abri

abri

nom, masculin, /abʁi/

Définitions

  1. Lieu ou construction qui protège des intempéries ou d'un danger.

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  2. Fig. Situation de sécurité, à l'écart d'un risque ou d'une menace.

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  3. Petite construction destinée à accueillir les voyageurs qui attendent un transport en commun.

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  4. Construction ou installation conçue pour protéger des personnes en cas de conflit armé, notamment contre les bombardements ou les attaques.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (13 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Ce qui protége contre.... Abri contre la pluie. Sous un abri sûr. Le mauvais temps les força de chercher un abri. La côte offrait un abri au vaisseau. Cette rade est un abri. La montagne sert d'abri contre le vent du nord.

    S'il est, aux bords déserts du torrent ignoré, Quelque rustique abri de verdure entouré.... — Lamartine (1790-1869)

    L'arbre sacré [de la liberté] sur ce concours immense Forme un abri de rameaux toujours verts — Béranger (1780-1857)

  2. Fig. Ce qui préserve. Abri contre le malheur. L'accusé trouva un abri dans sa dignité.

    Sous l'abri d'un grand nom sûr de l'impunité, à d'horribles excès leur orgueil s'est porté — Casimir Delavigne (1793-1843)

  3. À L'ABRI, loc. adv. Se tenir à l'abri dans sa maison.

    Dans une rade où ils se trouvèrent à l'abri — Fénelon (1651-1715)

    Vous ne pouvez qu'aux dépens de sa tête Mettre à l'abri la vôtre — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. À L'ABRI DE, loc. prépositive. En sûreté contre. Être à l'abri du froid. Afin que les défenseurs fussent à l'abri des balles. être à l'abri de l'injure. Personne n'est à l'abri du mal. A l'abri des railleries. Le port est à l'abri de tous les vents.

    Rien ne met à l'abri de cet ordre fatal — Jean Racine (1639-1699)

    Les montagnes mettent cette côte à l'abri des vents — Fénelon (1651-1715)

  5. À L'ABRI DE, En sûreté sous. Mouiller à l'abri d'une terre. À l'abri d'une cabane, nous laissâmes passer l'orage. Il se mit à l'abri du fleuve. À l'abri de son déguisement, il parcourait les campagnes.

    Ils ont des amis qu'ils vous mettront en tête, et, à l'abri de ces protecteurs, ils sont en état de repousser tous vos coups et de résister à tous vos efforts — Bourdaloue (1632-1704)

    Et vous et vos enfants, vos amis, votre époux, A l'abri du sénat aurez un sort plus doux — Jean Mairet (1604-1686)

  6. L'homme sans abri est un oiseau sans nid.

Étymologie : Bourguign. averi, aibri ; wall. à l'abri, exposé : èse à l'abri del plaive, être exposé à la pluie ; bas-lat. abrica, abriga ; provenç. abric ; catal. abrig ; espagn. et port. abrigo ; du latin apricus, exposé au soleil. La concordance est complète pour la forme ; apricus ayant l'accent sur la seconde syllabe, l'accent est resté dans les langues romanes sur cette même syllabe ; ce qui est la règle de la dérivation. La signification seule fait difficulté. Mais les langues romanes ont pris se mettre à l'abri pour se mettre à couvert, parce que les choses exposées au soleil sont en quelque sorte

Historique : XIIe s. E quant vint tempeste et pluie, en cel encloistre [clos] pur [pour] abri aveir entrerent XVIe s. A l'abri des coups Ceux que Dieu a mis à l'abry des necessités

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Lieu où l’on peut se mettre à couvert. Un bon abri. Chercher, trouver un abri, de l’abri. Se faire un abri. Un abri contre la tempête. C’est un lieu extrêmement découvert, où il n’y a point d’abri.

  2. Cette rade, cette plage est un bon abri, Les vaisseaux y sont en sûreté contre le vent, contre la tempête.

  3. Il se dit également, en termes d’Agriculture, de Tout ce qui sert à garantir, soit de l’action désastreuse des vents, soit de la trop grande ardeur du soleil. Les abris sont ou naturels, comme les montagnes, les forêts, les plantations en lignes et les haies; ou artificiels, comme les murs et les paillassons.

  4. Il se dit pareillement, en termes de Guerre, de Tout ce qui met une troupe à couvert des projectiles de l’ennemi.

  5. Il se dit figurément de Quelque lieu que ce soit où l’on est en sûreté, et généralement de Tout ce qui nous préserve d’un danger. La solitude est un abri contre les embarras du monde. La médiocrité est un abri contre les coups de la fortune. Il trouvera dans la maison d’un tel protecteur un abri contre les violences de ses ennemis.

  6. à L’ABRI

  7. loc. adv.

  8. à couvert. Il tombait une pluie abondante, nous nous mîmes à l’abri. être à l’abri sous un hangar, sous un arbre, derrière une muraille, derrière une haie. Rester prudemment à l’abri.

  9. à L’ABRI DE

  10. loc. prép.

  11. Se mettre à l’abri de la pluie, du vent, du mauvais temps. Fig., Se mettre à l’abri de la persécution, de la vexation. Dans ces phrases, De a la signification de Contre.

  12. à L’ABRI DE se dit aussi de Ce qui sert à mettre à couvert. être à l’abri d’un bois, à l’abri d’une muraille. Fig., Agir à l’abri de la faveur. Dans ces phrases, De signifie Sous.

  13. En termes de Marine, être à l’abri d’une terre; se mettre à l’abri sous le vent d’une île; etc.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • abris — pluriel — /abʁi/
  • abri — singulier — /abʁi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée abri#270.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.