abomination

abomination

nom, féminin, /abominasjɔ̃/ ou /abɔminasjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Aversion, répulsion. Avoir en abomination. Il est en abomination à tout le monde.

    Ce sacrement qu'elles auraient en abomination — Pascal (1623-1662)

    Vous laisserez votre nom en abomination à mes élus — Pascal (1623-1662)

  2. Chose abominable.

    Il serait à souhaiter que ces abominations fussent ensevelies dans un éternel oubli — Bourdaloue (1632-1704)

    Les désordres et les abominations de toute sa vie — Massillon (1663-1742)

  3. Dans les sermonnaires, abomination signifie particulièrement le culte des idoles, et même toute fausse religion.

    Manassès qui avait introduit l'abomination dans le lieu saint — Massillon (1663-1742)

    Mahomet était déjà prêt de (prêt à) venir placer l'abomination dans le lieu saint — Massillon (1663-1742)

  4. En style de l'Écriture, l'abomination de la désolation.

    Vous verrez l'abomination de la désolation — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Provenç. abhominatio ; espagn. abominacion ; ital. abbominazione ; de abominatio (voy. ABOMINABLE).

Historique : XIIIe s. La menthe conforte l'estomac et donne appetit de manger et oste abomination [dégoût] XIVe s. De tout mensonge ou tout comme mensonge, il a horreur et abomination XVe s. Le seigneur de Cohan avait en abomination les pommes ; et pour ce le meirent en un grenier où il y en avoit à foison, pour le mettre à finance XVIe s. Votre encens m'est abomination

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Horreur, dégoût qu’on ressent pour une personne ou une chose. Avoir en abomination. Il est en abomination à tous les gens de bien.

  2. Il se dit aussi de Ce qui est l’objet de l’abomination. Ce méchant homme est l’abomination de tout le monde.

  3. Il signifie encore Action abominable; et, dans ce sens, il peut s’employer au pluriel. C’est une abomination. Ce crime est une des plus grandes abominations qu’on puisse imaginer.

  4. En termes de Théologie, Les abominations des Gentils, Le culte idolâtre des Gentils.

  5. L’abomination de la désolation. Locution tirée de l’écriture sainte et dont on se sert pour exprimer les Plus grands excès de l’impiété, les Plus grandes profanations, et, par extension, les Plus grands désordres.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • abominations — pluriel — /abɔminasjɔ̃/ ou /abominasjɔ̃/
  • abomination — singulier — /abɔminasjɔ̃/ ou /abominasjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée abomination#174.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.