abus

abus

nom, masculin, /aby/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Usage mauvais qu'on fait de quelque chose. Abus de la force. La Grèce a dû sa ruine à l'abus de la liberté. Tout commence par la nécessité et finit par l'abus. Ils font abus de nourriture.

    De quoi les hommes savent-ils user sans abus ? Comme il y a dans les conditions élevées plus de faux désirs, plus d'abus de son âme que dans les états inférieurs, les grands sont sans doute de tous les hommes les moins heureux — Buffon (1707-1788)

    Qu'est-ce de communier indignement ? quel abus du saint même des saints ! — Bourdaloue (1632-1704)

  2. Coutume, usage mauvais qui s'introduit. Telle est la force des abus. Un abus qui s'introduit depuis quelque temps. On a retranché ces abus. Cet abus subsiste, comme tant d'autres, par la raison qu'il est établi.

    Ils réforment tous les abus — Bossuet (1627-1704)

    Comment ils doivent reprendre et réprimer les abus — Bossuet (1627-1704)

  3. APPEL COMME D'ABUS, appel interjeté d'une sentence rendue par un juge ou supérieur ecclésiastique, qu'on prétend avoir excédé ses pouvoirs ou contrevenu aux lois.

    C'est une assez faible consolation que celle des appels comme d'abus — Pascal (1623-1662)

    Le bruit se répandit que le procureur général appellerait comme d'abus de tout ce que le pape pourrait faire au préjudice des libertés de l'Église gallicane — Saint-Simon (1675-1755)

  4. En jurisprudence, abus de pouvoir se dit quand un fonctionnaire outre-passe le pouvoir qui lui est confié et fait des actes qui ne lui sont pas permis.

  5. Abus de confiance, délit dont on se rend coupable en abusant de la confiance qui avait été accordée.

  6. En termes de grammaire, abus des mots, sens détourné et forcé qu'on leur donne.

  7. Erreur. C'est un abus de croire.

    Lourd et grossier abus ! croyance ridicule ! — Rotrou (1609-1650)

    Qu'un si charmant abus serait à préférer A l'âpre vérité qui vient de m'éclairer ! — Pierre Corneille (1606-1684)

  8. Proverbe. Le monde n'est qu'abus et vanité.

Étymologie : Provenç. abus ; espagn. et ital. abuso ; de abusus, de ab, indiquant perversion, et usus, usage (voy. US).

Historique : XIVe s. Et aucuns se delettent en abus de deliz [plaisirs] charnels XVIe s. S'il est question de corriger quelques abus... Les appellations comme d'abus ont lieu quand il y a contravention contre les saints decrets, libertés de l'Église gallicane, arrest des cours souveraines, jurisdiction seculiere ou ecclesiastique ; et tient-on qu'elles sont de l'invention de messire Pierre de Cugnieres, ores qu'elles semblent plus modernes En appelant d'Atropos trop irée Comme d'abus

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Usage mauvais, excessif de quelque chose. L’abus qu’il a fait de ses richesses, de ses forces, de sa santé, de son autorité.

  2. Il se dit absolument pour signifier Désordre, usage pernicieux. Abus manifeste. Réformer, corriger, retrancher les abus. Il s’est glissé divers abus dans la justice, dans cette administration. Il faut distinguer entre un usage reçu et un abus qui s’est introduit.

  3. En termes de Jurisprudence, Abus de pouvoir se dit de l’Acte d’un fonctionnaire qui outrepasse son autorité. Abus de confiance, Délit que l’on commet en abusant de la confiance de quelqu’un.

  4. Appel comme d’abus, Appel interjeté contre la sentence, l’acte ou l’écrit d’un ecclésiastique qu’on prétend avoir excédé son pouvoir ou avoir contrevenu aux lois de l’état. Interjeter appel comme d’abus. On dit de même Le Conseil d’état a jugé qu’il y avait abus, Il a admis l’appel comme d’abus.

  5. Il signifie aussi Erreur. Voilà un étrange abus. C’est par abus qu’on a pu soutenir une telle opinion. C’est souvent commettre un abus de compter sur la justice des hommes. En ce sens, il a vieilli.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • abus — forme de base — /aby/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée abus#436.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.