accroire
verbe, /akʁwaʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
v. a.
Faire accroire, faire croire ce qui n'est pas vrai.
Non qu'il y fût par un désir de gloire, Comme possible alors il vous l'a fait accroire — Jean Mairet (1604-1686)
Quand on voudrait faire accroire une chose fausse — Pascal (1623-1662)
En faire accroire, conter des sornettes à quelqu'un, le tromper par de belles paroles.
Ce n'est pas vous, Monseigneur, à qui on en peut faire accroire — Guez de Balzac (1597-1654)
S'en faire accroire, présumer trop de soi-même, s'attribuer un mérite qu'on n'a pas.
Comme gens entendus [ils] veulent s'en faire accroire — Mathurin Régnier (1573-1613)
Vous savez mieux que personne au monde si je m'en fais accroire dans ce que je viens de vous dire — Scarron (1610-1660)
Étymologie : À et croire ; Berry, accreire et ancreire ; wallon, acreûre, faire crédit (comme dans Froissard) ; provenç. acreire ; espagn. acreer. La langue ancienne a souvent confondu acroire avec à croire, écrivant faire acroire ou faire à croire, surtout dans un temps où les accents n'existaient pas ; mais il est certain qu'il y a eu un verbe acroire, et qu'il vaut mieux écrire dans les anciens textes faire acroire que faire à croire.
Historique : XIIe s. Si idunkes fu ocis et al coeu [cuisinier] fu livrez ; Li keus manja le cuer ; quant li fu demandez, Fist al seignur acreire que senz cuer esteit nez XIIIe s. Et li rois li carga [lui chargea] sa lettre de proiere et d'acroire, s'il en avoit mestier Nus ne vos devoit tant deçoivre, Que ne deüssiez aperçoivre Qui mensonge vous fait acroire Et qui vous conte chose voire XVe s. Adonc fit le comte de Bouquinghen asavoir parmi la cité que, si ses gens avoient rien acru [pris à crédit], on se traïst avant, et on seroit payé Et quand à l'accroire [à faire crédit] on ne leur faisoit bonne chere…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
v. tr.
Il n’est usité qu’à l’infinitif avec le verbe Faire et il signifie Faire croire ce qui n’est pas. Vous voudriez nous faire accroire que, etc. En faire accroire, Essayer de tromper quelqu’un. Vous voudriez nous en faire accroire. Ce n’est pas un homme à qui l’on puisse en faire accroire.
S’en faire accroire, Présumer trop de soi- même, tirer vanité d’un mérite qu’on n’a pas. Depuis qu’il a cette place, il est plein de lui-même, il s’en fait accroire. Il a quelque mérite, mais il s’en fait accroire.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- accroire — infinitif — /akʁwaʁə/
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