sang-froid des choses au succès desquelles on n'est pas intéressé.
Vous en parlez bien à votre aisePascal (1623-1662)
Vous en parlez bien à l'aiseMolière (1622-1673)
Être, vivre à son aise, être dans une situation de fortune modeste, mais heureuse. Il n'est malade que de trop d'aise, se dit d'un homme riche qui a de fréquentes incommodités.
Des louanges toutes pures ne mettent pas un homme à son aiseMolière (1622-1673)
On ne vaut et l'on n'est heureux qu'autant qu'on se voit à son aise et bien pourvuBourdaloue (1632-1704)
Paix et aise, doucement, commodément. Il n'a pas un grand bien, mais il vit chez lui paix et aise (vieux dans cette construction). Je ne demande que paix et aise.
S. f. plur. Les commodités de la vie.
Dieu se contente de vous priver d'une partie de vos aisesFléchier (1632-1710)
Les petites règles qu'il s'est faites et qui tendent toutes aux aises de sa personneLa Bruyère (1645-1696)
À l'aise, loc. adv. Commodément, librement. Mettre à l'aise, donner de l'espace. Les spectateurs étaient fort serrés ; on les mit à l'aise avec des bancs qu'on apporta. Fig. L'expédient pour rendre intelligible un auteur si concis et étroitement enveloppé dans son style, c'est de mettre ses pensées plus à l'aise dans une juste étendue de discours. À son bel aise, loc. adv. À son aise. La Fontaine a fait ici aise du masculin ; aise en effet a été longtemps d'un genre indécis ; mais aujourd'hui il est fixé au féminin ; et il ne faudrait pas employer cette locution de La Fontaine.
Qu'on est assis à l'aise aux sermons de CottinBoileau (1636-1711)
Celui qui n'a de partage avec ses frères que pour vivre à l'aise bon patricien, veut être officierLa Bruyère (1645-1696)
Étymologie : Bressan, éso ; franc-comtois, aze ; bourguign. ase ; wallon, âhe ; namurois, auje ; provenç. ais ; anc. ital. asio ; ital. mod. agio ; anc. catal. aise ; portug. azo ; angl. ease ; anglo-sax. âdhe, eadhe, facile ; vieux sax. ôdhi, ôthi, facile ; gaél. âthais, adhais, aise ; corn. aizia, mettre à l'aise ; bas-bret. éaz, ez, aisé. Mot d'origine incertaine. On l'a rattaché au gothique azêts, aisé. Quant au basque, aisia, aisina, il paraît venir du provençal et non en être l'origine. En somme, il y a dans l'allemand et dans le celtique une racine adh, az, ais, qui est sans doute la source du mot r
Historique : XIIe s. Car qui a à la gloire celestial partir, Li covient estre el cors à les eises fuïr, Ensi cum sainz Polz dict.... Jamais [nous] n'aurons tel aise [facilité] de nos hontes vengier XIIIe s. Lors furent li nostre mout à aise et mout riche XVe s. L'aise que j'ay, dire je ne sauroye En ce mortel monde ne faut y prendre ses aises ni constituer sa fin Et ainsi qu'ils venoient [les Écossais], ils se logeoient à l'usage de leur pays, et n'avoient pas tous leurs aises C'est un mol chevalier qui ne veut autre chose que ses aises, de boire et de manger et de aloer le sien follement Je le remercie gr…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 16 sens
n. f.
Sentiment de joie, de plaisir, causé par la présence, par la possession d’un bien. Tressaillir d’aise. être transporté d’aise. être ravi d’aise. Il ne se sent pas d’aise.
Il signifie aussi état commode et agréable. être à son aise, bien à son aise. Vous êtes là bien à votre aise. Se mettre à son aise. Travailler à son aise. Je ferai cela à mon aise.
Par ellipse, à votre aise, à votre commodité quand vous voudrez.
être à son aise, vivre à son aise, être fort à l’aise, être dans l’abondance selon sa condition.
être mal à son aise, Se sentir indisposé.
Fig., Mettre quelqu’un à son aise, L’encourager, empêcher qu’il n’ait de la timidité ou de l’embarras, faire qu’il soit dans un état de liberté et de familiarité. Mettre les gens à leur aise. Je le craignais, mais il m’a mis promptement à mon aise par la franchise de ses discours. Je n’osais vous parler de cela, mais vous me mettez à mon aise en m’en parlant le premier. On dit de même C’est un homme agréable et commode, avec qui on est toujours à son aise.
Fam., Se mettre à son aise signifie quelquefois Manquer aux convenances, en user avec trop de liberté, de familiarité.
Fam., N’en prendre qu’à son aise, Ne faire que ce qui plaît, sans se gêner, sans se fatiguer.
Fam., Vous en parlez bien à votre aise, se dit d’une Personne qui donne quelque conseil difficile à pratiquer et qu’elle n’est pas obligée de suivre, ou qui parle avec sang-froid des misères et des douleurs qu’elle n’éprouve pas.
Paix et aise, Une vie tranquille, sans contrainte et sans soins. Je ne demande que paix et aise. Il s’emploie aussi adverbialement. Il vit chez lui paix et aise.
AISES se dit au pluriel pour signifier les Commodités de la vie. Aimer ses aises. Chercher ses aises. Prendre ses aises. On n’a pas toutes ses aises en ce monde.
à L’AISE
loc. adv.
Commodément, sans peine. On est fort à l’aise dans ce fauteuil. Il tient six personnes à l’aise dans cette voiture. Cette ville n’est pas éloignée, on y va à l’aise dans un jour. On dit aussi figurément, être à l’aise dans un sujet, devant un public, etc.
On dit aussi, ironiquement, à votre aise, au sens de : Comme il vous plaira.
AISE s’emploie aussi comme adjectif et signifie Qui ressent de la joie. Que je suis aise de vous avoir rencontré! Je suis bien aise de vous voir en bonne santé. J’en suis très aise. J’en suis aise au dernier point. Que je suis aise de cette nouvelle! Nous en sommes bien aises. Elle en est fort aise. Elle est tout aise et tout heureuse d’avoir trouvé ce mari-là.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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