affectation

affectation

nom, féminin, /afɛktasjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Manière qui s'éloigne du naturel. Affectation dans la parure, dans le langage, dans le style. Sans affectation.

    Il avait de l'affectation dans le port et dans les manières — Antoine Hamilton (1646-1720)

    Ne montrez aucune affectation en quoi que ce soit — Bossuet (1627-1704)

  2. Imitation, faux-semblant. Affectation de douleur, de vertu. L'affectation de l'archaïsme est sensible chez cet écrivain. Il n'y a dans ce discours qu'affectation et mensonge.

    La réflexion de saint Augustin est bien vraie, qu'il n'y a personne qui se pare avec plus d'affectation ni plus d'ostentation de l'apparence de la vérité et de son nom, que les docteurs du mensonge et les partisans de l'hérésie — Bourdaloue (1632-1704)

    Il a du bon et du louable, qu'il offusque par l'affectation du grand et du merveilleux — La Bruyère (1645-1696)

  3. Attribution, imputation. L'affectation de cette somme aux dépenses courantes. En droit canon, attribution exclusive d'une place, d'un bénéfice ou d'une prébende à certains sujets. En jurisprudence, obligation dont un héritage est chargé par hypothèque. Faculté que l'on accorde à un établissement d'industrie de prendre, à un prix modique et pendant un certain temps, les bois nécessaires à l'alimentation de cet établissement.

Étymologie : Affectatio, de affectare (voy. AFFECTER).

Historique : XVIe s. Affectation [désir] Toute affectation, nomméement en la gayeté, est mesadvenante au courtisan Le trop d'affectation servit aux François à faire voir le but du livret

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Destination, application d’une chose à un certain usage. L’affectation d’une somme à telle dépense, d’un monument à tel usage.

  2. Il désigne aussi l’Action de feindre ou d’exagérer certains sentiments et certaines qualités. Affectation de sensibilité, de générosité, de modestie, etc.; et par extension une Manière de parler et d’agir qui s’éloigne du naturel. Il y a de l’affectation dans tout ce qu’il fait, dans tout ce qu’il dit. Affectation marquée. Affectation de langage, dans le langage, dans le ton, dans le geste, dans les manières. Il n’y a rien de naturel en elle, elle est pleine d’affectation. On ne saurait la corriger de ses affectations. Toutes ces affectations me déplaisent.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • affectations — pluriel — /afɛktasjɔ̃/
  • affectation — singulier — /afɛktasjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée affectation#1834.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.