absence

absence

nom, féminin, /apsɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Non-présence. Pendant mon absence. Faire de longues absences. Vous me pardonnerez mon absence. L'absence du maître est préjudiciable. Son absence de la cour fut remarquée. Votre absence de ces lieux est un malheur.

    Pourvu que vous ayez ce courage, notre absence ne vous nuira point — Fénelon (1651-1715)

    Ce héros intrépide Consolait les mortels de l'absence d'Alcide — Jean Racine (1639-1699)

  2. Absence se prend absolument. Les regrets de l'absence. L'absence affaiblit les affections comme les haines.

    Mais enfin je la quitterai, quoique je sache que l'absence peut me la faire perdre — Fénelon (1651-1715)

    L'absence est aussi bien un remède à la haine Qu'un appareil contre l'amour — La Fontaine (1621-1695)

  3. Manque. L'absence des défauts dans un livre ne compense pas l'absence des qualités.

    Ce philosophe pensait que l'absence de la douleur était le but de sa vie — Fénelon (1651-1715)

  4. Fig. Absence d'esprit, et absolument absence, distraction, perte de connaissance. Il est sujet à des absences d'esprit. Il est fort distrait ; il a des absences singulières.

    Ce sont là des surprises et des absences d'un moment — Massillon (1663-1742)

    Les médecins trouvèrent le pouls si mauvais qu'ils ne balancèrent pas à proposer au roi, qui revenait cependant de son absence, de ne pas différer à recevoir les sacrements — Saint-Simon (1675-1755)

  5. En termes de droit, absence d'une personne dont on n'a point reçu de nouvelles depuis une certaine époque, et dont la résidence actuelle n'est pas connue ; et encore, défaut de présence à une assignation.

  6. EN L'ABSENCE DE, loc. adv. En l'absence du maître, en l'absence du soleil. En mon absence. Élire des tribuns en leur absence.

Étymologie : Absentia ; provenç. absensa, absencia ; espagn. ausencia ; ital. absenzia, assenza (voy. ABSENT).

Historique : XIVe s. Un homme est dit attrempé [modéré], en ce qu'il n'a pas de tristesse de l'absence des choses delettables

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Le fait d’être absent. Longue absence. Les peines de l’absence. Il fait de fréquentes absences.

  2. Il se dit aussi du Défaut de présence à une réunion, à une assignation, à un appel. On n’a pas laissé de se divertir en votre absence. Il fut ordonné qu’on procéderait tant en présence qu’en absence de l’accusé, ou des parties. On a fait constater son absence.

  3. Il se dit particulièrement, en termes de Jurisprudence, de la Situation d’une personne dont on n’a point reçu de nouvelles depuis une certaine époque et dont la résidence actuelle n’est point connue. Tant que l’absence n’a pas été déclarée par un jugement, elle n’est que présumée. Présomption d’absence. Les effets de l’absence.

  4. Il s’emploie figurément au sens moral. Il y a dans cet ouvrage une absence totale d’esprit, de goût, de logique.

  5. Fig., Absence d’esprit, Distraction, manque d’attention. Il est sujet à des absences d’esprit. On l’emploie surtout absolument. C’est chez lui une absence. Il a souvent des absences.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • absences — pluriel — /apsɑ̃sə/
  • absence — singulier — /apsɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée absence#338.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.