abstenir (s') · abstenir (s’)

abstenir (s')

verbe

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens)

Littré (1873)

v. réfl.

  1. Se priver de, ne pas se laisser aller à. S'abstenir de vin. S'abstenir de toute hostilité. S'abstenir de combattre. S'abstenir de manger, de mentir. S'ils ne s'abstiennent pas d'écrire. Il ne s'est pas abstenu d'y toucher. Il s'abstient de se défendre. Abstenez-vous de nuire à votre ennemi. C'est une question sur laquelle nous nous sommes abstenus de nous prononcer.

    Que la communion, quelque fréquente qu'elle soit, ne nous rend pas impeccables, et que ce n'est pas toujours une raison de s'en abstenir que de légères fautes qui échappent aux plus vigilants — Bourdaloue (1632-1704)

    Quiconque n'avait pas eu soin de se purifier et ne s'était pas abstenu des plaisirs les plus légitimes — Bourdaloue (1632-1704)

  2. Absolument. On voudrait s'abstenir ; et on se laisse aller par fausse honte à.... Dans le doute, abstiens-toi.

  3. S'abstenir, se dit aussi pour garder l'abstinence, c'est-à-dire ne pas manger. Il vaut mieux s'abstenir que de manger ce qui fait mal.

  4. En termes de jurisprudence, ce juge s'abstient, il se récuse ; cet héritier s'est abstenu de la succession, il n'a point fait acte d'héritier.

Étymologie : Provenç. abstener, abstenir, estener ; espagn. abstener ; de abs, indiquant séparation, et tenere, tenir (voy. TENIR).

Historique : XIe s. Charles se pasme, ne s'en puet astenir XIIIe s. Adonc [il] plore et gamente [lamente], ne s'en puet astenir [Il] ne s'en put astenir, des yeux en a lermé XIVe s. Aucuns illiberaux se abstiennent de prendre aucune chose de autrui Se aucun est vaincu de delettation ou de tristeces, des quelles pluseurs se peuvent abstenir, tel est incontinent ou mol C'est plus fort de soustenir tristeces ou choses tristes que n'est soy abstenir de choses delettables XVe s. Comment il [le roi d'Angleterre] avoit si ardemment enaimé par amour la belle et la noble dame Alips, comtesse de Salebrin, qu'il ne s…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée ABSTENIR (S').

abstenir (s’)

verbe

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (3 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

v. pron.

  1. S’empêcher de faire quelque chose, se priver de l’usage de quelque chose. S’abstenir de boire et de manger. S’abstenir de jurer. Quand on a pris l’habitude de faire quelque chose, il est bien malaisé de s’en abstenir. S’abstenir de vin. Il s’est abstenu de toutes sortes de plaisirs.

  2. Il s’emploie quelquefois absolument. Il est plus aisé de s’abstenir que de se contenir. Dans le doute, abstiens-toi.

  3. En termes de Jurisprudence, Ce juge s’abstient d’opiner, de juger, ou absolument s’abstient, Il se récuse lui-même. Cet héritier s’est abstenu de la succession, Il n’a point fait acte d’héritier.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Source de l'entrée : Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition (1932-1935), licence public-domain — entrée ABSTENIR (S’).

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.