affection

affection

nom, féminin, /afɛksjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Ce que le corps éprouve, surtout en fait de maladie. Les affections causées par l'impression d'un air froid et humide. Dans ces sortes d'affections l'exercice est nécessaire. Il a une affection rhumatismale. Les affections de poitrine.

  2. Manière d'être de l'âme considérée comme touchée de quelque objet. Les affections de l'âme. Les affections de nos âmes sont dans un flux continuel.

    Ah ! j'en conviens, et telle est notre misère : il y a de ces temps orageux où l'on n'est proprement maître ni de son esprit par rapport à l'attention que demande la prière, ni de son cœur par rapport à une certaine affection — Bourdaloue (1632-1704)

    Cet ordre d'idées, cette suite de pensées qui existe au dedans de nous-mêmes, quoique fort différente des objets qui les causent, ne laisse pas que d'être l'affection la plus réelle de notre individu — Buffon (1707-1788)

  3. En un sens philosophique plus restreint, toute situation passive de l'âme.

  4. Sentiment d'amitié, d'amour, d'attachement pour une personne ou une chose. Les affections de la famille. Les anciens disaient que l'amour de la famille renferme toutes les affections. Avoir de l'affection pour quelqu'un. L'affection que je vous ai toujours portée. La malveillance essayait de lui faire perdre votre affection. C'est par des services que se gagne l'affection. Les affections aveugles. Chacun se rappelait les objets de ses affections. Cette ville, vos plus chères affections.

    Car enfin n'attends pas de mon affection Un lâche repentir d'une bonne action — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je donnai par devoir à son affection Tout ce que l'autre avait par inclination — Pierre Corneille (1606-1684)

  5. D'affection, loc. adverb. Avec intérêt, de cœur.

    Il est impossible de se la représenter parlant d'affection de quelque chose — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Affection à, désir de.

    Pour des choses où il a plus d'affection — Pascal (1623-1662)

    M. de Noailles savait par le roi même l'affection qu'il avait à ce projet [siége de Barcelonne] — Saint-Simon (1675-1755)

  7. État maladif. Affection nerveuse, aiguë, chronique.

  8. En géométrie, cette courbe a telle affection, elle a telle propriété. En ce sens il est vieux.

Étymologie : Affectio, de afficere, de ad (voy. À) et facere (voy. FAIRE) ; provenç. affectio ; espagn. afeccion ; ital. affezione.

Historique : XIIe s. Je sai bien ke li orguillous engele sunt trespasseit en affection de malice et de felonie, et k'il par non sachance et par enfermeteit ne pecharent mie XIVe s. Il ne reçoit ou accepte les paroles des autres ou ne les contre dit pas par amisté ne par affettion d'amour ou de haine Il se esjoissent de tel honneur comme d'un signe de la bonne affettion des segneurs à eulz XVe s. Aux œuvres non aux paroles se demonstrent les affections du vaillant preux [Les bourgeois tenoient le capitaine de la ville prisonnier pour le forcer de consentir à capituler avec les Anglois] Le chevalier perçut b…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Sentiment qui fait qu’on aime quelque personne avec attachement, qu’on se plaît à quelque chose, qu’on s’y porte avec ardeur. Tendre affection. Affection paternelle. Affection maternelle. Sentiment d’affection. Témoignage d’affection. Faire une chose par affection pour quelqu’un. Avoir de l’affection pour quelqu’un. Porter de l’affection à quelqu’un. C’est le cadet qui est l’objet des affections de sa mère. Il n’a d’affection pour rien. Il n’a d’affection à rien. Il a pris la peinture en affection. La personne en qui il avait mis ses affections. Il a son art en affection. Il se porte à cette étude par affection. Il s’y livre avec affection. Il en parle d’affection. Chaque jour on se détache de quelqu’une de ses affections.

  2. Il se dit, dans une acception générale, pour désigner Divers mouvements de l’âme. Les affections de l’âme. Affections humaines, naturelles. Toutes ses affections sont douces. Affections déréglées.

  3. AFFECTION, en termes de Médecine, est synonyme de MALADIE. Affection nerveuse. Affection hystérique. Affection aiguë, chronique.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • affections — pluriel — /afɛksjɔ̃/
  • affection — singulier — /afɛksjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée affection#1838.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.