aiguillon

aiguillon

nom, masculin, /ɛɡɥijɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Pointe de fer fixée à un long bâton, et dont on se sert pour piquer les bœufs. Faire sentir l'aiguillon.

    Un dieu qui d'aiguillons pressait leurs flancs poudreux — Jean Racine (1639-1699)

  2. Espèce de dard rétractile, par lequel se termine le dernier anneau de l'abdomen chez quelques insectes. Laisser son aiguillon dans la piqûre.

  3. Fig. L'aiguillon de la douleur.

    Toutes ces choses qui auraient dû nourrir mes peines en émoussaient au contraire l'aiguillon — Chateaubriand (1768-1848)

    Les douleurs n'étaient que les aiguillons de votre corruption — Massillon (1663-1742)

  4. Tout ce qui excite à faire quelque chose.

    Proximité de la mort, qu'il s'est efforcé, pour ainsi dire, de nous faire sentir comme l'aiguillon le plus vif et le plus capable de nous piquer — Bourdaloue (1632-1704)

    Nul aiguillon divin n'élève leur courage — Mathurin Régnier (1573-1613)

  5. Dans la langue de l'Écriture, l'aiguillon de la chair, les tentations de la chair.

  6. Terme de botanique. Piquant qui adhère à l'écorce. Il ne faut pas confondre les aiguillons avec les épines ; l'aiguillon ne tient qu'à l'épiderme ; l'épine se continue intérieurement avec le corps ligneux de la tige.

  7. Terme de chasse. Il se dit de la pointe qui termine les fumées ou fientes des bêtes fauves.

Étymologie : Genev. avouillon ; wallon, awion ; rouchi, èwiglion ; Berry, agullon ; provenç. agulion ; catal. agulló ; espagn. agujon ; ital. aguglione ; d'une forme non latine aculeonem, régime d'aculeo, augmentatif d'aculeus, de même radical que acutus, piquant, qui lui-même est dérivé de acus, aiguille (voy. ce mot), avec un suffixe.

Historique : XIIe s. Kar rebuchié furent lur hustilz de fer, les uns e les altres, jesque à l'aguillon Et por ce ke chascuns, combien que il unkes ait en ceste vie esploitiet, sent encore l'aguilhon de sa corruption Li cuers espris des aguilhons de sa iror fremist, li cors tremble.... XIIIe s. Vencu l'aguillon de la mort Cil point l'asne de l'aguillon Par derriere sur le crespon, Des esperons le destraingnoit, Et du chevestre le feroit XVIe s. Il aimoit uniquement les saucisses.... les harengs saurs, et tous semblables aiguillons à vin Par l'aiguillon du plaisir

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Pointe de fer qui est au bout d’un grand bâton et dont on se sert pour piquer les boeufs. L’aiguillon d’un bouvier. On pique les boeufs avec un aiguillon pour les faire marcher. Toucher avec l’aiguillon.

  2. Il se dit, par extension, d’un Petit dard que les abeilles, les guêpes, les frelons et autres insectes portent à l’extrémité de l’abdomen. Les abeilles laissent ordinairement leur aiguillon dans la piqûre. Une piqûre d’aiguillon. La guêpe lui donna un coup d’aiguillon.

  3. Il se dit figurément de Tout ce qui incite à quelque chose. La gloire est un aiguillon, un puissant aiguillon. Sous l’aiguillon de la nécessité. L’intérêt est le seul aiguillon qui puisse le faire agir. En termes d’écriture sainte, L’aiguillon de la chair, Les tentations de la chair.

  4. En termes de Botanique, il se dit des Piquants qui adhèrent seulement à l’écorce, tels que ceux de l’acacia, du rosier, de la ronce, etc.; par opposition à épine. Aiguillons droits, crochus, simples, ramifiés, etc.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • aiguillons — pluriel — /ɛɡɥijɔ̃/
  • aiguillon — singulier — /ɛɡɥijɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée aiguillon#2577.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.