airain

airain

nom, masculin, /ɛʁɛ̃/

Définitions

  1. Alliage de cuivre utilisé, dans la langue littéraire, pour désigner le bronze employé en statuaire ou en fonderie.

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  2. Symbole littéraire de dureté, d'insensibilité ou de résistance inébranlable.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (8 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Alliage de cuivre et d'étain, plus sonore et plus fusible que le cuivre. Statue, vase d'airain.

    Le fer et l'airain, n'étant plus polis par les Cyclopes, commençaient à se rouiller — Fénelon (1651-1715)

    Aussitôt on assembla des ouvriers pour travailler sur le fer, sur l'acier, sur l'airain — Fénelon (1651-1715)

  2. Un ciel d'airain, sécheresse excessive.

    Les cieux par lui fermés et devenus d'airain — Jean Racine (1639-1699)

    Le ciel est d'airain sur sa tête — Bossuet (1627-1704)

  3. Un front d'airain, un front sans pudeur qui ne rougit jamais. Un front d'airain signifie aussi une attitude inébranlable.

    Ce sont des monstres [ces femmes] qui ont un front d'airain — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Pour le nier il faut avoir un front d'airain — Bossuet (1627-1704)

  4. Avoir un cœur d'airain, être impitoyable.

  5. En termes de mythologie, le siècle d'airain, le siècle intermédiaire entre le siècle d'argent et le siècle de fer. Un siècle d'airain, un temps de calamité.

  6. Un mur d'airain, une barrière infranchissable.

  7. Fig. et poétiquement, canon.

    J'entends l'airain tonnant de ce peuple barbare — Voltaire (1694-1778)

  8. Cloche.

    Les pontifes saints autour de mon cercueil, Appelés aux accents de l'airain lent et sombre — André Chénier (1762-1794)

    Ou l'airain gémissant, dont les sons éperdus Annoncent aux mortels qu'un malheureux n'est plus — Lamartine (1790-1869)

  9. Dans le langage de l'Écriture, l'airain sonnant, un vain bruit.

    Les vérités les plus terribles ne sont pour eux qu'un airain sonnant et une cymbale retentissante — Massillon (1663-1742)

    Nous ne sommes plus pour vous qu'un airain sonnant — Massillon (1663-1742)

  10. En termes d'antiquité, airain de Corinthe. C'était un composé d'or ou d'argent et de cuivre, dont on coulait des statuettes et des vases fort recherchés. Les injures s'écrivent sur l'airain et les bienfaits sur le sable ; on se souvient des unes, et on oublie facilement les autres.

Étymologie : Provenç. aram, eram ; portug. arame ; espagn. arambre, alambre ; ital. rame, cuivre ; de æramen, airain, de æs, airain, cuivre. Comp. l'allem. eisen, fer ; angl. iron ; goth. eisarn ; celt. iarunn ; sanscr. ayas, fer.

Historique : XIIe s. Sonent buisines d'arain et de metal E areim mult de grant maniere prist de dous citez Adadezer, Bethe e Beroth XIIIe s. Ne keuvres [cuivre], ne arains, ne estains, ne fiers Arains, coivres et tout autre maniere de metal hors mis or et argent, monneé et à monoier, chascun fès à home, soit petis soit grans, doit obole de rivage Par devers destre [il y] a un oisel ; D'arain est trestous trejetés ; Onques mais ne fu veüs tes [tel] XIVe s. Li marissaus [le maréchal] a bien tout che fait acordé : Il a un cor d'arain grailloët et sonné XVIe s. Œil d'airein, quand l'œil est rous, fier et estin…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. On donne ce nom surtout dans le style poétique à un Alliage de différents métaux dont le cuivre est la base. Statue d’airain. Graver sur l’airain. Plaque d’airain. On dit aujourd’hui le bronze.

  2. En termes d’Antiquité, Airain de Corinthe, Alliage fort estimé des anciens; l’airain en faisait la base et il y entrait une certaine quantité d’or et d’argent.

  3. En termes de Mythologie, Le siècle d’airain, l’âge d’airain, Le temps qu’on suppose avoir existé entre le siècle d’argent et le siècle de fer.

  4. Fig., Un siècle d’airain, Un temps malheureux et dur.

  5. Fig., En termes d’écriture sainte, Un ciel d’airain, Un temps sec et aride, pendant lequel il ne tombe ni pluie ni rosée.

  6. Fig., Un front d’airain, Une extrême impudence. Cet homme a un front d’airain. Il faut avoir un front d’airain pour oser soutenir une pareille fausseté.

  7. Fig., Avoir un coeur d’airain, être dur et impitoyable. Loi d’airain, Loi impitoyable.

  8. Prov. et fig., Les injures s’écrivent sur l’airain et les bienfaits sur le sable, On se souvient longtemps des injures et on oublie vite les bienfaits.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • airains — pluriel — /ɛʁɛ̃/
  • airain — singulier — /ɛʁɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée airain#2647.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.