affection
nom, féminin · /afɛksjɔ̃/
Usage : fréquent (22 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Sentiment tendre et durable porté à une personne ou à une chose.
Elle éprouve une profonde affection pour son vieux chien.
Synonymes : tendresse, attachement.
« Il s'appliqua à gagner l'affection des vieux capitaines »Fénelon (1651-1715)
« Quiconque met ses affections ici-bas n'a plus de droit à la patrie »Massillon (1663-1742)
Trouble ou maladie affectant un organe ou une fonction de l'organisme.
Cette affection du foie nécessite un suivi médical régulier.
Synonyme : maladie.
Littéraire. Mouvement ou état de l'âme suscité par une émotion.
Le philosophe distingue les affections de l'âme de celles du corps.
« Cet ordre d'idées, cette suite de pensées qui existe au dedans de nous-mêmes, quoique fort différente des objets qui les causent, ne laisse pas que d'être l'affection la plus réelle de notre individu »Buffon (1707-1788)
« Ressouviens-toi qu'une action Ne peut avoir peu de mérite, Ayant beaucoup d'affection »Malherbe (1555-1628)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : prendre quelqu'un en affection
Grammaire et formes (2)
- affections : pluriel · /afɛksjɔ̃/
- affection : singulier · /afɛksjɔ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 8 sens
s. f.
Ce que le corps éprouve, surtout en fait de maladie. Les affections causées par l'impression d'un air froid et humide. Dans ces sortes d'affections l'exercice est nécessaire. Il a une affection rhumatismale. Les affections de poitrine.
Manière d'être de l'âme considérée comme touchée de quelque objet. Les affections de l'âme. Les affections de nos âmes sont dans un flux continuel.
Ah ! j'en conviens, et telle est notre misère : il y a de ces temps orageux où l'on n'est proprement maître ni de son esprit par rapport à l'attention que demande la prière, ni de son cœur par rapport à une certaine affectionBourdaloue (1632-1704)
Cet ordre d'idées, cette suite de pensées qui existe au dedans de nous-mêmes, quoique fort différente des objets qui les causent, ne laisse pas que d'être l'affection la plus réelle de notre individuBuffon (1707-1788)
En un sens philosophique plus restreint, toute situation passive de l'âme.
Sentiment d'amitié, d'amour, d'attachement pour une personne ou une chose. Les affections de la famille. Les anciens disaient que l'amour de la famille renferme toutes les affections. Avoir de l'affection pour quelqu'un. L'affection que je vous ai toujours portée. La malveillance essayait de lui faire perdre votre affection. C'est par des services que se gagne l'affection. Les affections aveugles. Chacun se rappelait les objets de ses affections. Cette ville, vos plus chères affections.
Car enfin n'attends pas de mon affection Un lâche repentir d'une bonne actionPierre Corneille (1606-1684)
Je donnai par devoir à son affection Tout ce que l'autre avait par inclinationPierre Corneille (1606-1684)
D'affection, loc. adverb. Avec intérêt, de cœur.
Il est impossible de se la représenter parlant d'affection de quelque choseMme de Sévigné (1626-1696)
Affection à, désir de.
Pour des choses où il a plus d'affectionPascal (1623-1662)
M. de Noailles savait par le roi même l'affection qu'il avait à ce projet [siége de Barcelonne]Saint-Simon (1675-1755)
État maladif. Affection nerveuse, aiguë, chronique.
En géométrie, cette courbe a telle affection, elle a telle propriété. En ce sens il est vieux.
Étymologie : Affectio, de afficere, de ad (voy. À) et facere (voy. FAIRE) ; provenç. affectio ; espagn. afeccion ; ital. affezione.
Historique : XIIe s. Je sai bien ke li orguillous engele sunt trespasseit en affection de malice et de felonie, et k'il par non sachance et par enfermeteit ne pecharent mie XIVe s. Il ne reçoit ou accepte les paroles des autres ou ne les contre dit pas par amisté ne par affettion d'amour ou de haine Il se esjoissent de tel honneur comme d'un signe de la bonne affettion des segneurs à eulz XVe s. Aux œuvres non aux paroles se demonstrent les affections du vaillant preux [Les bourgeois tenoient le capitaine de la ville prisonnier pour le forcer de consentir à capituler avec les Anglois] Le chevalier perçut b…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
n. f.
Sentiment qui fait qu’on aime quelque personne avec attachement, qu’on se plaît à quelque chose, qu’on s’y porte avec ardeur. Tendre affection. Affection paternelle. Affection maternelle. Sentiment d’affection. Témoignage d’affection. Faire une chose par affection pour quelqu’un. Avoir de l’affection pour quelqu’un. Porter de l’affection à quelqu’un. C’est le cadet qui est l’objet des affections de sa mère. Il n’a d’affection pour rien. Il n’a d’affection à rien. Il a pris la peinture en affection. La personne en qui il avait mis ses affections. Il a son art en affection. Il se porte à cette étude par affection. Il s’y livre avec affection. Il en parle d’affection. Chaque jour on se détache de quelqu’une de ses affections.
Il se dit, dans une acception générale, pour désigner Divers mouvements de l’âme. Les affections de l’âme. Affections humaines, naturelles. Toutes ses affections sont douces. Affections déréglées.
AFFECTION, en termes de Médecine, est synonyme de MALADIE. Affection nerveuse. Affection hystérique. Affection aiguë, chronique.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée affection#1838.