abus
nom, masculin · /aby/
Usage : d'usage courant (6.67 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Usage excessif ou détourné d'une chose, d'un droit ou d'un pouvoir.
Il a été condamné pour abus de pouvoir.
« Ne prends point pour vertu l'abus de la victoire »Bernard-Joseph Saurin (1706-1781)
« Comment ils doivent reprendre et réprimer les abus »Bossuet (1627-1704)
Pratique ou coutume socialement condamnable, souvent tolérée par habitude ou négligence.
« Je sais que dans l'amitié dont je parle il y a divers degrés d'abus et de désordres »Bourdaloue (1632-1704)
« Les bons mots ne sont qu'un abus ; Pourtant, messieurs, permettez-nous d'en dire »Béranger (1780-1857)
Droit. Fait d'exploiter la confiance ou la faiblesse d'autrui à son détriment.
Cette entreprise a commis un abus de confiance envers ses clients.
« Dans les moments où Dieu vous a affligé, vous vous êtes adressé à lui ; vous avez ouvert les yeux sur l'abus de ce monde misérable »Massillon (1663-1742)
Mauvais traitement, notamment de nature sexuelle, infligé à une personne vulnérable.
L'enquête porte sur des abus commis sur des mineurs.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : abus de confiance · abus de langage · abus de pouvoir
Grammaire et formes (1)
- abus : forme de base · /aby/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 8 sens
s. m.
Usage mauvais qu'on fait de quelque chose. Abus de la force. La Grèce a dû sa ruine à l'abus de la liberté. Tout commence par la nécessité et finit par l'abus. Ils font abus de nourriture.
De quoi les hommes savent-ils user sans abus ? Comme il y a dans les conditions élevées plus de faux désirs, plus d'abus de son âme que dans les états inférieurs, les grands sont sans doute de tous les hommes les moins heureuxBuffon (1707-1788)
Qu'est-ce de communier indignement ? quel abus du saint même des saints !Bourdaloue (1632-1704)
Coutume, usage mauvais qui s'introduit. Telle est la force des abus. Un abus qui s'introduit depuis quelque temps. On a retranché ces abus. Cet abus subsiste, comme tant d'autres, par la raison qu'il est établi.
Ils réforment tous les abusBossuet (1627-1704)
Comment ils doivent reprendre et réprimer les abusBossuet (1627-1704)
APPEL COMME D'ABUS, appel interjeté d'une sentence rendue par un juge ou supérieur ecclésiastique, qu'on prétend avoir excédé ses pouvoirs ou contrevenu aux lois.
C'est une assez faible consolation que celle des appels comme d'abusPascal (1623-1662)
Le bruit se répandit que le procureur général appellerait comme d'abus de tout ce que le pape pourrait faire au préjudice des libertés de l'Église gallicaneSaint-Simon (1675-1755)
En jurisprudence, abus de pouvoir se dit quand un fonctionnaire outre-passe le pouvoir qui lui est confié et fait des actes qui ne lui sont pas permis.
Abus de confiance, délit dont on se rend coupable en abusant de la confiance qui avait été accordée.
En termes de grammaire, abus des mots, sens détourné et forcé qu'on leur donne.
Erreur. C'est un abus de croire.
Lourd et grossier abus ! croyance ridicule !Rotrou (1609-1650)
Qu'un si charmant abus serait à préférer A l'âpre vérité qui vient de m'éclairer !Pierre Corneille (1606-1684)
Proverbe. Le monde n'est qu'abus et vanité.
Étymologie : Provenç. abus ; espagn. et ital. abuso ; de abusus, de ab, indiquant perversion, et usus, usage (voy. US).
Historique : XIVe s. Et aucuns se delettent en abus de deliz [plaisirs] charnels XVIe s. S'il est question de corriger quelques abus... Les appellations comme d'abus ont lieu quand il y a contravention contre les saints decrets, libertés de l'Église gallicane, arrest des cours souveraines, jurisdiction seculiere ou ecclesiastique ; et tient-on qu'elles sont de l'invention de messire Pierre de Cugnieres, ores qu'elles semblent plus modernes En appelant d'Atropos trop irée Comme d'abus
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 5 sens
n. m.
Usage mauvais, excessif de quelque chose. L’abus qu’il a fait de ses richesses, de ses forces, de sa santé, de son autorité.
Il se dit absolument pour signifier Désordre, usage pernicieux. Abus manifeste. Réformer, corriger, retrancher les abus. Il s’est glissé divers abus dans la justice, dans cette administration. Il faut distinguer entre un usage reçu et un abus qui s’est introduit.
En termes de Jurisprudence, Abus de pouvoir se dit de l’Acte d’un fonctionnaire qui outrepasse son autorité. Abus de confiance, Délit que l’on commet en abusant de la confiance de quelqu’un.
Appel comme d’abus, Appel interjeté contre la sentence, l’acte ou l’écrit d’un ecclésiastique qu’on prétend avoir excédé son pouvoir ou avoir contrevenu aux lois de l’état. Interjeter appel comme d’abus. On dit de même Le Conseil d’état a jugé qu’il y avait abus, Il a admis l’appel comme d’abus.
Il signifie aussi Erreur. Voilà un étrange abus. C’est par abus qu’on a pu soutenir une telle opinion. C’est souvent commettre un abus de compter sur la justice des hommes. En ce sens, il a vieilli.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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