adieu

adieu

adverbe

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens)

Littré (1873) — entrée 1

  1. Loc. adv. dont on se sert par civilité en prenant congé. Dire adieu.

    Adieu, j'assiégerai Néron de toutes parts — Jean Racine (1639-1699)

  2. Dire adieu signifie quelquefois prendre congé. Il est allé dire adieu à son ami.

    Je n'ai pas encore dit adieu à Eucharis — Fénelon (1651-1715)

    Elle recevait des visites d'adieu dans les formes — Antoine Hamilton (1646-1720)

  3. Je ne vous dis pas adieu, ou sans adieu, se dit familièrement à une personne qu'on se propose de revoir bientôt.

  4. Adieu vous dis, locution familière et qui vieillit, pour adieu simplement. Fig. Adieu vous dis, qui n'est plus usité en ce sens, est ici une sorte d'adverbe composé.

    Adieu vous dis, il ne faut plus compter sur.... Mais si dorénavant votre imprudence éclate, Adieu vous dis, mes soins, pour l'espoir qui vous flatte — Molière (1622-1673)

  5. Fig. Dire adieu à quelque chose, y renoncer. Il a dit adieu à la poésie.

    Quoi ! votre muse en monstre érige la sagesse ! Vous blâmez ses enfants, et leur crédit vous blesse ! Vous, jeune homme ! au bon sens avez-vous dit adieu ? — Nicolas Gilbert (1750-1780)

    Que Dorval, à la roulette, à tout son or dise adieu — Béranger (1780-1857)

  6. Absolument et figurément, adieu exprime la disparition, la perte.

    L'âge la fit déchoir : adieu tous les amants — La Fontaine (1621-1695)

    Haranguez de méchants soldats ; Ils promettent de faire rage : Mais, au moindre danger, adieu tout leur courage — La Fontaine (1621-1695)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée ADIEU#sens1.

adieu

interjection, /adjø/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (7 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

Loc. interj.

  1. Terme de civilité et d’amitié dont on se sert en prenant congé de quelqu’un. Adieu, monsieur. Adieu, je m’en vais. Adieu, jusqu’au revoir. Je ne veux vous dire que bonjour et adieu.

  2. Dire adieu, Prendre congé. Il est allé dire adieu à un tel. Il ne dit jamais adieu à ses amis. Il ne lui a seulement pas dit adieu. Il y eut bien des larmes répandues quand ils se dirent adieu.

  3. Fam., Je ne vous dis pas adieu, ou Sans adieu, se dit à une Personne qu’on ne quitte que pour peu d’instants, qu’on se propose de revoir bientôt.

  4. Fig., Dire adieu à quelque chose, Y renoncer. Il a dit adieu au monde. Il a dit adieu au Palais. Dire adieu aux plaisirs, aux muses.

  5. ADIEU se dit quelquefois figurément et familièrement en parlant d’une Personne qui est dans un péril évident ou d’une Chose qui court un grand risque. Si la fièvre vient à redoubler, adieu le malade. Si vous touchez à ce plateau, adieu mes porcelaines. Adieu mon argent.

  6. Prov., Adieu panier, vendanges sont faites, se dit figurément de Toutes les affaires manquées.

  7. Il s’emploie aussi comme nom masculin. Un éternel adieu. Un dernier adieu. Un triste adieu. Les adieux furent longs et tendres. Les adieux de Fontainebleau.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • adieu — forme de base — /adjø/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée adieu#1462.

adieu

nom, masculin, /adjø/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Un dernier adieu. Des adieux touchants. Il faisait ses adieux à ses amis.

    Sous une autre couleur, lui faire mes adieux — Pierre Corneille (1606-1684)

    Quel adieu gai nous leur faisions ! — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Fig. Dire un adieu, faire ses adieux, renoncer à. Adieu paniers, vendanges sont faites, se dit d'une affaire manquée sans ressource, et quelquefois simplement d'une affaire complétement terminée.

    J'ai dit à vos autels un éternel adieu — Rotrou (1609-1650)

    Vous allez dire au monde un adieu éternel — Massillon (1663-1742)

Étymologie : À et Dieu, c'est-à-dire je vous recommande à Dieu ; picard, adé ; bourguig. aidieu, aidey ; provenç. a dieu ; espagn. adios ; ital. addio.

Historique : XIIIe s. Sire, dit-elle, adieu ! Saluez moi, mon frere XVe s. C'est bien desiré quant on rechappe, Sans desbourser pas ung denier, Et dire adieu au tavernier En torchant son nez à la nappe Il se conforte des gracieuses paroles qu'il avoit eu au dire-adieu et de l'espoir qu'elle lui avoit baillé Je vous baille le grand congé et vous dis le grand adieu ; velà l'huis, prenez ce chemin XVIe s. Ils estoyent venus sans convey [invitation] ; aussi se sont ils retirez sans dire adieu

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (3)
  • adieus — pluriel — /adjø/
  • adieux — pluriel
  • adieu — singulier — /adjø/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée adieu#1461.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.