affront

affront

nom, masculin, /afʁɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Acte ou parole d'un mépris jeté en face. Boire, avaler, dévorer un affront, le souffrir patiemment. Essuyer un affront, le subir, le recevoir. Ne pouvoir digérer un affront, en garder le souvenir, en conserver du ressentiment.

    Les affronts à l'honneur ne se réparent point — Pierre Corneille (1606-1684)

    Quand je lui fis l'affront — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Déshonneur, honte. Il fait affront à toute sa famille.

    Sauvez-moi de l'affront de tomber à leurs pieds — Pierre Corneille (1606-1684)

    Qui n'est point de son sang ne peut faire d'affront Aux lauriers immortels qui lui ceignent le front — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Familièrement. Sa mémoire lui a fait un affront, la mémoire lui a manqué, il est resté court.

  4. Faire l'affront de quelque chose à quelqu'un, le lui reprocher.

    Chut ! je veux à vos yeux leur en faire l'affront — Molière (1622-1673)

  5. En avoir l'affront, ne pas réussir.

    S'il voulait m'aider à terminer cette affaire, je crois que je n'en aurais pas l'affront — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : À et front. Le sens propre de ce mot est front à front, attaque.

Historique : XVIe s. Faire un affront pour braver un homme est de notre siecle [est une expression nouvelle] Il faut que les harquebusiers soyent à la teste pour faire ce dommage à l'affront [attaque] Nostre cavallerie a une furieuse boutée à l'affront

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Outrage fait en face, soit en paroles, soit en action. Cruel affront. Sanglant affront. Sensible affront. Affront public, éclatant, signalé. On lui fait un affront. Il a reçu un grand affront. Endurer un affront. Venger un affront.

  2. Essuyer un affront, Recevoir un affront. Boire un affront, avaler un affront, dévorer un affront, Ne pas laisser paraître les sentiments qu’on éprouve en recevant un affront. Ne pouvoir digérer un affront, Avoir toujours sur le coeur un affront qu’on a reçu. Il ne saurait digérer cet affront.

  3. Il signifie aussi Honte, déshonneur. Il fait affront à ses parents. Vous pouvez répondre hardiment de lui, il est honnête homme, il ne vous fera point affront. Les armes de ce prince reçurent un affront devant cette place. Si vous entreprenez cette affaire, l’affront vous en demeurera, vous en restera. Il vieillit.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • affronts — pluriel — /afʁɔ̃/
  • affront — singulier — /afʁɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée affront#2028.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.